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L’interview des auteures de “Bien vivre l’allaitement” !

30 septembre 2011

(Qui est Annie, qui est Madeleine ?)

Elles m’ont écrit avec leur accent Céline Dion qu’elles étaient disponibles pour une interview, je n’ai pas laissé passer ma chance !

Après avoir terminé Bien vivre l’allaitement de Madeleine Allard et Annie Desrochers, il était hors de question pour moi de dresser un simple état des lieux du livre de par mes questions ; j’allais en faire une critique chez La poule pondeuse. Le but n’était pas non plus de faire une publicité grossière à cet ouvrage fabuleux en étant fade et en brossant les auteures dans le sens du poil mais de révéler leur pertinence. Et surtout de poser les questions que j’avais envie de poser ! Des questions qui éclairent encore davantage la démarche de Madeleine et Annie ! Des questions qui permettent d’aller plus loin dans la compréhension du livre. Des questions qui toutefois appellent encore d’autres questions et un vif besoin de prolonger l’échange. Car Madeleine et Annie sont passionnées et passionnantes !

Elles se sont prêtées au jeu avec honnêteté pour un résultat très riche grâce à elles. Bien loin de vouloir se défendre, elles ont eu l’audace de se remettre en cause, ont souligné des différences majeures entre nos deux pays (on entraperçoit à quel point l’appréhension et le devenir de l’allaitement sont liés à l’histoire, la culture et le politique). Je les remercie infiniment pour leur franchise et leur gentillesse. A mon tour bientôt de me soumettre à l’interrogatoire pour leur blog ! (va falloir que je révise mon Petit Badinter Illustré, je le sens…)

Y a-t-il un message que vous souhaitiez faire passer particulièrement à travers votre ouvrage ?

 L’allaitement doit revenir au cœur de l’expérience maternelle. Nous voulons que les mères se le réapproprient. Depuis des années, les différentes instances de santé publique nous vendent l’allaitement comme s’il s’agissait de n’importe quel autre aliment « santé ». Or, ce lait si miraculeux, selon leurs dires, c’est un être humain, en l’occurrence une mère, qui le produit! Il nous semblait inconcevable de faire la promotion de l’allaitement sans tenir compte qu’il fait d’abord partie de la vie quotidienne d’une femme et de son bébé. C’est dans cette optique que nous avons écrit Bien vivre l’allaitement. Nous le voulions proche de ce que les mères vivent.

Vous avez mis cinq ans à l’écrire. Comment avez-vous travaillé dessus et comment s’est organisée cette collaboration à quatre mains ?

Nous n’avons pas rédigé à temps plein pendant cinq ans. Nous y travaillions petit à petit. Nous avons toutes deux des carrières et nous rédigions lorsque nous avions le temps, interrompues par les événements du quotidien, les accouchements et les soins à donner aux enfants, et ralenties par les grossesses et la fatigue des postpartum. Heureusement qu’au Québec nous profitons d’un long congé de maternité. Ça nous a aidées !

Si nous n’y avons pas travaillé à temps plein, le projet nous a entièrement habitées. Le temps qui a passé a été fructueux : il nous a permis de mûrir nos réflexions. Le livre n’aurait jamais été aussi riche s’il avait été écrit rapidement.

Notre méthode de travail était assez simple : nous nous sommes entendues sur un sommaire ; chacune travaillait sur une section, au choix ; une fois la section terminée, l’une l’envoyait à l’autre pour relecture et correction. Lors du processus d’édition, nos textes n’ont fait qu’un et nous avons toutes les deux été appelées à travailler sur l’ensemble du livre. Cette dernière étape nous a permis de bien uniformiser l’écriture.

Comment se sont déroulés les allaitements de vos enfants ? Quelles difficultés avez-vous éventuellement rencontrées ?

À nous deux, nous cumulons huit enfants et 126 mois d’allaitement ! Chaque allaitement est différent, bien entendu.

Sans connaître d’énormes embûches, nous avons vécu quelques épreuves. L’une d’entre nous a vu son fils être hospitalisé deux fois pendant la première année et l’autre a dû complètement éliminer les produits laitiers de son alimentation pendant 9 mois parce que son bébé réagissait très mal aux protéines bovines. Nous avons connu les mastites, les morsures, toutes sortes de petites difficultés et les hauts et les bas qui ponctuent le quotidien d’un allaitement.

Il est clair que le long travail sur le livre nous a donné une autonomie que nous n’aurions pas eue autrement. En ce sens, la rédaction de notre ouvrage a certainement teinté nos allaitements. Tout comme, inversement, nos allaitements ont contribué à nuancer nos propos!

La préface de Bien vivre l’allaitement est signée par deux personnes stipulant avoir écourté leur allaitement à cause de la reprise du travail. Dans le livre, vous faites peu mention de la compatibilité travail/allaitement…

Cette préface est signée par Micheline Lanctôt et Pascale Bussières. La première est une cinéaste d’une soixantaine d’années bien connue chez nous et la deuxième une grande comédienne, très appréciée, qui débute la quarantaine. Ces deux femmes occupaient donc des emplois pour lesquels la reprise du travail devait se faire rapidement. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui pour la majorité des Québécoises : elles travaillent massivement, mais profitent, pour la plupart, d’un long congé de maternité (de 50 semaines). C’est pourquoi nous avons peu abordé le sujet dans notre livre. La reprise du travail est l’exemple parfait d’une section qui s’ajouterait si Bien vivre l’allaitement devait être adapté pour la France ou les États-Unis.

Si nous avons tout de même choisi ces témoignages pour la préface, c’est parce qu’ils nous avaient beaucoup touchées et que nous voulions faire entendre la voix de femmes ayant vécu des allaitements pas nécessairement très longs et pas nécessairement faciles, à l’image de ce que bien des femmes vivent. Nous voulions nous écarter de la glorification de l’allaitement pour donner le ton.

Quelle est votre expérience personnelle à ce sujet. Pensez-vous comme E. Badinter dans Le conflit que la pression actuelle autour de l’allaitement risque de renvoyer les femmes dans leur foyer ? Dans l’affirmative, cela vous semble-t-il préjudiciable pour les femmes ?

Nous sommes toutes les deux professionnelles : Annie travaille dans le monde des médias comme journaliste et animatrice, et Madeleine est traductrice et rédactrice. Nous sommes des femmes ambitieuses et nous aimons nos carrières respectives. Cela ne nous a pas empêchées de souhaiter profiter pleinement de notre maternité. Toutes les deux, à notre façon, et avec l’aide de nos amoureux, nous avons pu concilier (et continuons de le faire) maternité et vie professionnelle. Travail de la maison, horaires atypiques, reprise graduelle du boulot : toutes les stratégies ont été bonnes pour y arriver… la plupart du temps ! Il ne faut pas croire que le chaos est absent de notre quotidien, bien au contraire !

Depuis cent ans au Québec, jamais les taux d’allaitement n’ont été aussi élevés. Plus de 80% des femmes allaitent leur enfant à la naissance et elles sont de plus en plus nombreuses à le faire plusieurs mois. En même temps, depuis cent ans au Québec, jamais les jeunes mères n’ont été si nombreuses sur le marché du travail. Elles occupent des emplois dans tous les secteurs de la société.

A contrario, il est intéressant de noter que les taux d’allaitement étaient à leur plus bas dans les années 1950 au moment au même où on glorifiait, en Amérique du Nord du moins, le rôle traditionnel des femmes. C’est ce que l’on appelle la « mystique féminine ».

Il nous semble donc insensé de croire que la promotion de l’allaitement renvoie sournoisement les femmes au foyer. L’exemple québécois dément furieusement cette hypothèse.

Lorsque le livre de Badinter est sorti, nous nous sommes demandé à quel point le contexte était différent en France. Ici, le taux de natalité est faible (1,5). Les instances gouvernementales devaient tout faire pour encourager les femmes à faire des enfants. Notre politique nataliste leur permet de conjuguer plus facilement carrière et enfants (on dit même que le Québec est le paradis des familles !). Aussi, pour un pays en mal de professionnels bien formés, les entreprises se battent pour attirer les femmes souvent bien éduquées (elles sont plus nombreuses que les hommes sur les bancs d’école). Les employeurs doivent accommoder le désir des femmes d’avoir des enfants en leur proposant divers accommodements, comme le télétravail. Bref, peut-être que ce contexte est fort différent de la France ? Même si nous trouvons les conclusions de Badinter boiteuses, peut-être y a-t-il dans la réalité française quelque chose qui pourrait laisser croire que la promotion de l’allaitement est un vaste complot pour renvoyer les femmes à la maison ? On aimerait bien que vous nous éclairiez à votre tour sur la question ! Ça nous intéresse ! (NDLR : Hou là là, va y avoir du boulot pour répondre ! Qui s’y colle en commentaire ? Comment ça c’est à moi de le faire ?! )

Vous faites en revanche une place importante à l’allaitement prolongé, au sevrage et au deuil de l’allaitement. Croyiez-vous qu’il y avait certains tabous à soulever ?

Certainement. Voilà trois aspects de l’allaitement qui sont souvent, à nos yeux, peu ou mal traités. C’était un beau défi pour nous que de s’y attaquer.

Alors qu’au Québec, la santé publique encourage grandement les femmes à allaiter leur bébé, le climat social n’est pas totalement réceptif à celles qui allaitent plus de 3 ou 4 mois. Après les premières semaines, les femmes sont souvent laissées seules à elles-mêmes et risquent encore, malheureusement, de tomber sur des professionnels de la santé mal formés. De plus, rares sont les adultes qui ont été allaités plus longtemps que quelques semaines. Bien des grand-mères restent avec l’idée que l’allaitement « c’est un paquet de troubles » comme on dit chez nous. Par conséquent, les mères d’aujourd’hui trouvent peu de soutien dans leur entourage immédiat.

La question du sevrage et du deuil est intéressante. En faisant nos recherches, nous avons remarqué que peu d’auteurs parlaient réellement de sevrage. Soit on le faisait de façon très technique, soit on occultait l’étape : au lieu d’en parler franchement, on faisait tout pour convaincre les femmes de le repousser le plus longtemps possible!

Dans Bien vivre l’allaitement, nous présentons le sevrage comme une partie intégrante de l’allaitement et l’abordons dans sa globalité. Nous le célébrons aussi, comme un rite de passage important pour l’enfant et ses parents.

Quant au deuil de l’allaitement, c’est un aspect qui n’est jamais traité, mais souvent vécu. Que l’allaitement se passe bien ou mal, que le sevrage soit souhaité ou non, il est normal de se sentir déboussolée pendant quelque temps. L’allaitement ce n’est pas seulement donner du lait à un bébé, c’est un geste qui demande investissement et ouverture. Il remue toutes sortes d’émotions, positives comme négatives. Notre société a du mal à concevoir qu’une femme puisse avoir de la peine, ou de la colère, suite à un allaitement. Bien vivre l’allaitement explore ces émotions et en permet l’expression.

P229 vous écrivez justement au sujet de l’allaitement prolongé « Il n’y a pas de mal à allaiter en secret, Au fond il s’agit d’une relation intime qui vous concerne » puis vous nuancez un peu plus loin ce propos en indiquant que « s’ensuit un maintien des préjugés à l’égard de l’allaitement prolongé ». Le secret de famille est-il vraiment sain cela dit pour l’enfant ? Avez-vous eu vous-mêmes quelques allaitements prolongés et comment les avez-vous gérés ?

L’allaitement est d’abord une relation de l’intime. Il s’agit de nourrir un autre être vivant avec son propre corps. Celle qui produit le lait doit être celle qui décide des termes de cette relation. Il est impératif de lui accorder cette liberté.

Le « closet nursing » ou « allaiter dans le garde-robe » est un phénomène qui existe. Il est même assez fréquent chez les femmes qui allaitent très longtemps. Bien sûr, il serait souhaitable que toutes les femmes qui le désirent puissent allaiter leur enfant de trois ans sereinement, à la face du monde. Or, dans la réalité, ce n’est pas si facile ! Il arrive souvent que dans une famille les parents décident de ne plus parler du fait que leur enfant est allaité après en avoir longuement discuté avec des proches peu réceptifs. Il faut les comprendre ! Si allaiter en secret est la seule façon pour une femme de poursuivre un allaitement auquel elle tient, nous croyons qu’elle reste la seule concernée. Autrement dit, elle y a droit. Nous mêmes avons choisi à un moment ou à un autre de ne plus allaiter nos bébés en public ou encore de ne pas célébrer avec famille et amis les 24 mois d’allaitement de l’un ou l’autre de nos enfants.

Pour ce qui est des conséquences sur les enfants, c’est sans doute une question d’approche ! On n’est pas obligés de faire sentir à un enfant que ce que l’on fait est mal, même si on le vit dans l’intimité. Prenons un autre exemple : si une mère dit à son enfant que certains gestes (uriner, déféquer, se toucher les parties intimes) doivent se faire dans l’intimité, est-elle en train de le perturber? Pourquoi en serait-il autrement pour l’allaitement ? (NDLR : Il faudra que je discute plus amplement avec Annie et Madeleine de ce sujet)

Bref, la question est bien vaste. Force est de constater que dans une version ultérieure, nous reverrons cette partie pour rendre nos propos plus clairs !

Les recommandations sur l’allaitement exclusif de 6 mois sont en train de changer à la suite de nouvelles recherches (on préconiserait une diversification dès 4 mois sans hiérarchie d’introduction des aliments). Quelles sont vos opinions là-dessus ?

L’OMS continue d’endosser la recommandation d’allaitement exclusif de 6 mois. Il est vrai qu’une recherche publiée l’an dernier dans le British Journal of Medicine a relancé le débat dans les médias, mais plusieurs problèmes se posaient quant à sa méthodologie et ses conclusions.

Nous avons publié un billet à ce sujet sur notre blogue où nous affirmons que l’état de la science ne permet pas en ce moment de réfuter la recommandation d’un allaitement exclusif pendant 6 mois. (NDLR : J’avais vu en effet brièvement l’article. ;) )

Ceci dit, il y a ce que nous indique la science et il y a ce que nous indique la vie. Est-ce catastrophique de donner des céréales à un bébé de 5 ou 4 mois ? Probablement pas. Comme nous l’écrivons dans le livre, une mère reste la plus grande experte de son bébé et sa plus grande fierté devrait toujours être de respecter son développement.

Curieusement chez nos propres bébés, à part nos aînés qui ont diversifié leur alimentation vers 4 mois parce qu’on ne savait pas trop comment faire autrement, nous avons plutôt eu droit à des bébés qui ont mangé des aliments solides beaucoup plus tard qu’à 6 mois ! Plus confiantes et mieux équipées, nous sommes restées à l’écoute de leurs besoins. Suite à la lecture de Bien vivre l’allaitement, une mère aura entre les mains toute l’information nécessaire pour aborder cette étape avec confiance.

Comment votre livre a-t-il été accueilli à sa sortie ? Quels sont les plus beaux témoignages que vous avez reçus le concernant ?

Notre livre a très bien été accueilli à sa sortie, en mai 2010.

Ce qui nous fait plaisir, c’est que les publics que nous avions ciblés au départ l’ont bien reçu : les femmes, les professionnels de la santé et les militantes se sont montrés heureux de sa parution.

Malgré tout pour nous, les témoignages les plus touchants resteront toujours ceux faits par les femmes. Une mère qui tient notre livre dans ses mains et qui nous dit qu’il a changé le cours de son allaitement les larmes aux yeux, ça va droit au cœur. C’est un bonheur que nous avons vécu souvent et dont nous ne nous lassons pas!

Ce que l’on aime aussi, c’est lorsqu’une mère nous dit que la lecture de notre livre lui a permis de trouver ses propres solutions aux problèmes d’allaitement qu’elle vivait. C’est ce qu’on a toujours voulu : permettre aux femmes d’être autonomes.

Vous précisez que l’allaitement est une Priorité Nationale de Santé au Québec depuis 1997. Pourquoi et concrètement comment cela se traduit-il ?

Après avoir remonté un peu dans les années 1980, les taux d’allaitement au Québec se sont retrouvés au plus bas au début des années 1990, bien en deçà de la moyenne canadienne. Porté par un regain d’intérêt pour l’allaitement grâce à la recherche scientifique et des prises de position internationales, le gouvernement en a fait une Priorité nationale de santé.

Les effets sur le terrain ne se sont pas faits sentir tout de suite. Il a fallu attendre 2001 pour voir la publication des Lignes directrices sur l’allaitement maternel. Des investissements vers la formation du personnel de la santé et des campagnes de soutien à l’allaitement ont aussi été faits dans cette foulée.

Cependant, ce qui a eu le plus d’impact sur les taux d’allaitement au Québec est certainement l’instauration du congé parental d’un an, aussi en 2001. Les études montrent que de permettre aux femmes d’être avec leur bébé est ce qui inscrit le plus l’allaitement comme un geste normal de la maternité.

A quand enfin une version française de votre livre et une meilleure distribution en France ?!

Quand vous voulez, nous sommes prêtes!

Malheureusement, notre éditeur ne nous a pas parlé d’adaptation française. Notre livre est distribué en France via la Librairie du Québec à Paris, mais il est vrai que c’est peu.

Cependant, malgré que Bien vivre l’allaitement ait été écrit dans un contexte québécois, les lectrices françaises trouveront dans la version actuelle du livre, un ouvrage adapté à leurs besoins.

Le fait qu’une blogueuse comme vous s’intéresse à son contenu est très stimulant pour nous. Cela nous pousse à être créatives et à trouver d’autres moyens de nous faire connaître chez vous.

Notre blogue peut servir de belle passerelle entre nos deux réalités. Cet automne, nous aimerions explorer différents contextes bien français. Nous allons aussi au cours des prochaines semaines, ajouter une section “France” à nos répertoires d’aide et de boutiques en ligne.

Pour la distribution, nous souhaiterions développer des ententes avec des organismes de soutien à l’allaitement ou des boutiques de maternité de chez vous qui voudraient vendre nos livres via leurs propres plates-formes. Avis aux intéressées! Vous pouvez nous joindre via www.bienvivrellaitement.com. (NDLR : Silvouplé Madame, silvouplé Monsieur, faites quelque chose !!!)

Minute people : Madeleine, avez-vous un lien de parenté avec Caroline Allard, l’auteure des Chroniques d’une mère indigne. (j’ai parié avec Légio que vous êtes sa soeur)

Réponse de Madeleine : J’ai pourtant trois sœurs, et après vérification, aucune d’elles ne porte le prénom de Caroline. Je n’ai même jamais eu la chance de rencontrer Caroline Allard, elle qui, pourtant, m’a beaucoup distraite alors que j’étais en congé de maternité avec mon 3e et que je lisais avidement son blogue! Aucun lien de parenté, non, mais beaucoup de points en commun. J’espère que votre pari ne vous coûtera pas trop cher.

PS : Billet réalisé dans le cadre des

42 Commentaires laisser un →
  1. angemad lien permanent
    30 septembre 2011 08:05

    Super ! Dis-moi, tu penses que je pourrais faire un lien sur mon vieux blog allaitement moribond ( http://libertedallaiter.over-blog.com/ ) mais que peut-être je pourrais ressusciter prochainement (on croise les doigts) ?
    Je trouve ton ITW super et je pense me procurer le livre.
    En tout cas, super boulot sur l’allaitement en général.

    • 30 septembre 2011 22:24

      Mais bien sûr !
      Je ne savais pas que tu étais à l’origine de liberté d’allaiter que je connais. ;)

    • angemad lien permanent
      2 octobre 2011 17:12

      Eh si, je m’infiltre partout … c’était mon premier blog et comme il me manque, je le réanime !
      Merci, je pense que je vais me procurer le bouquin et je te citerai.

  2. chrisgab991 lien permanent
    30 septembre 2011 09:20

    Ah, le deuil de l’allaitement! je connais snif!

  3. 30 septembre 2011 09:22

    Ca c’est de l’ITW;)

    En ce qui concerne le paragraphe Badinter, mon avis à cinq centimes d’ Euro. La situation en France est nettement différente, on a une natalité supérieure à celle du Québec, la situation des femmes dans l’entreprise est différente, la durée des congés maternité n’a rien à voir, les femmes ne sont pas si “diplômées” en particulier en milieu rural donc l’intérêt des jobs est assez limité, le chômage galope plus vite qu’un cheval dopé, la maternité est mal perçue par les chefs d’entreprises avec toutes les petites piques et les gros ennuis qui vont avec, les modes de garde sont merdiques, bref tout cela amène les françaises a parfois préférer s’arrêter de travailler pour élever les enfants. (Et au bout d’une dizaine d’année revenir sur le marché du travail c’est coton coton)Je ne sais pas si Badinter sous entend que politiquement on fait -sournoisement- tout pour que les femmes françaises restent pouponner au lieu d’encombrer le marché du travail. Son discours est embrouillé c’est un euphémisme de dire que son livre “le conflit” est peu clair. Par contre oui, la carrière n’est pas le soucis majeur de nombre de femme française qui peut trouver l’ épanouissement en élevant sa progéniture tout en restant très active dans des domaines divers et variés.

    • 30 septembre 2011 11:06

      Encore faut-il que l’épanouissement personnel soit au centre d’une vie, ce qui n’est pas ma conviction personnelle, mais c’est un autre débat.
      Bref le livre de Badinter aurait peut être mérité une relecture, tout ce qu’ elle dit n’est pas fatalement idiot parce qu’on fait différemment .

    • 30 septembre 2011 22:27

      Oui, son discours est peu clair et je suis d’accord aussi sur le fait que ce qu’elle dit est loin d’être idiot (mais si mal agencé !!!).
      Il faudra que tu m’expliques ce que tu entends par “épanouissement personnel”. ;)

    • 1 octobre 2011 09:57

      Bien sur ici en deux mots ou par mail ?

    • 1 octobre 2011 23:42

      On peut commencer ici et poursuivre par mail si besoin. ;)

    • 2 octobre 2011 11:25

      Yo !
      Donc grosso modo tous les trucs et astuces ego-centrés qui sont sensés faire de sa petite personne un être génial d’ équilibre et de maturité par la connaissance de soi-même.
      Une fois qu’on se connait par coeur, qu’est ce qu’on doit s’ennuyer au cours des monologues intérieurs. ;)

  4. 30 septembre 2011 09:24

    Allaitement en France, vaste complot pour ramener les femmes à la maison ? > Je ne sais pas si c’est un complot, mais en tout cas il est sûr que celle qui veut allaiter se pose vraiment la question du congé parental, et que le retour au boulot n’est pas évident après le congé maternité et que ça donne en effet envie de rester à la maison.
    Y a encore pas mal de sociétés qui pensent qu’on doit rester plus de 8h au boulot sinon ça montre qu’on est pas motivée et qu’on a rien à faire ici. (J’ai été refusée pour une mission soit disant parce que je ne voulais pas travailler … parce que je voulais passer + d’1h dans la journée avec mon enfant. y a une nuance entre Ne pas vouloir travailler, et Ne pas vouloir QUE travailler.)

    Bon si toutes les femmes restaient à la maison, y aurait peut être moins de chômage :) ( ça penche vers la théorie du complot ;) )

    • 30 septembre 2011 22:31

      Honnêtement, je vois mal comment mener à bien et agréablement un allaitement exclusif avec un emploi salarié à partir des 2 mois 1/2 de l’enfant…

  5. 30 septembre 2011 10:22

    et bien bravo pour cette interview, ça complète très bien ton billet chez La Poule et ça donne encore plus hâte de recevoir le livre pour le dévorer ! (non, je ne suis pas DU TOUT impatiente !!)

    c’est vraiment très riche tout ça, il y aurait tellement de choses à dire que je ne sais pas par quel bout commencer. du coup je ne commence même pas et je ne dis rien ! :D

  6. 30 septembre 2011 10:35

    Merci de t’être laissée convaincre à nous faire partager ton papier pour les VI…;) Tu sais le bien que j’en pense et les questions que je me pose toujours…
    Je pense suggérer dans les prochains débriefs de creuser la question du lien entre allaitement maternel et féminisme, ainsi que les questions que soulèvent l’allaitement long (notre Guest d’hier a tenté de donner quelques indications là dessus mais je reste énormément sur ma faim dans la mesure où elle a confirmé que les seules études disponibles ne s’intéressent qu’aux conséquences physiologiques et beaucoup moins psychologiques de l’allaitement long; en lui même mais aussi de ses conséquences plus aléatoires comme le fait qu’il soit caché notamment).
    Je repense aussi à ma question d’hier sur le rôle du père, où tu m’as répondu très justement que cette méfiance était aussi liée à l’influence de Freud sur les représentations en France, je réalise alors que ma question était plutôt destinée aux auteurs… pour comprendre davantage comment la place du père vis à vis de l’allaitement avait pu se construire ailleurs, où l’influence de la psychanalyse était peut être moindre…
    Encore Bravo pour cette belle ITW!!

    • 30 septembre 2011 22:40

      Le jour où on analysera les choses de façon plus globale (en scindant moins les disciplines. En ayant une approche systémique) alors la science progressera réellement. De même si on fait des études épistémologiques plus poussées.
      Des fois, je suis hallucinée des conclusions tirées de certaines recherches. 0 sens critique…

  7. 30 septembre 2011 10:35

    pour ma part, quand j’entends dire ou quand je lis que la promotion de l’allaitement vise à ramener les femmes au foyer, ça me donne envie de hurler tant je trouve cet argument de mauvaise foi.

    très honnêtement, je trouve en effet que la promotion de l’allaitement en France est très présente pendant la grossesse et les premières semaines de vie de l’enfant. avant d’être moi-même concernée par tout ça, j’avais été super étonnée de voir une copine qui venait d’accoucher me parler longuement (se justifier ?) de son choix de ne pas allaiter… donc je pense que la pression en faveur de l’allaitement est parfois bien réelle.

    en revanche, même si l’on peut lire de plus en plus souvent des recommandations en faveur de “l’allaitement exclusif pendant 6 mois puis jusqu’à 2 ans”, cela ne reste que des recommandations écrites, énoncées par de hautes autorités, et bien moins médiatisées que le fameux “5 fruits et légumes par jour”. cette promotion de l’allaitement s’arrête bien avant la fin du congé maternité !

    alors, oui, il y a des associations, comme la leche league ou d’autres, qui se font entendre, un essor (ou une plus grande visibilité ?) des pratiques dites de “maternage”, le “retour” des couches lavables (bien que parler de retour témoigne d’une méconnaissance de ce que sont les couches lavables aujourd’hui !)… mais si tout ceci est peut-être très visible sur internet, cela reste marginal en réalité !

    • 30 septembre 2011 10:42

      j’aurais plutôt tendance à penser que ce qui ramène les femmes au foyer aujourd’hui c’est, en vrac :
      la difficulté à trouver un mode de garde
      le coût des modes de garde
      le travail à temps partiel ou horaires découpés subi
      les petits salaires
      le chômage

      et que l’allaitement n’a pas grand chose à voir là dedans !

      et d’ailleurs derrière le mot “femme au foyer” se cachent autant de situations ! quand on est au chômage ou en congé parental, c’est encore différent que quand on ne rentre plus dans aucune petite case.

    • 30 septembre 2011 22:42

      En même temps, pour allaiter exclusivement, il est difficile hormis certaines professions et bébés “exemplaires” de ne pas prendre 6 mois de congé au moins… ;)
      Je suis d’accord avec toi, les injonctions de maternage restent très marginales. Je parle souvent de “minorité visible”.

    • 30 septembre 2011 22:49

      je suis bien d’accord avec toi, difficile de conserver un allaitement exclusif en reprenant le travail à l’issue du congé maternité. mais j’ai l’impression que la plupart des femmes vont sevrer pour pouvoir reprendre le boulot plutôt que s’arrêter durablement de travailler pour pouvoir continuer à allaiter !

    • 30 septembre 2011 23:03

      Tout à fait ! ;)

  8. 30 septembre 2011 10:47

    Enfin deux femmes qui ouvrent un nouveau regard sur l’allaitement: il n’est pas seulement question d’une femme et de son enfant, mais de tout un contexte. Autant allaiter un premier enfant, on ne se heurte qu’à son inexpérience et les questions qui vont avec, autant ensuite, il devient compliqué de gérer le quotidien des aînés, la vie du reste de la famille,… des paramètres extérieurs à soi! Et là, on n’a effectivement pas encore parlé du contexte professionnel, politique etc.

    • 30 septembre 2011 22:44

      Tu touche là du doigt, la problématique de tout phénomène humain : la contextualisation !

  9. 30 septembre 2011 10:48

    J’en oublie de vous remercier toutes trois pour cette itw très intéressante avec des vraies questions qui questionnent et des vraies réponses qui répondent!

  10. 30 septembre 2011 10:56

    On voit que leur pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver : elles sont toutes les deux en pull. OK, je sors (et je mets mon pull).

    • 30 septembre 2011 22:45

      Je t’adore ! Merci pour tout. ;)
      (je sais les autres, vous pouvez pas comprendre…)

  11. 30 septembre 2011 11:29

    Ce livre est celui que j’aurai aimé avoir entre les mains lorsque j’ai commencé à allaiter mon premier enfant (même si j’ai eu la chance d’être bien conseillée par mon sage-femme)…

    • 30 septembre 2011 22:47

      Oui, insistons sur ce point : un homme sage-femme.

    • 1 octobre 2011 00:59

      Ouaip’, un Monsieur Plubométierdumonde fantastique qui a su m’orienter quand j’étais désemparée vis-à vis de l’allaitement (alors que la PMI pataugeait et le médecin généraliste s’interrogeait)…

  12. 30 septembre 2011 12:20

    Merci pour ce billet.
    En tant que maman allaitante, je n’ai été soutenue par personne si ce n’est mon mari et une amie qui vit loin. Dans ma famille, personne n’allaite ou n’a allaité. Par contre des conseils j’en ai eu. Je ne sais pas jusqu’à quand je vais allaiter. Je reprends le travail dans un mois mais je ne veux pas que cela m’empêche d’allaiter ma chenille. C’est grâce aux livres que j’ai gardé le courage de continuer face aux baisses de moral. Alors merci aux deux auteurs et au blog des mamans.

    • 30 septembre 2011 22:48

      J’espère sincèrement pour toi Abeille que tu parviendras à mener l’allaitement que tu souhaites. :)

  13. 30 septembre 2011 12:22

    Ho là là, vous dites des choses drôlement (Blogueuse masquée) pertinentes pile le jour où on fait grasse mat’ avec le Petit Poilu (8h30) et la semaine où ce dernier est justement @**### hormis la grasse mat’ de ce matin !
    J’essaie de répondre plus tard mais je promets rien…

  14. cleopat lien permanent
    30 septembre 2011 13:13

    merci pour cette itw, ma fille allaite encore donc j essaie de me maintenir un tant soit peu courant! en tout cas je reste scotchée sur les 126 mois d’allaitement pour 8 enfants !
    pour ma part j’ai arrêté assez vite d allaiter mon dernier enfant car j étais persuadée que son ictère très prononcé et persistant était du à mon lait! et je viens d apprendre presque 25 ans plus tard que j avais probablement raison! (grâce au dico des petits et gros bobos de Marjoliemaman en collaboration avec le Dr Lemale)
    donc comme Annie et Madeleine le disent “Chaque allaitement est différent”et on ne fait pas toujours comme on le désire notre corps décide aussi !

  15. 4 octobre 2011 22:54

    Merci pour cette magnifique interview qui vient d’achever de me convaincre d’acheter cet ouvrage qui s’annonce comme LA référence !
    Ca me permettra de découvrir la Librairie du Québec quand j’irai chercher mon exemplaire.

  16. 5 octobre 2011 11:59

    Super cette interview ! Je vais rajouter le lien dans l’article sur le bouquin. J’ai vu que le livre était aussi disponible en version électronique (mais je trouve les prix abusés : à peu près identiques à l’édition papier ; sachant que 10% max en reviennent aux auteurs j’ai du mal avec ça, même si bien sûr pas spécifique de ce bouquin)?

Rétroliens

  1. Bien vivre l’allaitement bien reçu en France «
  2. Être mère? Les doigts dans le nez… « Les Vendredis Intellos
  3. Allaitement France Québec; l’entrevue avec Mère Joie I «
  4. Mon ITW québecoise + dernières infos allaitement « Le Q.G. de la Mère Joie – Blog d'une famille nombreuse

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