Sortie d’école, je m’intègre !
La sortie de l’école est toujours un intense moment de réflexion. Est-ce que je mets mes sandales ? Ou est-ce que je mets mes ballerines ? Mais la majeure partie du temps, le Petit Poilu sous le bras, j’attrape au hasard du panier des shoes de ma dernière main libre en disant “Putain, chuis en retard !”. Je sors le cheveu gras en bataille, le teint livide, le soutif dégrafé, vêtue d’une harmonie de couleurs toute relative (rouge, rose, vert) et de pompes vaguement assorties entre elles (un chausson et une basket). Le Petit Poilu part en couche. Il a bu, c’est le principal.
Je sais que nous allons trancher avec le défilé de mode organisé par les enseignantes et les ATSEM, toujours sur leur 31 de Province. Je me demande comment chacune peut s’occuper de vingt-cinq mômes et à la perfection, en robe et juchée sur des talons de huit centimètres. Ca doit être l’expérience, c’est ça…
Je suis en retard pour être en avance. Parce que sinon il n’y a plus de place pour se garer dans la rue en sens unique ou alors une place minuscule avec un créneau à droite (eurk) entre deux bagnoles. Ah, je réussis sans souci à me serrer entre ces deux chars ! Mais pourrais-je en sortir facilement à l’heure de pointe en tournant alternativement à gauche et à droite le volant ? Y a toujours un moment où je m’y perds. Mieux vaut faire le tour du pâté de maisons et être zen à trois cents mètres. Je redémarre.
Dans dix minutes, ça causera français, polonais, espagnol et anglais devant le grand portail bleu.
Je crois que ma sueur et ma coupe de punk font tomber les hommes comme des mouches.
J’ai d’abord eu un FILF (Father I’d Like to Fuck), un beau gosse british qui est venu s’enquérir de savoir qui je suis. Ce à quoi je répondis humblement : “Entre la déesse et la bombe, je crois”. Et la sauce prit. Cela n’a rien à voir, il me semble, avec le fait qu’il a lui aussi un petit bleu, Anthony, de l’âge de mon bébé.
Ensuite je fus courtisée indirectement par un quadra ayant rêvé d’une femme comme moi par l’intermédiaire du Petit Poilu à qui il fit des risettes dans mon dos jusqu’à attirer délibérément mon attention. Y a de sacrés érotomanes tout de même !
Puis vendredi, je fus draguée de façon claire et nette par Simplet, le mec aux oreilles décollées, au nez rond et à l’oeil terne. J’appris beaucoup sur lui. Je me demande s’il ne cherchait pas à soigner sa dépression tout en me séduisant tandis que le Grognard, fou furieux de ne pas se voir offrir ultérieurement de jouet à Carrefour del Market, me griffait et m’écrasait les pieds… Coups que j’avais du mal à éviter, aveuglée par mon ventre proéminent soutenant le Petit Poilu. “Il est en colère…” pis “Vous êtes encombrée…”, fit alors Simplet, perspicace. Il poursuivit sa vie, son oeuvre sans que je ne décochasse une grande claque dans sa gueule au Grognard.
Parmi toutes les femmes qui me regardent en chien de fusil, ne répondent pas à mes salutations ou du bout des lèvres (forcément, la classe de mon style impressionne), j’ai été alpaguée par une maman avec laquelle j’ai discuté deux fois !!! Elle tient la pizzéria où on m’a servi cet été quasiment toute la garniture à part… Deux fois, c’est presque le début d’une belle amitié !
Bon, j’ai pas encore été adoptée par le cercle des mères de plus de quatre lardons ou le cercle des mères-femmes-de-notable mais avec un peu d’endurance, ça ne saurait tarder ! Je vais leur brandir, en signe de ralliement, mon crucifix et ma petite culotte en coton blanc sous le nez , moi !
Je dois bien reconnaître une chose, je finis vraiment par prendre goût à ma petite virée de 16h30 où il y a des humains de plus de soixante-dix centimètres et qui ne rotent pas en public, une équipe éducative super sympa. Et je ne me lasse pas de lire l’émotion sur le visage des enfants qui quittent leur classe et se ruent contre la poitrine réconfortante de leur parent ou le Grognard qui avance timidement, baissant la tête et jubilant.







j’ai l’impression d’y être! la différence, je n’ai pas de PP dans le dos ;o))
Plus sur le ventre en ce moment !
Ca va en Bretagnie ?
Seul le dernier point pourrait eventuellement me faire apprécier la sortie de l’ école
Ouais, c’est trop mignon. Moi ça me fait craquer de les regarder !
On s’y croirait
. Dis donc ils ont l’air aussi causants et ouverts que de par chez moi… C’est dommage tout de même…
Pas tous heureusement !
Bon c’est vrai que certaines tiennent une sacrée couche.
Et c’est vrai que moi aussi je ne suis pas forcément très avenante (je vais pas faire le premier pas pour causer à quelqu’un).
Y’a pas qu’à moi qu’elles font la gueule? Bonjour l’ambiance bande de c*****!
L’intégration ça n’est pas de la tarte, j’ai essayé les sourires et la gentillesse pendant quelques semaines, le barbecue même, je n’ai eu que peu de retour positif. Il paraît que les Ariégeois sont comme ça, je pense que c’est plutôt le français qui est comme ça.
Je sais pas pour les Ariégois mais l’Ariège bien que super belle est assez austère. C’est dur la vie en montagne…
31 de Province, c’est quoi?
Ben la mode de la campagne de chez nous !
Pour les femmes de notable : Emporte ton chapelet la prochaine fois !!! Sans l’utiliser pour trucider Grognard, sinon ça perdra de son effet…
C’est un peu à cause de personnes comme ça qu’on passe pour des coincés du cul totalement fermés, les cathos. Ca a tendance à m’agacer.
Pardon, je ne voulais pas t’offenser… :s
Ah mais pas du tout !
Non non, pas du tout ! 
C’est moi qui ai commencé à tirer à vue et j’aime beaucoup plaisanter là-dessus.
Morbleu, tu m’as fait peur !!! Je pensais avoir réaliser une nouvelle prouesse en maîtrise Ès-mettage de pieds dans le plat de haricot beurre/saucisse (handicap public +++) ! Si mes calculs sont corrects, ça ne devrait tarder…
T’en fais pas, je suis pas susceptible et plutôt indulgente (avec les copines bien sûr !
).
Plus de 3 ans que j’essaie l’intégration au cercle des mères et des nounous du coin… j’y arrive pas… trop tard, je retourne à la ville la semaine prochaine après 6 ans à Tracteurland! Ca devait être aussi ma grande classe naturelle qui les empêchait de m’aborder, ou alors mon copinage avec les instits, mes collègues!
Tu es contente de retourner en ville ?
Oh la la oui! Retour aux sources! Je vais retrouver ma famille et mes amis! Mais bon c’est pas non plus la grande ville!
Bon alors je te souhaite plein de belles choses Mimi !
))
mais il y a des hommes chez toi ?!!! ah trop bien !
Y en a presqu’autant que de femmes.
j’adore ! on dirait moi, “il a bu, c’est le principal”, les fringues assorties ce sera mon prochain challenge. J’y prend gout aussi de voir mon grand garçon sortir tout content.
Merci copine !
A chaque fois que je dois aller chercher Miss C à la sortie de l’école, je pense à toi maintenant…
mais en général c’est mon homme qui s’y colle, faut bien les trouver quelque part les FILF !!
Ah, c’est très bien ça de penser à moi !!!
ouais…si j’ai le temps de penser à toi, c’est aussi parce que personne n’est venu me parler ! :/
(caliméro, sors de ce corps !)
(en vrai, je croise en général une amie que j’avais déjà d’avant, et au moins une ou deux autres copines ou connaissances-futures-copines)
Pté, t’es douée…
douée, je sais pas, faut bien reconnaître que venir s’installer dans un village où tu connais déjà du monde et où ton mari connaît tout le monde (et les petits secrets intimes de tout le monde) depuis plus de 15 ans ça aide !!
Ca c’est tout la faute du Légio qui a quitté cette école pour enseigner ailleurs… (merci d’avoir mis le doigt – si je puis dire – sur le vrai problème !
)
*Minute intello*:
dans médiapart, j’ai lu une interview d’un sociologue américain qui s’était intéressé au manque d’hospitalité des français; après moult mesures (cohésion dans l’entreprise notamment et comparaison avec d’autres pays développé de l’hémisphère nord), il faisait remonter cette ambiance sympathique à l’occupation. La méfiance des français viendrait de la France pétainiste où il était de bon ton de balancer son voisin…
Je crois qu’on a un gros souci déjà, c’est la capacité à travailler en équipe. Et ça commence dès l’école où on ne favorise pas le travail de groupe et la coopération.
Pendant mon congé maternité, j’ai passé pas mal de temps au parc avec le Pois chiche. Au bout de deux mois, il y avait quelques mamans qui me faisaient un signe poli quand elles me voyaient. Et puis, j’ai passé le relais au Brun. 15 jours plus tard, toutes les nanas du quartier l’appelaient par son prénom et nous faisaient des grands signes pour qu’on les rejoigne en arrivant au parc. Qu’est-ce que ça a pu m’agacer…
Pardon mais j’ai lolé.
Ahhhh!!! La sortie de l’école!! Je croyais lire un billet sur une sortie que tu avais faite avec l’école!! J’ai eu peur tout à coup!!
Ah mais quand Légio y était enseignant j’ai fait des sorties avec l’école
(j’aime en plus…)
J’adore (à petite dose quand même) les sorties d’école. Il y a celles qui se font toutes belles car c’est leur SORTIE de la journée, il y a celles qui taillent des costards aux maîtresses et qui ne sont jamais contentes, il y a ceux qui reluquent les premières et évitent les secondes. Il y a les stressées car ensuite il a judo, tennis , piscine, piano …. et faut pas prendre de retard. Enfin, nous sommes quelques un(e)s à regarder le spectacle et nous commençons à nous saluer et à échanger quelques regards de connivence.
Je peux venir ?

(excellente analyse)
Incroyable!!! Il y a vraiment plus d’UNE mère de 4 affreux là où tu vis ????
Un paquet ! T’as même des familles de 5/7 enfants (plus rare, là)
Non mais je m’informe… sait-on jamais s’il me prenait l’envie de nous mettre au vert …!!
Moi, j’habite à l’étranger, les premières années, je ne comprenais rien… Grande solitude… Maintenant que je parle leur langue, je passe un peu pour la demeurée qui s’exprime mal et qui a un accent étranger… Tjs grande solitude
L’intérêt de cette expérience est de comprendre ce que vivent les personnes immigrées en France… Et de ne rien comprendre de ce qui peut se dire derrière mon dos, ça protège…
Ah ! Sinon, j’ai aussi pas mal de difficultés à sortir sans avoir les habits tachés ou les cheveux en bataille. C’est le pb de travailler chez soi, on se fiche pas mal de son aspect physique. Cela rajoute une couche avenante à mon image d’étrangère demeurée
J’ai le droit de rire (et de compatir aussi) ?
ça fait resurgir un tas de souvenirs entassés et poussiéreux ! mais bien agréables (à part la course pour arriver dans les temps!
Putain de merde, je me suis fait avoir: y a que des mères devant la mienne, d’école. C’est peut être parce qu’il y a UN maître, et non UNE maîtresse qu’elles y courent toutes?
Hum… Hum…
trop cool!! suis donc pas la seule à aller chercher mon fils au pas de course (car en retard…) en survet et croc’s rose bonbon (accessoirement le cheveux gras, ça me va aussi) avec le ptitroiz sous le bras (pas épilé) ^^
Oh non, pas les croc’s Caroline !!!
Ah la sortie des écoles, un grand moment …. ça ne me manque pas.
Un grand moment de solitude ?
Que des mamans ici aussi… en même temps, je viens chercher mon fils pour le déjeuner.
Je n’ai pas encore tenté de faire connaissance – j’aime pas spécialement entamer la conversation, et puis pour certaines des mamans, il y a la barrière de la langue, enfin, des langues même, il y a pas mal de communautés dans le quartier. Pour l’instant, on en reste aux échanges de sourires polis (bon, et la présence de la petite soeur dans l’écharpe doit aider un peu).
Et en terme d’apparence… j’essaie de faire un effort, mais le matin, après une nuit entrecoupée, c’est pas vraiment ça. ^^
Moi je suis lunatique. J’avoue.
Hello!
J’ai découvert votre blog il y a peu, et j’aime beaucoup.
Je réagis à cet article qui me parle, apparemment, c’est pareil dans toutes les écoles! Très peu de mamans disent bonjour aux “petites nouvelles” de l’école comme moi. Nouvelle école depuis septembre, deux enfants, et seulement deux mamans qui me disent bonjour et me parlent un peu!!!
Le cercle des mamans “comme il faut” a l’air dur à pénétrer (et je vais pas me casser la tête pour y entrer non plus, nan mé ho!)
Et en tout cas merci pour ces tranches de vie très enrichissantes!
Hello Anne !
Résistancia !!!
rha tout ces gens… imagine en hiver quand ils éternuent tous
berk
Je sais pas, en hiver j’hiberne.
Je ne m’intègre pas encore à la sortie de la nouvelle école des doudoux…
La maman d’une copine de Chupa me dit bonjour mais j’ai pas envie d’être copine avec elle… Elle fait distribuer le journal de la paroisse à ses filles et elle parle sèchement.
Rhô !
La coopération dans une classe c’est très dur à mettre en place…. (expérience d’instit utopiste)… Les parents ne sont pas forcément pour la coopération, plus pour la compét, et si le petit chose te cherche tu lui en colle une.
Les enfants ne sont pas habitués à réfléchir en collectif. Même les grands.
ça va ;o)
merci ma belle!
et, euh…..pour avoir vécu quelques années en Ariège, y a pas que la montagne là bas, si, si…j’étais à Pamiers, c’est LA grande ville avant Toulouse
D
KWAAAAA????!
T’as toujours pas été draguée par une maman aussi jolie que toi?! :p