Je suis licenciée.

L’association a fermé ses portes. Liquidation judiciaire. Le Mandataire Liquidateur attend la fin de mon congé maternité (mi août) pour me licencier.
Je savais bien sûr que la boîte coulait. Mais ma collègue, directrice par intérim depuis un an se battait avec tant d’abnégation pour redresser la barre… Elle y croyait… On y croyait… C’est elle qui m’a averti par mail du dépôt de bilan, mail trouvé le dimanche soir à mon retour au QG avant la récupération à La Poste de la lettre recommandée officielle hier.
Je savais.
Je m’étais arrêtée au bon moment alors qu’il y aura quelques mois plus tard une grosse scission au sein de l’équipe et d’énormes tensions. Moi, quand je prenais des nouvelles ou quand on m’en donnait, j’avais le cul entre deux chaises, partagée entre les revendications légitimes des “nouvelles” et la conscience professionnelle des “anciennes”. Mais malgré ce lourd passif et une ambiance tendue, l’équipe avait su se ressouder pour faire front devant les difficultés financières.
Cela n’aurait certainement pas été évident de trouver à nouveau ma place dans ce contexte et au bout de plusieurs années de cessation d’activité par notamment le hasard des grossesses, de surcroît pathologiques.
Je n’avais pas fait de pause par dépit. J’aimais mon métier. Je n’ai pas fait de pause par dépit, même si les mauvaises conditions de travail et mon petit salaire jouèrent aussi dans ma décision de prendre des congés parentaux à temps plein.
Je savais donc aussi qu’un licenciement serait peut-être ce qui pourrait m’arriver objectivement de mieux vu les éléments connus et les conditions de travail (horaires, déplacements, problématiques du public rencontré) se dégradant encore parallèlement à une nouvelle situation familiale plus complexe liée à l’organisation avec trois enfants en campagne, signifiant malgré tout que je devrais sans nul doute me recycler encore une fois (la conjoncture faisant que mon secteur est complètement bouché à présent par la suppression de subventions et les postes sont rarissimes dans mon département) et que je me heurterais à des possibilités d’emploi très limitées (je ne suis ni agricultrice ni fonctionnaire…). Je peux le dire désormais : j’étais formatrice pour jeunes et adultes.
Je savais.
Je n’ai pour autant jamais souhaité que neuf personnes se retrouvent au chômage. Je n’ai jamais souhaité que des centaines d’autres personnes qui comptaient sur les premières soient privées d’aides dans leur insertion sociale ou professionnelle.
Une entreprise qui ferme amène toujours tristesse et déception. C’est encore plus vrai pour une entreprise qui oeuvrait pour le bien d’autrui.
Je ne pensais pas être autant bouleversée par la nouvelle. C’est très dur à encaisser au final. Et à la peine profonde d’imaginer certaines de mes collègues dans une situation spécialement critique au regard de leur âge et de leurs charges s’ajoute mon angoisse de devoir prendre certaines décisions en très peu de temps et de ne rien avoir au bout de mon Congé Parental d’Education (si cette appellation signifie encore quelque chose, ne faisant plus partie d’aucune structure…). Je n’ai actuellement aucun projet concret et d’expérience, je suis bien placée pour l’envisager, je mesure que je dois m’y prendre très tôt pour réfléchir dessus, que cela se prépare très longtemps en l’avance.
Toutefois, j’ai commencé à bosser à vingt ans et j’ai une idée assez précise de ce à quoi j’aspire de plus en plus, que mes actions soient rémunérées ou non.
Je veux poursuivre un travail d’écriture, pas forcément sous forme d’un blog d’ailleurs (le blog n’est qu’un exercice préalable – gratifiant et donnant confiance grâce à un lectorat – avant de me lancer dans quelque chose de globalement plus construit pour mon simple plaisir intellectuel) ou pas forcément de façon professionnelle (je veille scrupuleusement à ne pas trop aller à l’encontre de mes valeurs), parce que j’y trouve un réel épanouissement et qu’après avoir accompagné les autres dans la communication écrite, je m’autorise enfin à produire moi-même. Je souhaite me donner les moyens d’aller plus loin dans ce travail sans attendre de m’être découragée.
Je veux me sentir utile, savoir que j’aurai laissé humblement quelques impacts sur cette terre en turbinant trente-cinq heures par semaine. Ou je veux un métier moins valorisant pour moi mais qui me laisse davantage de temps pour réaliser mes passions et donner aux autres.
Et, je veux faire ma confirmation car aujourd’hui je suis pleinement prête. Je ne veux pas crever sans avoir donné un sens profond à ma vie dans tous les domaines et sans avoir avancé dans ma quête spirituelle avant tout autre chose.
En six mois j’ai vieilli de quinze ans et énormément médité. J’ai mis au monde l’enfant surprise m’ayant fait prendre réellement conscience de l’étendue de mes responsabilités parentales. J’ai perdu un beau-père et j’ai digéré que je n’étais pas immortelle ; je me suis sentie seule au monde et j’ai aussi songé que l’amitié pouvait sauver celui-ci et ma solitude. J’ai été licenciée économique pour la première fois.






Je suis vraiment désolé, je sais à quel point ça peut-être une épreuve. Je te souhaite du courage et de la volonté, et tout ira bien.
je suis très triste pour toi et je n’ai pas les mots pour t’assurer mon soutien.
Courage
Bon courage pour s’adapter à ces nouvelles situations.
Evidemment, être licenciée, ne doit pas faire plaisir, même si pour toi, je pense que c’est “la meilleure période” pour l’être et se tourner vers autre chose, il faut parfois saisir des opportunités pour réaliser ses envies.je te souhaite, succès et réussite dans tes prochains projets LMJ!!
Courage et j’ai hâte de lire l’aboutissement de tes projets !
Tu avais un boulot passionnant et très prenant, c’est normal que ça te fiche un sacré coup.
je t’embrasse
C’est un joli billet qui résonne fort en moi car j’exerce le même métier que le tien et je me bats, aussi, pour que mon Institut reste ouvert. L’insertion semble être vraiment un secteur dont l’Etat veut se débarrasser..
Je suis enceinte de mon second, je commence à réfléchir à une reconversion mais ne sais pas vraiment par où aller …
Courage mère Joie!
Que l’Esprit Saint te donne son don de Force alors!
Coucou du jour!
Ton billet est très touchant et on sent combien tu es attachée à ton métier… Je suis sûre qu’avec la gniake que tu as, tu vas réussir très vite à te retourner et à te remettre en selle!
Je te souhaite tout le bonheur du monde avec l’écriture, une magnifique passion!
On est là, on te suit et on t’encouragera si besoin!
En attendant, je t’envoie plein d’ondes ++++!
Courage!
Je vais me contenter de t’embrasser.
J’ai été licenciée économique aussi…ils me l’ont dit….le lendemain de mon mariage.voilà voilà. Je te raconte pas le coup de massue.
Tu as les capacités, le talent, l’humour, le mental, l’amour pour avancer, et faire de ta vie que tu tu en souhaites.
Désolé de cette situation, pour toi et tes collegues.
Je suis certaine que tu vas rebondir!!!
gros bisous
Comment dit le proverbe? A chaque fois qu’une porte se ferme, une autre s’ouvre, mais on ne la voit pas toujours tout de suite. Prends ton temps pour la chercher…
♥♥♥
je suis vraiment désolée, j’imagine ta tristesse que cela finisse comme ça. C’est toujours triste un combat perdu.
Je souhaite que tes projets aboutissent
bon courage, je comprends que c’est dur pour toi
je te souhaite de concrétiser tes projets
bise
C’est un très beau texte, une très belle analyse de ce qui t’arrive. Ce n’est pas facile, mais tu trouveras, j’en suis sûre.
Et puis moi, ça m’a émue que tu veuilles faire ta Confirmation …;-)
Je déteste tellement tout ce qui s’attache au boulot que je retiendrai ça aussi : faire ta confirmation. Ca reste un des moments les plus intenses de ma vie.
Tout semble avoir été dit…
Je parodierai donc Eiream (pardon c’est pour la bonne cause) : “Que l’esprit sein te donne son don de lait…”
Avec nos échanges, j’avais compris que ton travail et sa valeur représentaient beaucoup pour toi… Je ne peux qu’imaginer ta tristesse tout de même devant la fin de entreprise, une page qui se tourne en gros… Ce qui est admirable, c’est que tu as réussi à tirer profit de “ta pause” pour réfléchir aux next steps. Courage ma belle
Il est clair que tu as les capacités de rebondir alors passés le choc et le deuil de cette fermeture, je te souhaite de trouver un nouvel emploi aussi en phase avec tes valeurs, lorsque tu seras prête.
A bientôt de lire la suite de ton cheminement LMJ
Cela peut te permettre de prendre un nouveau départ, peut-être celui que tu souhaitais secrètement mais que tu n’osais pas. Te voilà libre comme l’air …
La formation, c’est un domaine très large … mais aussi un secteur très mouvant …
Je ne doute pas de tes capacités à rebondir, à faire ce que tu souhaites réellement sans que ça te bouffe trop de temps, pour pouvoir profiter de ta tribu, car oui nous sommes pas éternelles, et c’est con. si si.
Plein de courage pour cette période délicate et ce virage à prendre.
allez LMJ tu verras une fois passé le choc tu sauras te relever! J’en suis sure! Cela ne m’empêche pas d’être peinée pour toi. Bonne chance pour la suite d’autant plus que je sais ce que tu traverse je suis moi aussi formatrice!
Le licenciement économique et la reconversion radicale, je suis passée par là et même si sur le coup c’est un profond bouleversement pas facile à digérer, le résultat peut être très très positif.
Il faut juste ne pas avoir peur de prendre le temps de la réflexion (pour la reconversion). Je me suis fait aidée par un cabinet spécialisé entièrement financé par le Fongécif et ça m’a permis de bien remettre tout à plat et de prendre une nouvelle direction de façon construite et sereine.
Bon courage à toi pour la suite !
courage à toi ! c’est une page qui se tourne même si les conditions sont tristes. Cela te dronnera sûrement encore plus de motivation dans ton projet. bon chance pour la suite !
Bon courage à toi… C’est une nouvelle vie qui s’ouvre à toi, et comme je pense que rien n’arrive par hasard, tu vas trouver ta place dans cette nouvelle histoire. Et comme j’admire toujours tes talents d’écrivain, je serai heureuse de continuer à te lire, ici ou ailleurs, dans l’humour ou dans quelque chose de plus sérieux!
plein de courage et je te souhaite de trouver le bonheur dans la nouvelle voie que tu vas choisir. Tu as un grand potentiel donc je ne doute pas de ta réussite !
tes mots “Je ne veux pas crever sans avoir donné un sens profond à ma vie dans tous les domaines” résonnent en moi.. je suis très touchée par ton billet, émue même… j’envoie plein d’ondes positives en ta direction…
quel billet bien écrit, on perçoit vraiment ta réflexion de vie, si authentique. très touchant.
bon courage pour ce que tu t’apprêtes à vivre !
C’est troublant, vous me faites penser à quelqu’un que je connais…n’ayez pas peur, je travaille dans le même secteur que dans le vôtre, du travail, de l’argent, il y en a. Je trouve vos pensées saines, pleines de bon sens: donner un sens à sa vie… Dans cette course effreinée, on en oublie l’essentiel. Merci.
je comprends ton besoin de te sentir utile car je travaille aussi dans une ONG, c’est clair que c’est un milieu précaire! bon courage en tout cas pour la suite.
Je te souhaite bon courage pour la suite, apparemment tu as une idée de ce que tu veux faire, je te souhaite donc également de réussir ton projet.
Merdum !
Sur ton billet d’hier je plaisantais, persuadée que finalement tu en étais heureuse puisqu’il n’y a pas si longtemps, tu parlais d’une éventuelle nouvelle orientation professionnelle…
Aujourd’hui, je lis ta peine et j’en suis désolée.
Je te souhaite bon courage, même si je suis sûre que tu vas rebondir très vite. Une fille avec tes qualité ne peut pas rester longtemps sans job…
Je t’embrasse fort (mais pas ake la langue hein !)
<3
Merdum !
Sur ton billet d’hier je plaisantais, persuadée que finalement tu en étais heureuse puisqu’il n’y a pas si longtemps, tu parlais d’une éventuelle nouvelle orientation professionnelle…
Aujourd’hui, je lis ta peine et j’en suis désolée.
Je te souhaite bon courage, même si je suis sûre que tu vas rebondir très vite. Une fille avec tes qualités ne peut pas rester longtemps sans job…
Je t’embrasse fort (mais pas ake la langue hein !)
<3
Je me retrouve beaucoup dans ton billet.
Voilà.
Bon je ne bossais pas pour une association, je pense même qu’avec mon expérience pro, je pourrai retrouver du boulot ailleurs mais pour le moment ce n’est pas ce dont j’ai envie.
J’ai beaucoup de peine pour mes collègues qui elles vont rester dans la galère car ma boite ne ferme pas, elle se réduit juste de 2/3 alors que l’année dernière, après un plan social déjà douloureux, on avait été réduit de moitié. Bref…
mon comm d’hier était donc complétement à côté!
je ne te connais qu’à travers ce blog mais quelque chose me fait penser que tu es une personne pleine de ressources, j’ajouterais juste FONCE!!
j’te bise et j’te claque la fesse gauche!
Le verre à moitié plein des cataclysmes est de ne pas avoir besoin d’excuses pour faire du passé table rase (enfin encore mieux que ça à mon sens..) mais la reconstruction est un chemin et tu es mieux placée que moi pour le savoir!!
Ceci étant, ton boulot ne m’a guère surprise, c’était exactement le secteur dans lequel j’imaginais que tu bossais…mais j’ai une excuse: ma mère est conseillère PAIO…(pour le meilleur et pour le pire)
Bon courage ! Bien que dans ton billet, je ressente déjà la force et l’envie de rebondir, le désir d’autre chose… Un premier pas;
Tes billets m’impressionnent toujours un peu, ils sont si bien écrits que j’ose à peine commenter. Pourtant, j’ai envie de te témoigner de mon amitié.
On a beau savoir que tout finira par s’arranger, que le changement a souvent du bon, qu’on s’en sortira, cela n’empêche pas d’être triste. Je te souhaite de trouver une nouvelle voie, de vivre en accord avec toi-même et tes valeurs. Je te souhaite tout le bonheur du monde, tout simplement.
Une étape difficile et pleine de sens, dirait-on. N’étant pas encore dans la logique du milieu professionnel, je ne peux m’imaginer tes sentiments, mais ce que tu en dis me touche.
Je suis persuadée que tu es capable du meilleur, tu l’as d’ailleurs bien prouvée avec ta famille. Alors ne te gène pas pour faire ce qu’il te plait!
Bon courage dans ce moment pas facile à vivre… Je profite de ce commentaire pour te dire que j’aime ta façon d’écrire, ta façon de nous passer tes émotions, ton regard sur la vie… Je suis sûre que de nouveaux projets vont très vite s’offrir à toi, je ne peux (veux) pas imaginer qu’une personne de ton talent ne rebondisse pas très vite !
tu a eu une annee difficile et en meme temps pleine de bonheur d’avoir donner la vie et de la voir grandir chaque jour un peu plus … rien n’arrive par hasard !
tu as su voir les choses telles quelles sont , tu sauras rebondir cest sur ! malgre les epreuves de la vie (passee , presente et futur) il y a toujous du positif ! en attendant bon courage a toi , a vous
Ca sent le tournant, la nouveauté, le mouvement, la vie! Le chemin est si souvent étrange et surprenant! Que tes nouveaux projets se confirment!
Ne perd pas espoir, bon courage à vous!
Pas facile comme situation. J’espère que tu sauras rebondir dans une direction qui te satisfera pleinement. Courage !
Vous êtes choux, c’est tout ce que j’ai à dire !
Bon, celles qui se sont moquées du Saint-Esprit recevront un coup d’hostie dans la gueule (après le piquet bien sûr).