Re-trouvailles
Je puais la cochonne par tous les pores. Je m’étais aspergée de Rousse.
“Ils sont là !!!”
Ni une ni deux, je pris le petit Poilu sous le bras et courus en direction du petit troupeau familial contenant Mademoiselle Commandante, laissant derrière moi le Grognard avec son père.
Je n’avais pas été spécialement pressée de la revoir et je n’étais pas très émue à présent.
Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore. Mon Dieu, que cette expression est con… Le coeur a ses névroses que la conscience ignore. ( NDLR : J’hésite à ouvrir le blog amouréaliste.com)
Bref…
Petit à petit, durant la journée, je lui soulevais les cheveux qui avaient été bouffés par le chlore et la Fräulein, fidèle à ses drôleries, me parlait justement de “coiffeur paysagiste”, la prenais par la main, caressais sa tête brune, l’embrassais sur la joue encore ronde. Je ne pouvais m’empêcher de la toucher, de lui dire des mots doux, de me marrer à m’en étouffer, heureuse, en l’écoutant me narrer ses aventures dont son angoisse du métro à l’heure de pointe. Un besoin irrésistible de la sentir vivante, sous mes doigts, sous ma bouche, dans le rire de ma gorge. Et un étonnement de cet élan si profondément affectueux de ma part.
Elle contait, volubile, sa visite de l’opéra Bastille, de Versailles, de Montmartre avec un plaisir évident de partager, accompagné d’un vent de regret que nous n’ayons pas été avec elle pendant ces moments-là.
Elle était vraiment contente d’être de retour auprès des siens dans un monde simple avec des préoccupations plus importantes que les apparences. Et moi j’étais ivre de cette gamine saine, aux joies modestes. Je l’aimais en tant qu’enfant de mon sang et en tant qu’être humain.
L’essentiel que j’avais souhaité lui transmettre était là, dans ses paroles aimantes, dans ses valeurs révélées soudainement par le verbe de façon légèrement naïve et pourtant très mature.







ah ben merde alors! tu m’f'rais chialer tellement c’est beau!
Merde le lien amourealiste est cassé.
Tant pis, alors si je pleure, c’est de joliesse.
C’est beau l’amour
C’est beau
LA petit poilu??????
J’ai corrigé.
J’espère qu’elle aura l’occasion de lire ces lignes un jour….
Je vais faire lire ton post à ma grande… pour qu’elle puisse bien saisir le concept de :
“Elle était vraiment contente d’être de retour auprès des siens dans un monde simple avec des préoccupations plus importantes que les apparences”…
Ici on vit à 20 minutes de Paris… et ma grande est en plein “dans les apparences”…
Merci pour ce joli texte…
La banlieue, c’est mortel pour ça (et pour le reste
). J’en garde de mauvais souvenirs…
Aparté : très sensuel Rousse.
Aaaah ces retours à la maison, où l’on retrouve son petit et qu’on le renifle pour mieux goûter du moment, on boit chaque parole comme si c’était un nectar, on admire le ou la bel(le) enfant, on caresse le velours de sa peau si jeune, on s’éclaire du reflet dans ses cheveux ou son regard, on peut aller jusqu’à ressortir des vieux couplets de ce roucoulement et ça dure jusqu’à la première griffure venue de la réflexion de l’un ou de l’autre….tzzziiiiioum boum !
Que c’est beau… Je me le garde sous le coude ton texte tiens
Ma fille grandit… aussi !
Elle a aimé Paris?! C’est le principal, je ne peux que la plussoyer!
En revanche, je retiens ton coup contre “la rousse”… :p
wow, bouleversant !