Premier lever de rideau – Partie 1
Mardi 19 avril 2011
Mademoiselle Commandante joue dans une pièce ce soir. Chavais même pas que c’est parce qu’elle participait depuis la rentrée à l’atelier théâtre du collège les midis. “Si, si elle nous en a parlé !”, m’informe mon Légionnaire. Je me sens un brin mauvaise mère. Mais c’est moins flippant que si je me sentais mauvais père.
En revanche, je me souviens très bien la joie de Mademoiselle Commandante lorsqu’elle m’annonça il y a quatre jours :
“Pour le spectacle, la prof de français va me prêter ses chaussures ! Tu te rends compte, c’est fou (“ouf”, ma fille, on dit “ouf” !), je vais mettre les chaussures de la prof !!! Nan mais maman, je vais porter les chaussures de la prof de français, quoi !!!”
Ok, ok, ok.
Moi aussi, il y a très très longtemps, il m’arrivait d’aduler les profs. D’ailleurs je leur léchais plus les bottes que je ne portais leurs pompes compensées.
Je suis décidée à aller voir ma fille sur scène et il va me falloir embarquer le Petit Poilu malgré mon appréhension. Bon, je sais que je peux faire office de tétine géante et le calmer illico presto s’il chouine/pleure/hurle mais je ne pourrai jamais ainsi couvrir ses déflagrations atomiques et ses rots gargantuesques. Pis j’en pouis plus d’avoir des myrtilles à la place des bouts.
Je compte au moins sur Légio pour son soutien moral.
19h15 :
Le Grognard fait encore un peu la gueule que sa frangine soit pas là (vu qu’elle est au théâtre depuis ce matin pour répétition) et de pas pouvoir l’emmerder (ce que l’on sent la différence quand il en manque un !). Après avoir dîné frugalement – y a plus rien dans le frigo (“Chérie, tu veux encore du pain avec du beurre ?” “Hum, oh oui, c’est trop gentil !”) – nous partons pour Perpète-Lès-Oies.
“Je veux ma casquette !”
Légio, descend de la Jeep Sikings récupérer la casquette du Grognard laissée au QG avec laquelle il ressemble à un petit ricain et évite un drame. Le Petit Poilu geint…
Je croise les doigts pour que Mademoiselle Commandante sache l’ouvrir et pour que le Petit Poilu la ferme.
19h55 :
Tiens, déjà arrivés ! Je me regarde dans la glace. Ca va, je suis jolie. Jolie mais… Mais… JE SUIS PAS MAQUILLEE, MORDEL ! Oh pis ces ongles… Ces ongles…
Le Petit Poilu réclame son demi de lait concentré sucré. Légio prend l’air devant la bagnole et je me mets à l’oeuvre. Calme, Petit Poilu. Sois calme.
19h58 :
On est repérés ! Je répète : On est repérés ! Tous les enseignants, secrétaires du bahut, connaissances, parents d’amies de la Fräulein viennent causer à mon Légionnaire et se penchent pour regarder par la vitre le beau bébé qui déglutit. Et moi toute miche dehors… Je salue de ma main disponible telle la reine Elizabeth avec un sourire aristocratique un peu niais. J’ai rapidement une crampe au poignet et des rides d’expression. Le tank est le nouveau salon d’où qu’on cause ou bien ?! Ne dis rien, Petit Poilu. Ne dis rien.
20h05
Mon Légionnaire va acheter les billets d’entrée avec le Grognard. Je jette un sort au Petit Poilu.
“Dors ! Dors, je le veux !”
20h10
Le Petit Poilu a les yeux grands ouverts et il me fixe comme s’il était sous acide.
“Petit Poilu, si tu m’entends, fais-moi un signe.”
On l’emmaillote ensuite pour le neutraliser. Il fera pas un bras d’honneur à quelqu’un, c’est sûr !
“Grognard, tu veux prendre ton ours de garde pour le spectacle ?
- NOOOOON !”
La voie est libre, je me roule sur le bitume avec Petit Poilu pour passer inaperçue et la troupe et moi entrons dans le théâtre.
“Bonjour ! Bonjour ! Quatre semaines demain. Oui. Non. Pas encore ses nuits. Oui. Non. Ouais. Han han.”
Antisociale, je pers pas mon sang froid.
(en vrai, je suis trop contente de voir des gens qui tètent pas)
20h15
Passage obligé aux chiottes. Je colle la mini momie dans les bras de son daron. Grogne pas, Petit Poilu, c’est ton père. Grogne pas.
20h20
Nous prenons place dans la salle. Les petites filles de la prof d’histoire de la Fräulein craquent sur le Petit Poilu. Moi je craque sur les petites filles de la prof d’histoire : elles sont trop chouchoux, j’ai envie de les adopter. Chuis con ou quoi, moi ?! Adopter des filles de prof…
La petite Rose, quatre ou cinq ans est en maternelle avec le Grognard.
“Tu connais Rose dans ton école, Grognard ?
- Non, je connais vert.”
Parle pas, Petit Poilu. Toi, ne parle pas.
20h30
C’est l’heure ; ça devrait commencer…
PS : La suite si un jour je retrouve l’usage de mes DEUX mains plus de dix minutes d’affilée.







Ouh la la, vivement la suite ! Qu’est-ce qu’on se marre (j’adore le coup des gens qui tètent pas ! huhuhu) !!!
Antisocial, les années de service, tout ça
vivement la suite du récit !
je te chambre, hein, le prends pas mal.)
Je croise les doigts pour que le Petit Poilu se soit tenu tranquille le temps de la pièce
(une main ça suffit pour taper sur un clavier, non ?
J’espère qu’elle pue pas des pieds, la prof de français.
Toi en reine d’ Angleterre, je paierai cher pour voir ça
La dernière réflexion du Grognard me fait mourir de rire
La suite, la suite !!! (Petit Poilu, dors !!!!)
« Tu connais Rose dans ton école, Grognard ?
– Non, je connais vert. »
héhé, le petit futé
)
Dors Petit Poilu! Je te l’ordonne ! (j’ai essayé avec ma fille …. heu comment dire … ça n’a pas marché … elle a mis … nan je vais pas le dire).
Vivement la suite !
rooo, oui vivement la suite!!!!!!
Ah, les petits quand ils veulent pas qu’on ait raison!
J’avais zapée mauvaise cop que je suis ! Mais j’ai des contacts chez red castle si tu veux… Raport transformation du poilu en nem
ps bientôt je serais femme au foyer pas désespérée utilise mon mail perso. Bises a la troupe!
Trop comique!! Vivement la suite.
Moi j’ai aimé le coup de “non je connais pas Rose, je connais vert…”
rose, vert… mais en fait c’est génétique, chez vous, les jeux de mots ?
C’est ce que je préfère : quand les Joie sortent, les road movie dans la jeep si king (size ?), les fantasias à bout de brousse creek, LMJ dite Le Cactus en majesté le bébé dans les bras…tu devrais les réunir ses chroniques des campagnardes elles sont vraiment savoureuses et bien racontées, très imagées, j’adore !
PS Je me rends compte avec consternation que mes trois fils, que j’aime de toute la constance dont est capable une mère, sont en réalité des sacrés crétins à 3 ans et demi ils étaient incapables de tant d’humour et de répartie.
PS-2 J’ai pensé à toi LMJ hier soir.
Alors que j’assistais à la 5478124587 réunions préparatoires pour un voyage scolaire à Rome., mal assise sur une chaise bancale au milieu du parterre de latinistes prêts à en découdre avec la Rome Antique.
Alors que je cherchais du regard mon grand blond au polo rose au milieu du parterre de latiniste prêts à en découdre avec la Rome Antique, je tombe sur un gros bonhomme avec une canne, ce dernier était en train de frapper avec ladite canne d’un coup sec sur la tête de sa fille pour qu’ elle se taise.
Après coup je me suis dit que j’aurais dû allez lui mettre le nez dans le pipi à ce con.
*Se marre*
Note pour elle même ne pas écrire en répondant au téléphone tu radotes ma vieille…enfin c’est la preuve que je tente de bien tourner mes phrases dans ma cervelle avant de les coucher sur papier.
J’adore!!! Surtout les sorts au Petit Poilu et la dernière réponse du Grognard!!
Vivement la suite.
Je me remets pas du “non je connais vert”… j’ADORE.
Rien de tel que de sortir ses miches pour faire oublier qu’on n’est pas maquillée!
Puis une petite touffe brune qui dépasse en haut d’un porte-bébé, ça assure grave aussi.
On est une BMA, ou on ne l’est pas!
haha vert ! ça c’est trop bon ^^
Une petite pensée pour toi chaque fois que je lis Cendrillon à mon fils et qu’il me dit : “ça c’est une pantoufle de rouge”. Mais bien sûr !!!
Je vous bise, très contente que mon récit vous ai plu.
J’ai moins le temps d’en faire depuis un moment : c’est long et ça prend beaucoup d’énergie.
Mais j’espère y revenir dans quelques semaines ou quelques mois…
Merci d’être là, les filles pour animer ce blog !
J’adore !!! J’ai le sourire jusqu’aux oreille en te lisant !!!
Bon je vais vite lire la suite !!!
Bonne journée !!!
Excellent je vais lire la suite! ca me rappelle tellement mes premières sorties sans le Piafon : “ah mais en fait y’a des vrais gens dehors avec des bras des jambes et qui parlent? Qui ne pleurent pas pour becter, qui ne porte pas de couche (sauf s’ils sont très âgés) et qui ne sont pas tous en grenouillère…”