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La noisette

27 juillet 2010

Mardi 20 juillet 2010

En ce bel après-midi d’été, nous allons nous ressourcer dans ce magnifique village fortifié que j’affectionne particulièrement. Il fait chaud mais l’air est doux. Nous descendons un petit sentier arboré le long des remparts. Mon Légionnaire se baisse pour ramasser deux maigres noisettes sur le chemin. Les noisettes vertes, fraîches et craquantes à souhait me rappellent toujours lorsque j’étais gamine. Nous saisissions de nos doigts d’enfants avec mon frangin celles qui s’étaient détachées prématurément de l’arbre de notre rue, ne pourraient donc jamais mûrir mais trouveraient un tombeau écarlate dans nos bouches humides.

La première écrasée avec les dents, je redoute que mon Légionnaire ne se casse un plombage et j’attends désespérément un morceau de cette douce chair amère. Le père poule, tend à son fils la précieuse récolte, fils qui recrache d’un “pouah !”, celle-ci amoureusement proposée.

Mon Légionnaire glisse dans sa poche la deuxième noisette et je n’ose réclamer mon dû d’épouse pas modèle, malgré l’envie me tenaillant. Il sait que je me damnerais pour une bouchée.

J’essaie de ne plus y songer. On va pas se prendre les noix pour une noisette !

L’après-midi passe et à la fin du dîner, mon Légionnaire sort la jolie perle de la poche de son pantalon. Elle a une poussière qui s’est collée à elle mais n’en est pas moins attrayante protégée par son involucre. Il la dépose tendrement dans mon assiette vide. Je le regarde avec gratitude. Je la regarde en salivant.

La noisette ! Cette noisette qui m’a remémoré par sa seule présence les joies simples de mon enfance et le goût de cette enfance perdue. Je vais la croquer goulument, en savourer chaque parcelle. Merci Légio, merci. J’ai un trésor pour dessert : une simple noisette hors-saison qui sent les feuilles aux prémices de leur jaunissement et le soleil bas de septembre.

“Merde, Légio, elle a un ver…”

41 Commentaires laisser un →
  1. 27 juillet 2010 14:53

    Ohhhh, dommage :-(

    • 27 juillet 2010 15:04

      Oui mais en même temps, c’était toute l’imagination derrière qui était fantastique.

  2. 27 juillet 2010 14:55

    Ah merde décidement t’es pas ver-nis !

  3. 27 juillet 2010 14:59

    Tu m’as sciée avec “involucre”… faut que je trouve la définition !

    “une simple noisette hors-saison qui sent les feuilles aux prémices de leur jaunissement et le soleil bas de septembre.” => ça me rappelle les Semailles et les Moissons de Troyat…ça me file les larmes aux yeux aussi !

    • 27 juillet 2010 15:02

      J’ai jamais lu Troyat. Putain, je m’ignore, je m’ignore ! :-D

    • 27 juillet 2010 15:03

      involucre : ensemble des bractées de la base des ombelles et des capitules. :-D

    • 27 juillet 2010 15:06

      Vous n’imaginez pas le temps de recherches en botanique pour la sortir celle-là !

    • 27 juillet 2010 15:07

      Heureusement, on sait que c’est de la botanique, parce que ça pourrait facilement partir en vrille, là ……. ;-)

    • 27 juillet 2010 15:11

      Dans botanique, il y a nique…

    • 27 juillet 2010 15:13

      Mouiiiiii ….. Et les bractées de la base de l’ombelle …. j’imagine bien ….. :-D

  4. 27 juillet 2010 14:59

    Putain t’étais obligée, pour la chute? ;-)

  5. 27 juillet 2010 15:03

    j’adore les noisettes pas mures :-)
    Et j’adore la chute !
    (un ver dans une noisette pas mure ????)

    • 27 juillet 2010 15:05

      Oui, snif… Et dans la mienne, pas dans celle du Grognard !
      (ouais, j’aime empoisonner mes gosses)

  6. 27 juillet 2010 15:10

    Délicieux ce texte… et belle retombé héhé :)

  7. 27 juillet 2010 15:21

    J’ai croqué ma première noisette pas mûre le week-end dernier. ici elles sont vertes , normal, on est plus au nord, bref! Je savais qu’elle n’était pas bonne mais j’ai pas pu m’en empêcher! Zorro s’est bien marré quand il m’a vue la recracher!

    • 27 juillet 2010 15:22

      Ben ici aussi elles sont vertes. (???)

    • 27 juillet 2010 15:32

      ici elles sont très vertes et pratiquement inexistantes à l’intérieur tellement elles sont petites ! (taille d’un pépin de pastèque!)

    • 27 juillet 2010 15:33

      En effet, ça boucherait pas ma dent cariée (dois prendre rv chez le dentiste et je recule…)

  8. 27 juillet 2010 15:35

    elle n’aurait pas un vers juste pour la chute de ton billet ? )

    • 27 juillet 2010 15:37

      Ah non, pas du tout.
      J’ai pas besoin d’inventer que j’ai des minis poisses… :-D

  9. 27 juillet 2010 15:55

    Au fur et à mesure de la lecture, je voyais un petit dessin animée se créait. Très belle histoire à mettre en image.

    • 27 juillet 2010 21:28

      J’y avais pas pensé. Des fois je vois mes histoires en BD mais là non. ;-)
      J’accède pas à ton blog… :-(

  10. 27 juillet 2010 16:20

    Ah moi aussi j’adore les noisettes pas encore mûres. On a 2 noisetiers dans le jardin et j’ai goûté la première il y a 2-3 jours… mais c’est encore un peu juste !
    Quant aux vers, c’est le problème, la grande majorité des noisettes en ont !
    Donc si j’ai bien compris, cette noisette, vereuse ou non, avait un peu le goût d’une madeleine ?

  11. Poulette Dodue lien permanent
    27 juillet 2010 18:44

    Oh merci MJ pour ce trés joli billet qui résonne aussi pour moi !
    Noisettes (et Noix c’est THE spécialité ici !) fraîches souvenirs délicieux.
    Qu’il est choupi ton légio de te l’avoir gardé pour le dessert ..

  12. 27 juillet 2010 19:36

    Je vois que toi non plus tu ne peux pas être poète (pouet) jusqu’au bout !

    • 27 juillet 2010 21:31

      C’est ma vie. C’est ma vie. Je n’y peux rien, c’est elle qui m’a choisie. :-D

  13. 27 juillet 2010 22:52

    Proust et sa madeleine à côté de ça … il peut se rhabiller !

  14. 28 juillet 2010 09:27

    Oh super chouette ! J’ ai appris un mot de botanique, je l’ai noté dans le carnet des mots à donner en pâtures aux dévoreurs de mots.
    Ce qui est on ne peut plus logique après un si bel hommage à l’enfance et toutes ses noisettes, pleines, creuses, percées, habitées, mûres, encore en formation, laiteuses, repêchées, oubliées, retrouvées, séchées.
    Tous ces chemins de traverse qui sentaient la noisette pour sembler oublier le pays de l’enfance et finalement un rien et l’on se souvient de tout.

    LMJ tu pourrais ajouter à “on n’est pas des gonzesses”, on n’est pas des poètes ;)
    Sinon tu auras beau écrire un P***** à la fin de tes textes tu risques de ne pas faire illusion encore bien longtemps ma fille….de joie ;)

  15. 28 juillet 2010 13:52

    Pouêt pouêt où pas, beau texte en tous les cas.

    Tu m’as fait rêver et la chute m’a fait rire. Que demander de mieux ?

Rétroliens

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