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Et le rôle du papa chez Freud ?

24 juin 2010

Jeudi 10 juin, confiant le Grognard à Mademoiselle Commandante, je traîne par les testicules mon Légionnaire à une réunion d’information sur l’agressivité chez les jeunes enfants (je ne suis pas concernée moi-même). J’espère en apprendre plus sur le pourquoi du comment le petit Bleu tape, mord, pince et tire les cheveux parfois avec une tête d’aliéné.

Si nous sommes parvenus à canaliser ses crises à force de patience, le Grognard manifeste toujours de la démesure dans ses gestes alors qu’il possède la parole. Ce n’est pas grave en soi : il sait très bien se comporter en présence d’autres personnes que sa famille. Son agressivité est ponctuelle et ciblée (vers nous). Mais j’aimerais bien comprendre ce qui se joue et savoir comment l’accompagner au mieux.

20h00, devant la mairie où a lieu le rendez-vous attendent des femmes dont 90 % sont assistantes maternelles. Mon Légionnaire pense à fuir. Je le retiens par l’éventualité d’une privation de sucette durant six mois et deux jours.

Avec vingt minutes de retard, nous nous retrouvons autour d’une grande table ovale. Trente personnes scrutent la venue d’Obama. Barack est resté à la baraque, une psychologue clinicienne, adepte des théories de Freud et Lacan et utilisant la parole comme méthode prend sa place.

Après un rapide tour de table où nous devons tous nous présenter (« Bonjour, je suis la Mère Joie, je viens parce que je redoute que mon fils passe bientôt à la tronçonneuse ou à la hache. Peux-tu m’aider ? »), Madame Psy commence par dissocier l’agressivité de la violence.

En effet, l’agressivité traduit une colère, des angoisses alors que la violence est une pathologie.

Me v’là bien rassurée.

Pis Madame Psy nous rappelle les différents stades chez l’enfant issus de la psychanalyse freudienne, stades induisant de l’agressivité chez les moutards, voyant que sa question « Tout le monde se souvient des différentes périodes de développement ? » est restée lettre morte. C’est qu’on n’est pas à un congrès organisé par la Fédération Française de Psychologie mais à Ventou, chef-lieu de l’agriculture !

En gros, un mioche, juqu’à huit ans il va faire chier. De huit à douze, il sera en phase de latence et sera impliqué dans les apprentissages (ah bon) donc y aura un moment de répit jusqu’à son adolescence.

Madame psy blablate sur les différentes personnes vers lesquelles l’enfant va tourner son agressivité car celle-ci est toujours dirigée vers quelqu’un. Y a un côté lapalissade mais en partant de là, on va réellement pouvoir avancer.

Bon, tout ça c’est très bien. Mais vu que le Grognard maîtrise la parole et qu’il est devenu une personne à part entière, moi j’aimerais bien piger dans quelle mesure il s’exprime encore par des gestes, par son corps. Oui, j’insiste.

Par conséquent, j’interviens.

Grossière erreur.

Le psychologue pour enfants, il est rarement là pour te dire que ton éducation est au top. Il va te dire ce que tu fais de mal ! Faut partir du point de base où c’est pas ton gosse qui est agressif mais toi qui te débrouilles comme un manche. Ca va, t’en avais déjà conscience alors t’assumes devant trente paires d’yeux ronds.

« Ok, j’ai bien écouté tout ce que vous avez raconté. Il ne peut pas forcément verbaliser son stress parce que lui-même ne sait pas trop ce qui se passe en lui. En plus c’est le petit dernier. Il cherche sa place. On lui porte de l’attention seulement parce qu’il se fait remarquer. Hum hum, là ça me fait un peu du mal qu’est-ce que tu m’as envoyé… C’est un poids pour lui et dans deux ans, il ira en consultation chez toi. Mais comment se fait-il que l’autre fois, je lui dis que c’est un grand garçon et qu’il me répond « Non, je suis un gros bébé ». Je lui ai jamais sorti un truc pareil !

- Oui, vous ne l’avez pas dit mais vous l’avez pensé. Et lui n’est pas dupe de ce que vous pouvez ressentir et il voit aussi qu’avec votre grande fille, vous partagez des choses que vous ne partagez pas avec lui. Je voudrais pas dire, mother, mais c’est ta faute. »

A ma droite, mon Légionnaire ne pipe mot.

Comme je suis pas trop débile, du moins que je peux tolérer de me prendre des trucs dans la tronche et de cheminer  (j’étais là pour ça) et que Madame Psy, elle a pas complètement tort, je décide de réagir même si j’estime que certaines situations sont inévitables et permettent la construction de l’enfant. Je suis pas psychologue clinicienne : je vois pas des problèmes partout.

Le lendemain, motivée, j’entame un monologue avec le Grognard pour qu’il comprenne qu’il devient un grand garçon, qu’il en tirera avantages mais que pour autant, il restera toujours mon petit dans mon cœur, que mon rôle consiste à l’accompagner. Et je me promets qu’au lieu de le gronder systématiquement quand il tire mes couettes de le questionner sur ses motivations et ses intentions.

Le midi, le temps de préparer les pâtes du petit-déjeuner, le Grognard est allé se coucher dans son lit de son propre chef. Je le retrouve sous les couvertures en train de ronfler. Yes, mon discours du matin a eu de l’impact. Maintenant, il va aller se pieuter quand il est fatigué.

Il se réveille, il est fiévreux. Ah.

Mon Légionnaire dont des élèves sont en stage rentre au Q.G. à ce moment-là. Je lui apprends la situation, que le Grognard n’est pas bien. Du reste le Grognard montre qu’il est stone.

Légio prend le mioche dans les bras et lui susurre plein d’affection pendant que j’ai le dos tourné :

« Oh, ben alors qu’est-ce que tu as, mon gros bébé ?! »

Madame Psy a oublié qu’on était deux à l’élever le Grognard…

60 Commentaires laisser un →
  1. 24 juin 2010 07:10

    Ahhh, oui ……. ;-)
    Bien d’accord avec toi pour ta dernière phrase (appliquée aux P’tits Mecs !!)

  2. 24 juin 2010 07:24

    Héhé!!!!

    Bon tout de même, le rôle du psy n’est pas évident. Appréhender une situation et y répondre immédiatement en si peu de temps: ce sera forcément lacunaire.

    • 24 juin 2010 07:40

      Oui bien sûr ! ;-)
      Je trouve tout de même que c’est une discipline trop cloisonnée et pas suffisamment globale de toutes les façons pour appréhender l’ensemble des phénomènes.

  3. 24 juin 2010 08:12

    Excellent! Dès fois, les explications sont plus simples qu’on ne le croit!

    • 24 juin 2010 08:18

      Tu m’étonnes ! J’étais morte de rire.
      Cela dit, Madame Psy a raison sur plein de choses. Faut que je fasse des efforts…

  4. Poulette Dodue lien permanent
    24 juin 2010 08:40

    Ha bah oui c’est le “gros bébé” à son papa ça !
    Moi je trouve ça plutôt miiignon et rassurant .
    Quant aux efforts (et aux boulettes !) on a pas finit d’en faire …

    • 24 juin 2010 10:54

      Oui, c’est super mimi mais il pirate toujours mes bonnes actions !
      En même temps, comme Légio le dit lui-même, il était pas au courant de mes résolutions. :-D

  5. 24 juin 2010 08:49

    ben, moi j’en ai marre que ce soit toujours de la faute des mères, même si comme tu le dis je sais que c’est en partie vrai!, avec Pierrafeu, on ne s’en sort pas et il va sur ses quatre ans, on ne supportera pas ça jusqu’à ses 8 ans! et moi aussi c’est ce que je me tue à dire à mon entourage nous sommes DEUX à les élever!
    bon sinon, c’est super mignon, la fin du billet! ;-)

    • 24 juin 2010 10:55

      Tu le dis à ton entourage ou à Grand Mari. ;-)

    • 24 juin 2010 11:12

      ??? j’ai pas bien compris?

    • 24 juin 2010 11:17

      Tu le dis à ton entourage pour qu’il ne te rende pas responsable de tous les maux de ton mioche ou à Grand Mari pour qu’il t’aide davantage ? ;-)

    • 24 juin 2010 11:22

      GM m’aide beaucoup, aucun souci là dessus et sur le dossier Pierrafeu on se serre les coudes. En fait je parlais en général c’est toujours à la maman qu’on s’adresse : l’école, les grands-parents (enfin surtout ma belle doche)… et en réponse j’implique toujours le papa!

    • 24 juin 2010 11:25

      Oki !
      Merci pour les précisions, Sabine. ;-)
      Perso, on s’adresse plus au Légio. :-D
      Sauf la psy ! :-D :-D :-D

  6. 24 juin 2010 09:11

    Ha ha ha!! je ne m’attendais pas du tout à la chute
    mais ça soulève un point important : non, les mamans ne sont pas les seules à s’occuper-éduquer les enfants, le papa est là aussi!

    • 24 juin 2010 10:55

      C’est trop souvent oublié. Je pense qu’il y a des choses à revoir là-dessus. Le père n’est pas qu’un tiers séparateur et le représentant de l’autorité.

    • 24 juin 2010 14:29

      ici je représente aussi l’autorité : main de fer dans gant de velours ;-D
      Mais à quoi sert Mister?? allez je plaisante

    • 24 juin 2010 14:44

      Ah tiens, main de fer dans gant de velours… Ca me rappelle étrangement quelqu’un…

  7. 24 juin 2010 09:44

    De 8 à 12 ans on est peinard, wéééé !

    Alors, dans 3 ans, ce sera bon pour Mini-Monstre en Second, et 6 mois plus tard, Mini-Monstre Premier re-commencera à me faire chier… c’est rassurant, la psychologie, merci Mère Joie !

    J’ai vu aussi quelques psys pour enfants, toutes ne sont pas culpabilisantes, mais j’en ai rencontré une qui l’était à fond, je trouvais ça gonflant ! Oui, nous sommes en partie responsable, mais pas exclusivement, nous ne sommes pas TOUT l’environnement de nos enfants, et puis, je pense qu’ils ont un terrain naturel, des tendances à…
    Et puis, je te rejoins sur le fait que la construction d’une personnalité se fait à travers certaines situations pas toujours rose (cf adolescence, s’opposer pour s’affirmer)

    En tout cas, distinction intéressante entre agressivité et violence…

    • 24 juin 2010 10:58

      Heureusement que les psys ne sont pas tous culpabilisants. D’ailleurs je sais pas si j’emploierais vraiment ce mot. Disons que dans certains cas, il bosse pour l’enfant, pas pour le parent. Mais après, il y a toujours la façon de dire les choses. ;-)
      Je note que tu vas donc avoir 6 mois de paix. Quelle chance ! :-D

  8. 24 juin 2010 09:47

    Et pas que le père il y a aussi des acteurs importants frères et soeurs, grands-parents, nourrices et tutti quanti. Et tous peuvent avoir une influence à un moment particulier de l’élevage de nos mioches.
    Oups j’aurais dû dire éducation, mais parfois élever comme un jeune chiot nos rejetons ça porte ses fruits et en plus cerise dans le compotier Freud n’a rien dit d’essentiel sur l’éducation des chiens. Lacan non plus, il préférait l’origine du monde de Courbet aux peintures animalières d’Oudry une chance ! Et ça fait un bien fou de cesser de se culpabiliser sur tout.

    Oui, on fera des erreurs éducatives et alors ? L’essentiel n’est-il pas dans l’amour de ce père qui prend son fils malade dans ses bras et le rassure en lui disant “ben qu’est ce que tu as mon gros bébé”.
    C’est bon parfois de régresser quelques instants, même adulte alors à deux ans et demi.

    De plus, je crois que plus on se pose de question sur notre façon d’aimer et d’éduquer les enfants plus on se crée d’angoisses sur l’idée de mal faire voire de très mal faire et c’est anxiogène pour les enfants.
    Il faut à tout prix avoir confiance en nos capacités instinctives à élever nos enfants.

    • 24 juin 2010 11:05

      Tout à fait, l’environnement global a un impact, cela dit moindre par rapport à celui des parents.

      Enfin, Légio était là à la réunion, merde ! Mais ça m’a surtout fait marrer. ;-)

      Après, je suis complètement d’accord avec toi. L’essentiel n’est pas de forcément chercher à comprendre le comportement de son enfant mais aussi accepter qu’il agisse ainsi et bien sûr se faire confiance.
      Dans le cas du Grognard, son agressivité est gênante dans le sens où sa soeur a quand même un gros pinçon aux fesses par une morsure et qu’il peut être vraiment très agressif donc est “en souffrance” parfois.
      Or, je parvenais pas à savoir pourquoi (au niveau général “pourquoi les enfants peuvent-ils être agressifs”, pas spécialement “Qu’est-ce qui se passe avec LUI” ?).
      Après, ben je foirerai toujours (quoi qu’avec le Grognard, je foire beaucoup plus qu’avec Mle Commandante) mais ça ne me traumatise pas plus que ça. J’en ai conscience tout simplement.

    • 24 juin 2010 11:11

      Je suis tout à fait d’accord avec la dernière phrase de Mrs B et je pense que c’est là l’essentiel. On a tendance à trop s’informer à droite à gauche et à laisser de côté l’instinct. Parfois, on ne va pas faire une chose parce qu’on sent que c’est ce qu’on doit faire mais parce qu’on a lu ou entendu quelque part que c’était ce qu’il fallait faire. Sans s’en rendre compte, on va créer du stress…

    • 24 juin 2010 11:16

      Mais totalement d’acc’ avec vous les filles ! :-)
      J’en avais parlé d’ailleurs dans un article (mais je sais plus lequel).

    • 24 juin 2010 14:01

      J’illustre le propos d’une anecdote ;)

      Enfant je mordais mon frère jusqu’au sang lui laissant le croissant de ma machoire de bébé dragonne bien inscrite sur le derme. Ce dernier n’osait pas riposter, ayant sept années de plus. Bien entendu tous les adultes me disaient que je faisais mal et s’affairaient de comprendre pourquoi cette mioche était aussi agressive.
      Jusqu’au jour où excédé mon frère a mordu à son tour, après avoir braillé des heures parce que oui ça faisait très mal, je n’ai jamais recommencé.
      Oscar Wilde disait que l’expérience c’est le nom que chacun donne à ses erreurs. Expérimenter la douleur de la morsure m’ avait donné conscience de la douleur de la morsure et de mon erreur à jouer de mes crocs.

  9. 24 juin 2010 10:27

    Comme quoi parfois faut pas chercher bien loin qui boussille l’Education de nos enfants, ben le père pardis toujours avec ses bons mots et petites expressions, toujours la faute des hommes… ;)

  10. 24 juin 2010 11:09

    Mais c’est universellement connu et accepté que tout est de la faute de la Mamma ! Même le réchauffement climatique… Si, si, je t’assure. Si les gens polluent à ne plus en finir avec zéro considération écologique c’est que derrière la maman a MAL éduqué son enfant… CQFD …

    • 24 juin 2010 11:15

      En même temps, c’est vrai que pour le gaz à effet de serre, je suis un peu responsable.
      #fayots party

  11. 24 juin 2010 11:12

    Ouuuuuuuuh ça me donne des envies de billets sur les psy ça !!! J’en ai testé deux : un accro à la culpabilité (z’êtes pas sure de vous, votre enfant le sent ! z’êtes jeune donc incompétente, retournez à l’école des mères !) et une clairvoyante (le problème ne viendrait-il pas de plus loin ? pétez un coup, ça existe pas les mères parfaites !).

    Sinon, le chantage au Légio, je ne cautionne pas LMJ, mais bon… chez moi ça marche à tous les coups ;-)

  12. 24 juin 2010 11:13

    Mais Freud, il n’est pas mort? Je croyais qu’il était tendance de mettre ses théories à la poubelle :-)

    • 24 juin 2010 14:48

      Freud, de toutes les façons, ses théories ne sont pas du tout “universelles” déjà à la base, même si à mon sens tout n’est pas à jeter loin de là. Ca fonctionnait à une certaine époque et dans des cultures précises (genre occidentales au hasard).

  13. 24 juin 2010 12:03

    :-) Excellente conclusion , j’ai bien ri! c’est vrai qu’on a tellement tendance à se remettre toujours en question et à tout prendre pour nous qu’on ne cherche pas plus loin…

  14. 24 juin 2010 12:06

    Bah alors le Légio!?
    Ici pas de risques que ce soit le papa qui prenne les doudoux pour des bébés :-D
    C’est plutôt mon cas :-p
    Mais je ne veux pas qu’ils grandissent…

  15. 24 juin 2010 12:42

    Donc en gros si j’ai bien compris, si le Grognard met des coups de boule, c’est parce que son père l’appelle “mon gros bébé”? (Quelqu’un peut me dire si ça fonctionne aussi pour Zidane?)

    Sérieux, je me suis rendu compte il y a 2 ans que je criais à mon bonhomme de plus de 3 ans “bonne journée mon bébé!” quand il me faisait au revoir du balcon de la nounou, l’a fallu que je me calme, hein!

    La mienne aussi tire les couettes quand elle est pas contente. Je passe mon temps à lui répéter: je sais que tu n’es pas d’accord, chère enfant, mais la vie est mal faite, tu vas devoir apprendre à gérer tes frustrations, ma belle, et ici c’est moi le chef jusqu’à au moins ta majorité (comme ça je prends les devants pour l’adolescence, hein, jamais trop tôt pour préciser!).

    Moi ce que j’admire chez toi, sinon, c’est cette faculté et cette envie de toujours progresser dans ton rôle de mère. Du coup, tiens, nous aussi, vu que tu partages. Merci…

    (ah , et merci aussi de rappeler que le “toutes coupables”, hein, marre!)

    • 24 juin 2010 14:34

      Baby Z devient agressive ; coup de pied, coup de poing, jet de doudou sur la face de sa mère surtout quand son père sans va en mission à l’étranger
      là je morfle…
      je sais d’où ça vient, elle me dit que son père lui manque qu’elle est triste, mais est en colère contre moi… ha bon?? ben j’y suis pour rien moi si je reste!

    • 24 juin 2010 14:50

      Mentalo,
      J’adore le raccourci mais c’est pas faux ! On est surtout pas du tout cohérents le Légio et moi pour l’éducation. Et encore, ça s’est amélioré par rapport à la Fräulein !!!
      Merci pour les compléments de fin de message, ça me touche beaucoup.

    • 24 juin 2010 14:51

      MissCZ, pardon, j’ai pouffé.

    • 24 juin 2010 14:58

      :-(

    • 24 juin 2010 15:00

      C’est ta dernière phrase qui m’a fait rire (même si la situation n’est pas drôle du tout) ;-)

  16. 24 juin 2010 12:51

    Tout à fait d’accord avec VGD!!A force de s’enfiler des bouquins, de consulter, de s’introspecter..On ne fait jamais bien, jamais assez..
    Nous ne sommes pas parfaites, nos enfants ne sont pas parfaits??Tant mieux, sinon ce serai un remake permanent de “Bienvenue à Gattaca”, excellent film au demeurant!!
    Parfois l’onanisme cortical est contre productif, et je parle en connaissance de cause, l’instinct peut être aussi de bon conseil…

    • 24 juin 2010 14:53

      Je pense qu’il faut un juste milieu entre les parents qui sont sûrs de leur éducation, ne se remettent jamais en question (et là à mon avis, tôt ou tard, ça fait mal) et ceux qui doutent perpétuellement et cherchent des recettes toutes faites.
      On est toujours dans les extrêmes dans cette société…

  17. sandrine lien permanent
    24 juin 2010 12:56

    ça me fait penser à un extrait d’un sketch du regretté Pierre Desprogres.

    “Ma copine Betty Sartou, mère de famille à ses moments pas perdus pour tout le monde, a connu le malheur d’accoucher d’une espèce de surdoué qui s’appelle Grégoire, comme les moins cons des papes, mais c’est une coïncidence. A cinq ans et demi, ce monstre donnait des signes alarmants d’anormalité. Notamment, il préférait Haendel à Chantal Goya, il émettait des réserves sur la politique extérieure du Guatemala et, surtout, il savait lire malgré les techniques de pointe en vigueur à l’Éducation nationale.

    Devant ce désastre, la maman et la maîtresse d’école estimèrent d’un commun accord que Grégoire était un mauvais exemple pour ses collègues de la maternelle, et qu’il serait bienséant de le jeter prématurément dans le cours préparatoire. Oui, mais à condition, dit l’Éducation nationale, que Grégoire subisse de la part d’un psychologue, par nous choisi, les tests en vigueur en pareille occasion. Au jour dit, mon amie Betty et son super minus se présentent au cabinet du psy, en l’occurrence une jeunesse binoclée de type ” Touche pas à mon diplôme “. On prie la maman de rester dans la salle d’attente. Vingt-cinq minutes plus tard, la psychologue dont le front bouillonnant se barre d’un pli soucieux libère le gamin et accueille la mère.

    - Votre fils Grégoire peut sauter une classe. Il en a la maturité. Il a parfaitement réussi les tests de latéralisation (en gros, cela signifie que si on lui présente une cuillère, il aura tendance à l’attraper plutôt avec sa main droite qu’avec son pied gauche). Malheureusement, je ne vous cacherai pas qu’il semble souffrir de troubles affectifs probablement dus à… un mauvais climat familial. Voyez le dessin qu’il vient de réaliser. Je lui avais demandé de dessiner papa et maman. C’est assez clair, non ?

    L’enfant avait dessiné un père gigantesque, dont la silhouette occupait toute la hauteur de la page, alors que la mère lui arrivait à peine au plexus.

    - Pour moi, c’est clair, soupira la psy. Cet enfant marque une tendance à la sublimation de l’image du père, tendance subconsciemment contrecarrée par une minimisation anormale de l’image et donc du rôle de la mère dans le contexte familial. Je ne vois malheureusement pas d’autre explication.
    - Moi, j’en vois une, dit Betty. Mon mari mesure un mètre quatre-vingt-treize et moi un mètre quarante-sept. “

  18. 24 juin 2010 13:07

    Ce qui est marrant dans ton histoire (hormis la chute, drôlissime) c’est que quand même; le légionnaire était à tes côtés à cette réunion, mais que curieusement, c’est moi où la psy est partie du principe que seule toi, la mère, élevait tes gamins ?

    Ah et je rigole bien aussi quand je lis cela “En gros, un mioche, juqu’à huit ans il va faire chier. De huit à douze, il sera en phase de latence et sera impliqué dans les apprentissages (ah bon) donc y aura un moment de répit jusqu’à son adolescence.”

    Parce que le mien, il a 9 ans, et il est visiblement passé de la case chiant, à la case chiant, sans passer par “le moment de répit”

    • 24 juin 2010 13:43

      Dom, si tu veux tu me laisses un espoir, merci. Par exemple, il est très beau quand il joue au tennis le Wanou. Ca peut mener loin, si si ;-)

    • 24 juin 2010 14:55

      1. A aucun moment elle ne s’est adressée à mon mari qui était à côté de moi. Ca, c’est surprenant…

      2. J’ai pensé à toi avec le Wanou en écrivant mon article (d’où le “ah bon”). ;-)

  19. 24 juin 2010 13:11

    Ici c’est moi qui joue le role de l’ homme alors

    • 24 juin 2010 14:56

      Euh, je te rappelle que t’as un ventre en train de pousser. :-D ;-)
      Très heureuse une nouvelle fois pour toi !

  20. 24 juin 2010 19:40

    Vraiment intéressant ce billet… en plus il demande réflexion.

    Pour faire court, je pense que tout le monde a ses “problèmes”, qu’il s’agisse des parents ou des enfants. Alors ce n’est pas une raison pour ne rien faire, bien évidemment, mais il me semble difficile de ne pas transmettre à un enfant sa propre histoire psychologique. On se construit au travers de ses parents, et donc également à travers leurs pathologies.

    Chez moi, par exemple, Fils Cadet a eu des terreurs diurnes hallucinantes pendant 5-6 ans – bien sûr la psy a dit que c’était “ma faute” (je schématise) car je suis angoissée – sauf que j’ai une raison tout à fait incontestable de l’être, et c’est un leurre de penser que je puisse être différente un jour. Alors j’y travaille au quotidien, et je progresse, mais cette “angoisse” fait partie de moi, de mon histoire, et donc inévitablement de l’histoire de mes enfants (et malheureusement peut-être des leurs ?).

    Pour résumer, je pense qu’au mieux on peut légèrement modifier certains de nos comportements, mais que globalement on change assez peu.

    Quant au Grognard, vu qu’il ne se comporte pas de cette manière à l’extérieur, à mon avis ce n’est qu’une période qui va passer. En attendant, dis à Melle Commandante de mettre un slip en zinc :D

    • 24 juin 2010 20:54

      Le slip en zinc… Excellent ! :-D :-D :-D
      Je suis d’accord avec toi pour la 1ère partie de ton commentaire. Pour la 2ème, je suis nettement plus optimiste (ça demande un travail ENORME), même si plus on vieillit, plus on est résistant au changement. ;-)

  21. 24 juin 2010 19:44

    Génial retournement de situasse final, j’adore.
    Bon, ben laisse béton l’éduc du petit, c’est foutu, le père te sape tout derrière (mais au moins c’est pas ta faute).

    • 24 juin 2010 20:55

      Pour sûr ! Il fout tout le temps la merde le Légio ! Mais qu’est-ce que c’est un chouette papa… ;-)

  22. 24 juin 2010 20:05

    De toutes facons quand on part du coté psy y’a toujours un truc qu’on fait mal mais rien que le fait de le chercher tu es une suouper mother

    • 24 juin 2010 20:56

      Ah, je sais pas si je suis une souper mother. Des fois oui, des fois piètre. Mais j’essaie de progresser, avant tout pour moi déjà je crois. ;-)

  23. 25 juin 2010 15:57

    C’est vrai ça, pourquoi est-elle partie du principe que c’était la mère qui était en cause…? Pis je suis sûre que ton légionnaire n’avait rien pris pour lui, dans le layus de la psy ! :D

    • 25 juin 2010 16:09

      Mais carrément Kahlan, je crois qu’il se rend pas compte. Bon on progresse : y a des choses qu’il percute. Enfin, il change pas les bonnes mauvaises habitudes pour autant ! :-D

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