“Dossier” sur la fessée : conclusion
Suite et fin des articles “Dossier sur la fessée : présentation” , “la proposition de loi contre la fessée”, “La fessée : un abus d’autorité parentale” et “Les alternatives à la fessée”.
J’ai appris avec mon Grognard à aimer l’enfant pour ce qu’il est : un enfant. Il aura fallu que je passe par la redécouverte d’un gosse pour vraiment pouvoir mettre en œuvre mes connaissances et mon savoir-faire (que je n’avais pas encore lors de la venue de Mademoiselle Commandante) et apprécier un enfant dans son stade d’enfant. Tous les jours, j’apprends de nouvelles choses, mes questionnements et mes erreurs sont une source d’enrichissements constants. Je ne crains pas de me tromper et c’est d’ailleurs en me trompant que je peux avancer, ajuster, mûrir et être honorablement une mère parfaitement imparfaite !.
Tu as sans doute pensé que j’avais fait de belles dissertations pour prouver mon point de vue et en arriver au moment crucial où j’annoncerais « Oui, la proposition de loi contre les châtiments corporels c’est trop de la balle ! ». Je souris à pleines dents derrière mon écran.
Je n’ai pas cherché à argumenter à tout prix pour aller dans un sens (même si j’avais envie de déconstruire certaines représentations en passant par la case fessée, celle qui a le plus soulevé l’indignation et en partant du constat de la légitimation d’une pratique sans aucune vertu pédagogique et avec un symbolisme négatif fort) mais j’ai cherché justement (avec mes humbles moyens) : à comprendre, à travailler sous un certain angle (en me centrant surtout sur l’enfant – pour développer ton empathie en te prenant à partie – dans une approche systémique. J’aurais pu procéder autrement.) puis à “reconstruire”.
J’ai cherché (sur un délai très court encore une fois soit trois/quatre jours pour coller au mieux à l’actualité . J’ai commencé à publier avant même d’être allée jusqu’au bout pour une question de timing.) et je ne suis pas parvenue là où je pensais atterrir. Cela explique aussi pourquoi je ne vais pas répondre aux questions posées dans mon billet sur « la proposition de loi contre la fessée ».
D’ailleurs tu n’as pas tout à fait tort finalement : peut-être à l’annonce de la proposition de loi d’Edwige Antier étais-je soulagée que l’on pousse plus loin les droits de l’enfant parce que l’enfant de par sa fragilité doit être doublement protégé et que j’espère voir disparaître tous les principes éducatifs obsolètes, répressifs, despotiques etc. (aussi ceux laxistes mais là n’était pas le débat à la base) étant inefficaces voire contre-productifs, que ce soit en action ou en parole, quel qu’en soit le cadre (public ou privé). Tu auras deviné que le sujet me tient à cœur, d’où également la nécessité d’une prise de distance avec ce dernier et de ne pas digresser.
Je ne suis pas experte en droit et je suis bien incapable de dire, entre autres, si cette loi ne serait pas redondante avec une autre loi au contexte plus large, si une loi a pour fonction d’être symbolique, si cette loi aurait les effets escomptés, bref si la loi concernant l’interdiction des châtiments corporels se justifie ou non, sachant que dans la majeure partie des cas ces châtiments semblent relever d’une certaine conception culturelle de l’autorité, de l’éducation et de l’enfant en France.
S’attaquer à la fessée ou aux châtiments corporels, c’est extraire un seul élément de la crise de l’autorité. Et ne présenter que des répercussions psychologiques sur l’enfant, comme cela a été fait, ce n’est pas prendre en compte les causes et les conséquences des châtiments dans les relations familiales et sociales dont les adultes souffrent plus ou moins et/ou ont peur. On a dévié une question globale très importante et on en a tiré une possibilité de loi par une analyse partielle et disciplinaire de la problématique.
L’annonce de cette proposition de loi fut intéressante dans le sens où elle mit, en lumière, malgré elle, par les réactions soulevées des points primordiaux de cette problématique.
Au fur et à mesure de ma progression dans ma recherche, j’ai pleinement réalisé les paramètres dominants posant les difficultés basiques intrinsèques des relations parents/enfants, difficultés ne nécessitant pas une thérapie (à ne pas confondre avec des difficultés psychiques des parents ou de l’enfant ou encore avec la création de liens toxiques) et peut-être encore moins une loi inadaptée : une mauvaise interprétation de la fonction de l’autorité et particulièrement de l’autorité parentale, la méconnaissance du développement de l’enfant, l’absence de techniques de communication ou de formation en pédagogie ; ceci nous amenant à une forme d’irrespect probablement involontaire vis-à-vis de l’enfant. Les parents sauf grave défaillance, encore une fois, aiment leurs enfants et sont souvent persuadés d’agir dans la bonne direction. Dans la grande majorité, nous sommes des parents tout à fait « acceptables ». Alors pourquoi si nous sommes des parents « acceptables » devrions-nous remettre en cause certaines de nos pratiques dites éducatives ?
Emma m’écrivait la semaine dernière : « Je ne sais pas si je suis une bonne ou mauvaise mère. Je sais simplement que je suis la meilleure mère qu’il puisse avoir parce que je suis la sienne. ». En effet, est-ce si important d’émettre un jugement de valeur sur notre qualité de parents ?
Ne devons-nous pas nous décentrer et nous concentrer sur notre rôle avant tout ?
Le monde tel qu’il est est-il convenable et si non en quoi nous, parents, pouvons-nous avoir une marge de manœuvre pour le faire évoluer petit à petit par une éducation respectueuse, non-violente avec des limites et des repères ? Parents et enfants sont-ils satisfaits chacun de ce qu’ils vivent au quotidien ? Désirons-nous vivre en harmonie les uns avec les autres en évitant des conflits inutiles ?
Il paraît essentiel de soutenir les parents parfois paniqués par la perte de l’autorité globale (réelle et préoccupante), les parents aux théories de l’apprentissage (en éduquant, on enseigne) et schémas erronés, les parents dépassés et se sentant fautifs, voire de mettre en place des accompagnements préventifs. Pourtant il ne sera pas aisé d’amener les personnes à réfléchir sur les désagréments de leurs (futures ?) pratiques éducatives et de casser cette idée que l’on apprend à être parents, seuls, uniquement sur le terrain. Dans les structures de conseils et d’écoute, ce sont bien souvent les personnes n’en ayant pas le plus besoin qui font le déplacement… Comment les adultes vont-ils percevoir qu’être parents, éduquer, c’est un métier qui nécessiterait presque une formation ou tout au moins des échanges sans la répartie « On va pas nous dire comment éduquer nos enfants !!! » ? Par quel biais réaliseront-ils qu’il leur manque des données conceptuelles (loin de la psychologie pathologique et clinique aux solutions toutes tracées et culpabilisantes) et des techniques non pas à gober bêtement mais au contraire capables de faire croître l’esprit critique pour une éducation individualisée, de modifier l’approche de l’enfant et de la visée éducative et par là-même les relations parents/enfants ? L’instinct parental pourra permettre généralement de réagir face à son propre enfant parce qu’un parent est au coeur des situations mais pas face au statut, au développement, à la psychologie de l’enfant etc..
Comment décloisonner les autorités au profit d’une meilleure coopération entre les différents acteurs de l’éducation au sens large ou de l’enfance pour l’émergence d’une nouvelle autorité générale qui ne serait ni autoritariste ni permissive, pour une cohérence éducative et pour la résolution de problèmes éducatifs complexes autour notamment de l’axe école/maison ? C’est en partenariat que les adultes doivent travailler, mutualisant chacun leurs savoirs et leurs expériences sans se rejeter les uns sur les autres l’autorité liée à leur domaine de compétences mais sans chercher non plus à imposer l’hégémonie de leur autorité.
En te remerciant d’avoir pris le temps de supporter l’ensemble de mes articles, je t’invite à lire le magnifique, l’indispensable, le très complet livre de Véronique Guérin A quoi sert l’autorité ? S’affirmer – Respecter – Coopérer aux Editions Chronique Sociale que j’ai dévoré ce week-end et qui traite de l’autorité éducative développant chez l’enfant et l’adolescent la connaissance de lui-même, le respect d’autrui et l’aptitude à coopérer. Tu pourras y trouver notamment de réelles techniques pratiques pour prévenir les conflits, gagner en empathie etc.
POUR ALLER PLUS LOIN :
- “Dossier sur la fessée : présentation”
- “la proposition de loi contre la fessée”
- “La fessée : un abus d’autorité parentale”







J’avoue que ta série d’article m’a fait réfléchir, et un peu destabilisée. Pour moi les parents doivent faire comprendre aux enfants quand ils ne sont vraiment pas contents, qu’une action leur a vraiment déplu. Et cela passe parfois par une “bonne grosse enguelade”, avec la mise en scène qui va avec: hausser le ton, gros yeux, voire punition… Mais finalement est-ce-que là aussi on ne se rapproche pas du manque de respect? en même temps tu dis toi-même que le but n’est pas d’être des parents complètement permissifs…
Bon je vais me pencher sur le bouquin que tu nous conseilles, bonne journée!
Il est important en effet de n’être pas permissif et de rester humain (on n’est pas des machines…
).
Tu me diras ce que tu penses du livre ?
J’aurais aimé l’écrire tant j’ai une approche similaire. Il est très accessible et étayé par une belle bibliographie.
Par rapport aux sanctions (qui ne sont pas du domaine de la punition), V. Guérin en préconise 3 (pour les plus grands) avec lesquelles je suis tout à fait d’accord :
1. La frustration : Si l’enfant transgresse une règle, il perd le bénéfice que prévoyait la règle.
2. La mise à l’écart qui n’est pas d’exclure mais de permettre à l’enfant un retour sur soi.
3. La réparation.
Bonne journée à toi aussi Bachibouzette !
Très belle conclusion!
J’ai promis à mes doudoux de ne plus leur donner de fessées car je n’aime pas leur en donner…
J’ai demandé à TiBiscuit de me dire quelle était la meilleure punition pour lui et comment il me punirait s’il était mon papa … Sa réponse : Aller se calmer dans sa chambre, mais pas trop longtemps quand même.
J’adore avoir des discussions comme ça avec TiBiscuit
Tu as vu cette histoire avec la petite Tiphaine … A priori elle serait décédée suite à une punition qui serait aller trop loin… c’est moche. Elle serait tombée dans les escaliers puis dans la baignoire… j’en ai le sang glacé!
Ta démarche avec TiBiscuit est très intéressante.
Non, je n’ai pas vu l’histoire dont tu parles : les enfants qui décèdent de mauvais traitements, c’est vraiment la chose qui me bouleverse le plus au monde. Cette petite vie qui n’a connu que souffrance et qui n’aura jamais la possibilité de se reconstruire (car tout n’est pas fini pour les enfants vivant des choses très dures : que ce soit la guerre, l’abandon, la maltraitance), je n’arrive pas à y mettre du sens…
J’ai tout lu, avec attention et plaisir !
Tu m’as aidé à me questionner sur le sujet, et je suis bien contente que tu ne donnes pas ton opinion, ferme et tranchée, à la fin. De toute façon, ça aurait finalement été un peu hors de propos.
Je suis contente Kahlan : questionner, c’était le but. Me questionner moi-même et questionner les autres par la même occasion.
Je me suis fait la même remarque que toi concernant le “hors de propos”. Ca m’a paru au fur et à mesure une évidence. Et je n’ai pas de réponse.
Vaste sujet auquel tu auras apporté des éclairages intéressants. Pour moi, l’heure n’est plus à la fessée, (et ne l’a jamais été) mes enfants trempent dans la pré-adolescence et les moyens pour exprimer ma désapprobation sont souvent très “touchy”, à cette période ou la rébellion et l’opposition devient leur mode d’expression principale !
Des fois je te cache pas, qu’une bonne fessée…
Ah ben on en est tous à avoir envie parfois de scotcher les mioches contre le mur !
Moi ce que j’adore chez toi, c’est que tu ne crains jamais de perdre la face en disant “je me suis emportée et je n’aurais pas dû”, ou “je me suis trompée” ou “j’avais cru que, mais finalement non”, ou “mon avis n’a pas radicalement changé, mais évolué”, et que du coup, nous aussi nous grandissons avec toi, grâce au débat, aux questions soulevées, même si elles n’ont pas de réponses évidentes.
Moi ce débat m’est revenu en mémoire ces derniers jours à chaque fois que je me sentais agacée par mes enfants, et rien que le temps d’y penser 10 secondes, ça permet de calmer le jeu.
Se mettre à la place de l’enfant 10 secondes aussi, aide beaucoup à se calmer. Se demander ce qu’il ressent, ce qu’on ressentirait en étant à sa place juste à cet instant. Si l’on me disait “Tais-toi donc!” ou “Arrête de pleurer!” ou “Va dans ta chambre!”, je crois que je n’apprécierais pas non plus… du coup, je ne dis pas que je ne le fais pas, j’essaie juste de ne pas oublier que ce sont des enfants et que moi j’ai un tampon à émotions en principe bien plus développé que le leur pour encaisser… Se demander quelle image il gardera de nous (une furie énervée? oh non quelle horreur!) plus tard dans ses souvenirs, ça calme tout de suite.
Chaque jour sur le métier remettez votre ouvrage… Nous apprenons d’eux sur nous-mêmes autant que la réciproque!
Merci beaucoup Roxane.
J’ai envie de reprendre tout ton commentaire en réponse tant il est juste.
L’empathie, c’est vraiment une clef des relations humaines et la base “Je ne fais pas aux autres – ou du moins j’essaie (car je suis humaine) – ce que je n’aimerais pas que l’on me fasse” est essentielle.
Finalement c’est à se demander si c’est nous qui les élevons ou l’inverse (élever au sens de grandir l’âme, prendre de la hauteur), très certainement les deux à mon avis!
Les deux, exactement. J’adore la vie ! C’est merveilleux d’apprendre chaque jour sur soi et autrui (qu’il soit grand ou petit
) !
Bonjour Mère Joie,
Qu’il est bon de s’interroger, de se remettre en perspective de faire du doute un moteur d’amélioration..Merci à toi pour ces écrits qui viennent nourrir une introspection nécessaire!!
Sinon, plus légèrement (oui j’ai balancé tous les jolis mots que je connais dans l’intro!!), je pense qu’il est fondamental de reconnaître quand nos enfants font quelque chose de bien ( je suis enfonceuse de portes ouvertes irl!!!).
Alors je tiens ( et cela ne manquera pas de résonner en toi!!) à adresser un grand merci à mes deux grandes pour avoir porté leur masque toute une semaine pour protéger leur petite soeur , leurs potes…
Sympa les filles, maintenant je peux vous le dire c’était pas la grippe A, c’était juste une rhino, non j’déconne, faites pas la gueule quoi ,c’est pour rire, bon ça suffit maintenant j’vais vous en coller une!!!
A très bientôt at au plaisir de te lire!!!
Je suis énormément également pour la valorisation qui va permettre une meilleure motivation !
Je suis morte de rire avec la fin de ton commentaire.
pas le temps d’en dire plus, mais merci pour cet excellent dossier !
Merci à toi. Quand tu auras plus de temps, n’hésite pas à repasser.
Bravo pour tout ce dossier. Effectivement j’aime bien que tu ne donnes pas un avis tranché.
Je repense à ça (à propos du respect de l’enfant), l’autre fois j’étais aux toilettes d’un cinéma et y’avait une mère et sa fille qui se lavaient les mains, et la mère traitait sa fille de “stupide” (avec un ton vraiment méchant) parce qu’elle ne se lavait pas les mains comme elle. Je me suis mordue les lèvres pour ne pas intervenir (je me suis dit que le fait d’intervenir transformerait peut-être encore plus l’évènement en traumatisme). Comment peut-on arriver à un tel niveau d’énervement qu’on se met à parler ainsi à sa gamine ?!
Franchement, j’attends la maternité avec de plus en plus d’impatience, je crois que ça m’apprendra beaucoup sur la vie…
Ce que tu décris est hélas très courant, Coq. On juge l’enfant avec des mots durs et sans appel et on ne traite pas le comportement.
).
La maternité oui peut t’ouvrir vraiment un pan sur toi-même et les autres (je dois me répéter
Moi, ce que j’ai aimé, c’était les questions posées… et tout l’article sur ce que la fessée n’apporte pas/ ne solutionne pas.
Avant, je crois que je ne me posais pas de question particulière, j’avais été éduquée d’une façon qui ne m’avait pas (trop) perturbée, et que je reproduisais vaguement, sans franchement me demander ni pourquoi ni comment… un peu tiraillée tout de même entre la “sévérité” de mes parents et le “laxisme” de mes beaux-parents (entre guillemets, parce que tout jugement est fonction de celui qui le porte).
Et puis il y a eu la proposition de loi, tout un foin dessus, et le chapitre “La fessée : un abus d’autorité parentale” de la Mère Joie. Et là, ça a mis des mots et des images sur ce qui était vague et refoulé. Et je me suis rendue compte que c’était ça qui couvait en moi, ce que j’avais envie de faire (sans m’en donner vraiment les moyens, à part lire les blogs et articles anti-fessée, ce qui a au moins préparé le terrain) et ce que je me reprochais (fond de culpabilité pas très agréable, mais pas très analysé). Il y a eu un déclic, un genre de conditionnement mental, je-ne-veux-plus-taper/crier-sur-mes-enfants (j’utilise “taper/crier” à dessein, au lieu de “donner la fessée”, pour inclure les gifles, les tapettes sur la main et aussi les crises d’énervement parental). Et c’est fou de voir que depuis, le fait d’avoir ça d’écrit en soi, ça donne la force de ne plus y penser comme alternative valable dans les cas extrêmes – ce qui était le cas avant, ça restait exceptionnel, mais c’était là, et si fessée non donnée, au moins promise/menacée…(un peu comme un “commandement” de ce qui n’est pas bien, et qu’on sait depuis toujours ou presque, genre (en exagérant) ne pas voler, ne pas tuer, etc…). Je me rends compte que les situations sont les mêmes qu’avant (3 enfants vivants, donc turbulents) , le contexte aussi (maman qui travaille et rendre crevée du boulot), mais les réactions radicalement différentes : dans toutes les situations à crise qui se sont produites depuis ce fameux article/déclic, il n’y en a pas une que je n’ai su résoudre avec les enfants sans taper ni crier.
Et j’en suis particulièrement fière. Parce que c’était ça que je voulais au fond, supprimer ces comportements pas top. Et j’aurais tendance à dire que la meilleure alternative au châtiment corporel, c’est d’abord de savoir au fond de soi que ce n’est pas une solution valable, pas plus que voler ou tuer, et après, on est suffisamment imaginatif pour (finir par) trouver quelque chose.
Je tiens à te remercier du fond du coeur pour ton témoignage, Lola.
Déplacer son point de vue ou changer d’angle, être persuadé qu’il y a d’autres façons de faire et que l’on doit cesser des pratiques contre-productives, ne pas culpabiliser mais être dans l’introspection : voici en effet ce qui peut nous permettre d’accéder à des rapports sereins avec nos enfants (et avec les autres en général).
C’est vraiment magnifique tout ce cheminement et de te sentir apaisée et fière. Car oui, on est fiers quand on parvient à prévenir ou à gérer des conflits ! Et oui, on a raison d’en être fiers ! Pour soi. Pas par rapport aux autres. Parce que l’on s’est dépassés.
Ca demande une vigilance constante parce que très vite, on se retrouve pris dans une sorte de pièce sans issue. Les issues sont là mais on ne les voit pas tant on perd son temps à se cogner la tête contre les murs et à se faire mal. A tout changement (que l’on n’avait pas prévu), il faut retrouver un équilibre et c’est très difficile. Ce qu’on croyait acquis est à réviser. Avec l’humain, il faut toujours s’adapter, se renouveler. Rien n’est jamais joué. Et quelque part, c’est passionnant.
Vraiment, j’ai encore envie de te remercier parce que ce que tu écris, c’est beaucoup de bonheur pour moi. Quand j’habitais Paris, j’aimais bien faire une chose dans le métro : observer les gens et me nourrir des gens heureux, de ce qu’ils dégageaient. Et je crois que c’est toujours valable.
hihihi je suis dans l’article de la mère joie euh! pardon pour ce moment de joie extatique! j’avoue que ce soir je n’ai pas le temps de tout lire, mais j’envoie ton texte au boulot. bonjour chez vous !
Tu sais ce qui t’attend, toi ?! Pam pam pam !!!
J’aime beaucoup les solutions proposées, et je me rend compte qu’il existe des ouvrages sur la question qui existent et je suis sérieusement en retard de lecture. Non pas que j’ai besoin d’un guide spirituel, je pense avoir assez confiance en mes capacités de jugement, mais j’aime beaucoup avoir différents points de vue afin d’affiner le mien.
Je pratique, même sur mouflé de 9 mois, une solution qui désamorce toutes les crises : je pose des mots sur ses états d’âmes/ Et bien ça marche super.
Tous les enfants font des colères, dans mon temps on se prenait une tartine suivi d’un “tiens au moins comme ça tu sais pourquoi tu pleures !” ou bien “pleures, tu pissera moins”
Pour ma part, je préfère me mettre à la hauteur de l’enfant, le regarder dans les yeux et lui dire “oui, tu as le droit d’être en colère, moi aussi ça m’arrive d’être en colère” “oui je comprends que tu sois frustré parce que je t’interdis de te mettre debout dans la baignoire”
C’est normal, nos tous petits sont submergés par ces sentiments nouveaux qu’ils expérimentent chaque jour et mettre des mots sur ces sentiments est généralement souverain.
Allez salut, je file au boulot, je suis en retard de 4 minutes. bisousbécots
V. Guérin met également beaucoup en pratique l’émergence des émotions. C’est intéressant pour les conflits avec les enfants mais aussi avec les adultes.
Ce qui est bien dans ce livre, c’est qu’il n’est pas ciblé que sur une approche disciplinaire et il n’est pas dans le jugement.
Pour aller plus loin en techniques de comm’ : “L’analyse transactionnelle” et la “PNL”, entre autres, sont de bonnes pistes. Attention cependant, cela n’a rien de scientifique et pour la PNL, il y a parfois à en prendre et à en laisser.
Depuis que cette proposition de loi a été mise sur la table, elle aura au moins eu l’effet de me faire réfléchir (même si je reste convaincue qu’elle n’a pas à être votée).
Tes articles aussi, notamment sur les autres possibilités qui nous sont offertes en tant que parents.
J’avoue me pencher sur l’éducation positive avec intérêt, même si ce n’est pas simple tous les jours, que faire par exemple avec un enfant qui oublie systématiquement à l’école les cahiers et livres lui permettant de faire ses devoirs à la maison.
Le punir ? Le faire réfléchir ? Le gronder ? ou lui proposer une carotte en échange de ?
Pas évident.
Ce que j’en retiens surtout c’est effectivement la phrase d’une d’Emma, car oui, être mère c’est juste être mère, et ça s’apprend sur le tas, y compris de ses erreurs.
Vois si tu peux commander le livre que j’ai conseillé, Dom. Je le trouve précieux.
J’ai beaucoup aimé la phrase de EmmA et je l’ai reprise après acceptation.
Alors, dernier article, j’imprime le reste et je reviens (enfin, si j’en réchappe)
Ah oui, reviens !
Bonsoir,
Désolée de ne pas avoir été au RDV hier mais ma cousine venant d’arriver de Madagascar, on a bavardé, bavardé…
Merci beaucoup pour ta conclusion : tu as fait un très bon dossier sur nous parents et comment nous comporter avec nos enfants…si je puis résumer ainsi
J’ajouterai juste, mais je crois que tu l’as déjà exprimé en d’autres termes, notamment en citant Emma : soyons parents comme nous le sentons…
Merci à toi. J’avais hâte de te lire.
C’est tout pour ce soir. Je repasserai peut-être demain.
Ici à Dakar, tu trouves facilement Closer et Mary Higgins clarck, pour le reste…
C’est déjà ça !
Bon, j’arrête de déconner. Ca revient cher les frais d’envoi ?
Bonsoir Mère Joie,
Rythme inhabituel oblige, je ne prends le temps de poster un commentaire que maintenant.
Jamais je n’aurai pensé être une bonne mère et surtout jamais je n’aurai imaginé que devenir mère me ferai devenir une meilleure personne.
Je viens pas pour me lancer des fleurs, je partage juste mon étonnement et la joie que je ressens, parce que franchement j’ai passé plus de 20 ans à pas vouloir d’enfant et à penser que je serai la pire chose qu’il pourrait leur arriver.
Et puis j’ai découvert des choses un peu hors des sentiers battus et je me suis offert des livres. Tout ce que j’ai pu lire, de bon et de mauvais, pour me faire une opinion sur l’éducation, m’a permis d’ouvrir mes yeux sur mon rôle de parent mais aussi de débloquer de choses inattendues sur ma personne.
Rien que Filliozat avec Au coeur des émotions de l’enfant et Gordon avec Parents efficaces je les ai lu non pas en me disant “mais c’est une révélation” mais plutôt comme “ça parait tellement sensé, pourquoi est-ce que ce n’est pas la norme ?” (d’ailleurs, si tu as lu Gordon, est-ce Véronique Guérin risque de me donner un air de déjà vu ou bien leurs visions se complètent ?).
Au point que ce sont des bouquins que j’aimerais offrir à toutes mes copines, mamans ou en devenir.
Mais comment faire sans qu’elles le prennent mal, sans qu’elles se sentent remises en question, jugées. Ai-je le droit de m’en mêler ? C’est tellement personnel après tout…
On en revient un peu au début : loi, amie, ou sœur, c’est toujours très délicat de donner, sans qu’on nous demande rien, des recommandations sur l’éducation des enfants, la gestion du couple, le numéro de téléphone d’un thérapeute…
Bonjour Stéphanie,
Je n’ai pas lu celui-ci de Gordon mais je connais sa méthode en communication. Il est fortement possible qu’il y ait des similitudes (Gordon fait partie de la bibliographie utilisée par V. Guérin). Là V. Guérin se concentre surtout sur l’autorité (c’est pour ça que j’ai emprunté le bouquin d’ailleurs parmi 3 autres sur l’autorité en général) donc je pense que c’est très complémentaire.
Par rapport à tes dernières interrogations, je pense que l’on peut parfois intervenir mais tout dépend quand, comment, avec qui… Oui, c’est très délicat. Et je pense qu’une augmentation des structures avec des réunions de parents ou des cercles de paroles (comme le préconise V. Guérin et que je vais utiliser davantage dans mon job) serait très bénéfique car il y aurait un cadre assuré par des professionnels.
???
Le truc fou je trouve c’est que JAMAIS avant d’avoir des enfants on ne réalise qu’on aura réellement envie de les attacher au radiateurs brûlants ! je ne savais même pas que ce genre “d’envie” pourrait me venir !
C’est le sempiternel étau : eux, nous, les autres, comment on respire les uns à côtés des autres sans se bouffer l’oxygène !
Et justement, le premier enfant, on se prend tellement un miroir de nous-même, il y a un tel mimétisme de nos enfants sur nos attitudes et nos comportements (1er axe d’apprentissage quand même), ça nous met une telle pression que l’on glisse, on dérape et badaboum pour tout le monde. Parce qu’on est tous malheureux de ne pas arriver à garder nos nerfs en laisse… Mais justement, nous ne sommes pas des chiens et nos enfants non plus !
Putain qu’c'est dur d’être parent et d’être enfant…. C’est le plus gros job, on apprend en même temps qu’eux !
Ca fait du bien ce sujet parce qu’on se recentre sur l’essentiel : nos bien-êtres à tous et à chacun…. Haa, comme j’aime mes mouflets !
Et, j’adOOOoore ton blog (on peut se tutoyer n’est-ce pas ?)
Hip hip hip, houra pour la mère joie !
Bisous
Fanny