Sauter au contenu

La fessée : un abus d’autorité parentale

23 novembre 2009

La fessée : un abus d’autorité parentale (causes, conséquences et perspectives)

Suite des articles “Dossier sur la fessée : présentation” et “la proposition de loi contre la fessée”

En aucun cas ma position engagée ne se veut culpabilisante vis-à-vis des parents administrant des fessées (je sais le sujet très délicat, je sais que ça peut remuer, je ne sais pas si j’ai raison de remuer, non vraiment je ne sais pas) et en aucun cas je ne remets en cause l’éducation globale donnée par ces mêmes parents. Comme toi, je fais ce que je peux avec mes morveux (mon Grognard, si je poursuis mon laxisme sur sa nourriture, il va devenir boulimique – oui, j’exagère un peu – donc j’ai décidé de me bouger pour ne pas lui porter préjudice), comme tous les parents du monde, je manque parfois de respect à mes enfants en criant par exemple, je manque d’empathie également et s’il y a des failles, des manques, c’est pas grave. L’enfant se construit aussi dessus. Le but n’est pas de nous mettre une couronne d’épines sur la tête en expiant nos fautes mais de prendre conscience des raisons de nos actions et de voir comment nous pouvons tenter de vivre plus sereinement avec nos enfants (pour eux comme pour nous).

Je considère l’acte de la fessée comme un échec éducatif et non comme un acte mettant toute une éducation en péril. Grosse nuance ! Mais je le considère nullement comme anodin et il renvoie à pas mal de contradictions.

Cet article est très incomplet dans son approche centrée volontairement sur l’enfant (un article, qui plus est, écrit avec le temps que je pouvais me permettre de lui consacrer et j’aurais pu choisir un autre angle), mériterait d’être développé sur certains aspects, en précise d’autres peut-être trop. Il prend partie après un travail de mûre réflexion entamé il y a plusieurs mois. Il s’inscrit ici et maintenant.

Il n’a pas la prétention de dévoiler LA vérité (les sciences sociales ne sont pas des sciences exactes d’où les polémiques) et je ne suis ni psychologue, ni sociologue, ni pédiatre etc. ; il se veut partage d’un cheminement plus ou moins éclairé par des connaissances et l’analyse de mes erreurs (mon expérience pourra faire l’objet d’un article supplémentaire si tu le souhaites). Je précise que je n’ai lu aucun ouvrage relatif à la fessée.

Je me positionne clairement contre la fessée.

Soyons claires, je ne vois aucun effet constructif dans la fessée (qui a le même symbolisme que tout châtiment corporel : manque de respect à l’enfant, violence etc.) et je condamne l’acte. Je rappelle que selon la Commission des Nations Unies sur les droits de l’enfant, la définition du châtiment corporel est  : « tout châtiment impliquant l’usage de la force physique et visant à infliger un certain degré de douleur ou de désagrément, aussi léger soit-il ». J’accepte uniquement en cas de force majeure une violence corporelle (exemple : claque avec effet douche froide) en tant qu’acte de protection dans l’urgence sur un enfant qu’on ne pourrait maîtriser en le maintenant, apparenté à une défense comme il pourrait arriver d’en venir là avec un adulte pour le protéger d’un grave danger.

Je fais toutefois la différence entre administrer une fessée sous le coup de l’épuisement, de la colère, de l’incompréhension, de la gêne face au regard des autres, de la sensation d’être dans une impasse, voire de la peur et légitimer la fessée comme un principe éducatif valable et /ou habituel.

Je comprends (je ne condamne ni la personne ni les motivations l’ayant poussée mais l’agissement-même) la fessée « perte de contrôle » quand elle reste exceptionnelle et ne devient pas une façon constante de communiquer avec son enfant ou de se défouler dessus. Je ne la cautionne pas et elle m’interroge.

Approuverais-tu de te prendre une claque par ton mari (la fessée peut-être ?) parce que pour lui les limites ont été dépassées et qu’il n’a pas pu se retenir ? Dérangeant ? Pas dérangeant ?

A-t-on le droit de taper dans l’émotion ? Pourquoi aurait-on plus le droit avec un enfant qu’avec un adulte ? Pourquoi parvient-on à se contrôler avec quelqu’un qu’on voudrait frapper et pas avec l’enfant que l’on aime ? Parce que c’est interdit par la loi ? Parce que l’enfant va difficilement pouvoir la rendre et va la fermer ? Parce qu’il est notre “possession” ?

Je vais par conséquent m’attarder davantage sur la deuxième sorte de fessée, sanction punissant une faute, parfois de façon arbitraire (peut dépendre de l’humeur du parent), en tant que principe éducatif et analyser ce à quoi ce dernier renvoie dans l’absolu.

Tout d’abord, je vais relativiser l’impact traumatisant psychologiquement que peut avoir la fessée sur un enfant du fait qu’elle est inscrite culturellement en France et acceptée. L’enfant n’est pas marginalisé. C’est une punition intégrée, reconnue par la majorité et bien qu’il s’agisse d’un geste de violence, ses effets ne seront pas forcément si agressifs pour l’enfant, selon le contexte dans lequel elle est donnée et expliquée.

On ne peut préjuger que la pratique de la fessée va en faire un enfant malheureux ou un adulte déséquilibré (comme tous les enfants maltraités – exemple pourtant extrême – ne deviennent pas tous violents ou déséquilibrés, même si la maltraitance est un facteur lui majeur dans la détresse psychologique et passe souvent par une reconstruction).

De plus, si la punition paraît juste et légitime à l’enfant (non aux parents), il y a peu de risque qu’il s’offusque de recevoir une fessée (en revanche il la redoute) alors qu’il sait avoir commis un acte répréhensible méritant une sanction. S’il est vraiment en âge de comprendre la nature de ses actes évidemment…

Comment se fait-il si c’est si mauvais ou cause de souffrance selon les déclarations des psychologues qu’une fois adultes des enfants fessés ne se rebelleraient pas contre cette pratique établie ?

L’enfant a pu lui aussi intérioriser la fessée comme une pratique pédagogique normale, comme les enfants autrefois avaient intériorisé les coups de règle sur les doigts – ca faisait mal mais on les croyait justifiés, comme, dans un registre différent, les femmes en Chine intériorisent culturellement que la fillette, pourtant du même sexe qu’elles, est un fardeau. Et pour l’enfant devenu adulte, ça pourrait (je fais une hypothèse) être trop éprouvant de remettre en cause les pratiques de ses parents ou parce que des choses se jouent vis-à-vis du passé (« mon éducation, c’est ma base alors comment ne pas transmettre à mon tour mon fondement ? C’est ce qui m’a construit malgré tout, puis-je aller à l’encontre de ce qui m’a construit ? Je m’en sors bien dans la vie, c’est donc que cette méthode est efficace !») et ne peut admettre qu’il aurait pu encore mieux se construire avec d’autres pratiques.

Mais, je ne peux le quantifier, il semblerait que des personnes regrettent avoir été fessés alors que, extrêmement rares, sont celles regrettant de ne pas l’avoir été.

Cette relativisation ne signifie pas que l’acte est louable (comme pour les coups de règle sur les doigts) et qu’il n’est pas humiliant (comme le bonnet d’âne qui ne faisait pas mal physiquement tel la tape sur la couche), en portant sur l’intégrité physique et de plus sur une zone érotique, érogène, zone de pudeur que l’on cache (limite, je préfère la bonne vieille tarte dans la gueule mais elle laisse des traces visibles celle-là, c’est embêtant…).

Et que penser du petit qui se prend une fessée simplement parce qu’il est tombé et a risqué d’abîmer son pantalon, qui reçoit des fessées pour un oui ou pour un non ? Si rare que ça ? Vraiment ???

Que penser de l’enfant fessé par plusieurs tapes, cul nul, sur les genoux ou devant témoins ? N’est-ce pas très humiliant ?

Devrait-on mettre ces fessées dans une catégorie à part ? Faut-il distinguer la fessée pas trop méchante et la fessée récurrente, particulièrement violente ? Comment nommer l’une et l’autre ? (NDLR : Je reviendrai plus amplement sur ces points dans ma dernière partie.)

J’ai le souvenir épouvantable de ma maîtresse de CE1 qui tapait ainsi les élèves (sur ses genoux et cul nul). Cela ne se rapprochait-il pas un peu d’une attitude sadique ? J’avais envie de vomir par rapport à l’humiliation subie par mes camarades et j’avais une peur bleue de ce châtiment. Je craignais ma maîtresse et je la détestais. Et je ne peux qu’être bouleversée, agressée à la vue de cet enfant qu’on soulève avec virulence et sur lequel on lève la main (même une simple tape sur les fesses) dans un supermarché.

L’enfant ne pourrait comprendre que par la fessée (c’est vrai, il serait un peu con…) et d’un autre côté on lui demanderait d’avoir des réactions d’adulte parce qu’il pourrait comprendre comme lui ? N’y-aurait-il pas paradoxe et / ou méconnaissance de la psychologie et du développement de l’enfant ?

Alors, pourquoi La Mère Joie, elle dit non à la fessée ?

Je pense comme Edwige Antier que ça banalise la violence. Or, n’est-on pas dans le souhait d’un monde plus pacifiste, dans la préoccupation justement d’un monde trop violent ?

L’éducation consiste à enseigner les usages de la société, les bonnes manières, à développer le sens moral, à élever l’enfant non à le rabaisser. Les bonnes manières sont-elles de lever la main ???

Et je rejoins Olivier Maurel quand il écrit que la fessée relève de plusieurs incohérences entre notre discours dont le respect d’autrui et nos actes : Fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais ; on peut s’en prendre à plus petit que soi, fais aux autres ce que tu n’aimes pas que l’on te fasse.

La fessée serait pour le bien de l’enfant, pour lui apprendre.

Toi, tu penserais quoi si ton médecin te donnait une fessée parce que t’as le cancer du poumon et que tu fumes encore ? Pourtant, ce serait pour ton bien, pour que tu comprennes ce qui est mauvais… L’enfer est pavé de bonnes intentions !

Et je crois surtout que la fessée est un abus d’autorité parentale contraire au respect de l’enfant, relatif à une forme de « chosification » (d’ailleurs 52 % des parents ne veulent plus qu’une autre personne corrige leurs enfants mais souhaitent le faire eux comme s’ils étaient propriétaires d’un bien ou d’un animal) et lié à une approche non globale ou non systémique des phénomènes humains, un manque aussi d’empathie par rapport à l’enfant (objectivation encore de l’être vulnérable et immature) dans une société subissant une crise de l’autorité et en mutation.

L’enfant ne serait-il pas l’ultime être humain que l’on peut brutaliser en toute impunité sous couvert d’éducation comme le foot est le dernier refuge pour l’expression du nationalisme ? Je propose d’offrir un enfant à Noël aux caractériels et nerveux pour se défouler !

(NDLR : Tape pas tout de suite sur mon popotin à la peau d’orange, lis la suite !)

L’enfant est un adulte en devenir et on souhaite qu’il soit déjà adulte, avec une contradiction (c’est un organisme qui ne peut pas comprendre et un adulte). C’est un enfant. En aucun cas il ne doit être traité en adulte. Mais il doit être traité avec le même respect que l’on confère aux adultes. L’enfant n’est pas un être inférieur à l’adulte. Il est différent. Il est moins expérimenté, il répond à des critères propres à son stade d’enfant et il est unique en tant que personne humaine. L’enfant ne nous appartient pas ; on en est responsables.

Qu’est-ce que l’autorité ?

Selon le Larousse l’autorité signifie le droit, le pouvoir de commander, de prendre des décisions, de se faire obéir.

Je complèterai en indiquant qu’une autorité compétente n’est pas une monarchie absolue, une dictature où il n’y a pas de consultation entre les parties et qu’elle ne s’exerce pas sous la contrainte ou la violence ; ce qui engendre soit la crainte, soit le mépris, soit la rébellion mais certainement pas le respect de ceux sous une telle autorité. Elle permet, pour moi, de trancher en dernier recours.

Tu penserais quoi si ton patron qui a autorité sur toi (une autorité hiérarchique) te claquait le cucul parce que t’arrives tous les jours en retard ? Et pourtant tu connais bien la règle… L’enfant (pas l’ado mais je suis pas sûre que l’on mette autant de fessées aux ados…), lui, a besoin qu’on la lui rappelle régulièrement (il teste mais ne le fait pas exprès pour te faire bisquer, toi, Rolande, 28 ans, née à Melun) pour vérifier la stabilité du monde qui l’entoure et de ses repères naissants.

Il est particulièrement difficile d’être parents pour différentes raisons culturelles, familiales, affectives etc. nous influençant inconsciemment (liste non exhaustive et dans le désordre) et d’exercer aujourd’hui convenablement notre autorité parentale.

- On peut faire des enfants, aimer sa descendance et ne pas aimer les enfants dans leur stade d’enfant, détester leurs cris d’enfant, leurs comportements d’enfant. On peut être plus ou moins patients, avoir plus ou moins de qualités nécessaires pour supporter les enfants. Je rassure, ça se travaille. Mais il y a par exemple des vieillards insupportables très difficiles à gérer et nous ne tolérerions pas la fessée à leur égard. Alors encore une fois, pourquoi la tolérerions-nous chez l’enfant ? N’est-ce pas parce qu’on estime qu’ils nous doivent le respect mais que la réciproque n’est pas tout à fait vraie ???

- Le passé remonte à la surface (propres relations avec ses parents, propre enfance) et parasite parfois les relations.

- Il y a un développement du mythe (ridicule) du parent parfait assurant le bonheur et l’équilibre total de son enfant qui met la pression.

- Le schéma familial et les rôles traditionnels du père et de la mère se sont modifiés : il n’y a plus de structure ferme et chacun (père, mère, beaux-parents) doit trouver sa place. On peut être parent à mi-temps et en conflit avec son ex-conjoint sur l’éducation des enfants. Les grands-parents ne sont plus aussi présents physiquement qu’autrefois. Etc.

- L’éducation du père et l’éducation de la mère peuvent être incohérents entre eux ou l’enfant être un enjeu du couple.

- On a créé « un monde des enfants » au lieu « d’un monde de l’enfance » où l’enfant roi est livré à ses pulsions, en particulier dans une société individualiste et de consommation dont l’enfant est devenu une cible (par la publicité par exemple) et l’enfant, sollicité de toutes parts, qui a moins de capacité qu’un adulte pour se contrôler est en contradiction avec son image toute-puissante renvoyée par cette société et les limites que tentent de lui imposer ses parents, eux-mêmes parfois s’inventant des besoins causés par cette société de consommation.

- Il y a de moins en moins de différences entre les générations (exemple : la mère qui s’habille comme sa fille), on ne sait plus qui est l’enfant de qui.

- On ne partage plus la mission éducative avec un ensemble de partenaires : les grands parents, l’école etc. Les institutions ont justement perdu leur autorité légitime dans leur domaine, notamment au profit de la suprématie de l’autorité parentale.

- L’autorité est mise à mal par les adultes et on demande aux enfants de se plier à l’autorité quand les adultes ne la respectent plus entre eux, quand ils voient leurs parents dans l’irrespect ou leurs parents ne pas être respectés. Je crois que mépriser les diverses autorités devant son enfant a des effets pervers. Comment l’enfant pourrait-il respecter l’autorité quand l’adulte ne la respecte pas lui-même ?

- L’environnement social, le climat familial dans lequel on vit peut avoir un impact négatif sur le comportement de l’enfant.

- Il y a de moins en moins de temps communs, avec une fonction de liant, comme par exemple lors des repas.

- Les parents ont des contraintes (et des soucis !) peu conciliables avec le rythme ou les besoins des enfants. Dans ce cas, on a tendance à privilégier les intérêts des adultes.

- On craint que notre enfant ne nous respecte pas dans une société en perte de valeurs traditionnelles et on redoute le laxisme.

Dans notre monde actuel, les rituels sont en évolution, les rôles ont changé, il faut inventer de nouveaux repères éducatifs, on entend des messages contradictoires de la part de professionnels ou ils sont mal interprétés par une vulgarisation excessive, on ne sait plus trop parfois comment agir. Alors, on se rattache aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait la preuve de leur efficacité, mélangeant les effets sur le court et le long terme, l’éducation et le dressage (n’avons-nous jamais entendu « Je l’ai bien dressé ! » le plus sincèrement du monde à la place de « Je l’ai bien élevé. ») et en tirant des raccourcis « une cause => une conséquence », « une action => une réaction » (si ça fonctionnait si bien, l’enfant ne recommencerait pas ; or il recommence). Ou on démissionne… Le juste milieu n’existerait-il pas ? Est-ce également vraiment de la faute de l’enfant s’il ne respecte plus ?

Si l’on souhaite que nos enfants aient des valeurs, alors la société dans son ensemble doit être cohérente dans sa démarche. Et pour nous parents (qui devons faire avec cette société), si nous demandons à notre enfant de dire « sil-te-plaît », nous devons arrêter de lui aboyer des ordres. L’adulte est plus responsable que l’enfant : il ne va pas jouer à « C’est lui qui a commencé à m’embêter ! ». Si nous lui demandons de ne pas être violent, alors ne soyons pas violents avec lui. Si nous voulons qu’il nous respecte, commençons par le respecter ! Considérons ses fautes comme des erreurs, un apprentissage comme nous le faisons pour nous-mêmes ! Ce n’est ni faire un enfant roi ni perdre son autorité que de le respecter tout en définissant les règles conjointement quand cela ne remet pas en cause celles de la vie commune, nos valeurs et assure la protection de l’enfant.

Il y a un leurre qui consiste à penser éduquer ses enfants de la même façon et à croire que seul le caractère d’un enfant l’amène à des conduites désagréables.

On peut essayer de leur transmettre les mêmes valeurs et d’appliquer les mêmes principes éducatifs mais il est impossible de les éduquer pareillement (liste non exhaustive et dans le désordre) :

- L’enfant est sexué. Complexe d’Œdipe, d’Electre ; représentations sur les sexes etc. viendront perturber nos tentatives d’équité éducative entre nos enfants de sexe différent.

- L’enfant a son caractère et son fonctionnement psychologique propre tout comme chaque parent et qui interagissent dans une relation affective. Les parents sont contraints de s’adapter à chacun de leurs enfants et à leur environnement pour mener à bien leur mission éducative. Chaque enfant a des manières de réagir qui lui sont personnelles. Elles peuvent être relatives :

* Au fonctionnement généré par son développement, sachant que ce fonctionnement permet simplement des repères qui doivent être souples. Par exemple : tous les enfants ne feront pas leur période d’opposition à deux ans piles et ne la vivront pas avec la même intensité.

* Aux méthodes éducatives employées par les parents. Une méthode conviendra à l’un mais pas à l’autre.

* Aux mœurs de l’époque, au contexte familial et social, à sa culture, à son environnement.

- L’enfant est un être-là à un instant T (il a un rang dans la fratrie ; les parents ont acquis une expérience avec l’aîné et ont une autre maturité, l’époque est différente avec une société parfois très différente aussi – imaginons un enfant de la même famille né avant la chute du mur de Berlin et un autre juste après ; la structure familiale peut avoir été modifiée – l’enfant n’est pas du même père ou de la même mère que son frère ou sa sœur ; des évènements financiers, des deuils etc. bouleversant l’équilibre familial peuvent être intervenus entre les naissances ou à un stade de développement important de l’un des enfants).

- L’enfant a des affinités voire un attachement autres que ceux entretenus par sa fratrie avec son père et sa mère. Chaque relation enfant / père-mère est unique.

Toutes ces données se mélangent et engendrent la complexité que représente la tâche éducative qui devrait consister à trouver les meilleurs compromis entre parents et l’enfant pour leur épanouissement à tous deux.

On se rend compte que la place du caractère dans le comportement de l’enfant est largement minoritaire par rapport aux autres paramètres. Il convient donc de nous interroger sur le pourquoi de ses actes au lieu d’attribuer ces dernières à son seul caractère.

De même on a vu que la place de l’éducation dans le devenir de l’enfant convient d’être temporisée. Une « bonne » éducation n’est pas garante d’un futur adulte heureux, d’un adulte « bien comme il faut » mais elle y contribue. L’enfant n’est ni une machine ni un chien chez qui on provoquerait des stimuli en famille et dont le comportement serait conditionné. Trop de paramètres rentrent là également en ligne de compte et l’homme a une marge de manœuvre dans ses actions.

C’est intriguant de noter comme de nombreux parents par rapport à leurs propres enfants estiment souvent que les situations conflictuelles naissent du caractère de leur enfant et comme ces mêmes parents estiment parfois que l’éducation est responsable du comportement de l’enfant… Ne serait-ce pas pour éviter une remise en cause ? Donc c’est le caractère ou l’éducation ???

Ni l’un ni l’autre ou plutôt l’un, l’autre et beaucoup d’autres choses. Sinon ce serait trop facile. Et la vie humaine n’est pas simple et régie par les mêmes lois que les animaux malgré des analogies : elle est complexe.

La fessée ne permet aucunement de former le petit d’homme en homme respectable ou facile à vivre étant donné que l’éducation globale des parents dans son ensemble ne peut l’assurer. L’argument de la fessée, comme la solution à l’ordre familial et social ne tient pas…

J’en viens à mon dernier point sur notre manque d’empathie envers l’enfant et de notre “chosification” de l’enfant ou comment un grand nombre de fessées (ou autres emportements) pourrait être évité. En voici quelques exemples, variables selon l’âge de l’enfant.

Combien de fois a-t-il été rassurant pour nous de nommer caprice, de mettre enfin un mot sur notre incapacité à déterminer les besoins de notre enfant ou pour ne pas voir qu’il avait des envies comme nous ?

Combien de fois avons-nous eu l’impression de tout faire pour lui alors que lui était en attente d’autre chose ? Combien de fois par exemple avons-nous calqué les manques de notre enfance sur les besoins de notre enfant alors que les siens n’étaient pas les mêmes ?

Combien de fois n’avons-nous pas mesuré que le manque d’autonomie de notre petit le faisait souffrir et que nous étions les seuls à pouvoir le soulager ?

Combien de fois avons-nous engueulé notre gosse parce qu’il avait cassé un verre par mégarde (nous, ça ne nous arrive jamais, c’est bien connu) ?

Combien de fois ne nous nous sommes nous pas posé la question de savoir s’il était énervé, fatigué, avait des soucis, était de mauvaise humeur ? Sommes-nous nous-mêmes toujours sages ? L’enfant est-il une image sans émotions, sans sentiments, sans goûts ? N’a-t-il pas le droit de les exprimer comme nous au risque d’être plus tard inhibé ?

Combien de fois n’avons-nous pas pris en compte le désir ou le rythme de notre enfant parce qu’il allait à l’encontre de notre propre désir ? Combien de fois l’enfant n’a-t-il pas été une priorité ou du moins combien de fois n’avons-nous pas cherché une conciliation pour le satisfaire lui aussi ?

Combien de fois n’avons-nous pas entendu derrière les actes « Maman je m’ennuie, tu me regardes, tu joues avec moi ? » ou « Maman, je suis fatigué. », « Maman, je suis en colère, je ne parviens pas à l’exprimer autrement qu’en frappant du pied et quand je suis dans ma colère, elle est pire que la tienne, je ne suis que colère. », « Maman, pardonne-moi d’être en colère, je fais tout pour obtenir ton amour, je ne veux jamais te décevoir mais je ne peux faire autrement que d’être en colère parce que quand je veux, je ne peux pas admettre, moi enfant, que tu me refuses ce que je veux. ». Pouvons-nous demander à un enfant d’être raisonnable quand il n’est pas mature psychologiquement pour ?

Combien de fois n’avons-nous pas tenu compte de son développement et des singularités de notre enfant ? En effet, combien de fois encore n’avons-nous pas considéré notre enfant dans son âge et comment il pouvait par là-même appréhender les choses ?

Combien de fois avons-nous imposé nos idées par la force au lieu de chercher à développer l’esprit critique ?

Ou combien de fois n’avons-nous pas compris que le jeune enfant n’était pas en capacité de s’auto-décentrer et tout en ayant également la connaissance du mal et du bien n’était pas capable non plus d’analyser comment il aurait pu procéder autrement et n’était donc pas complètement responsable de ses actes ?

Combien de fois avons-nous pris personnellement ou pour une rébellion contre l’autorité à contrer des affronts alors qu’ils étaient destinés à ce que nous représentions (car il en avait besoin pour se construire) ?

Combien de fois pour finir, attendons-nous de nos enfants qu’ils réagissent comme des adultes quand ce ne sont que des enfants ?

On a beaucoup cheminé heureusement dans notre conception de l’enfant depuis le début du siècle dernier grâce, notamment à des pédagogues, des professeurs aux idées nouvelles. Mais cela a pris du temps de reconnaître à l’enfant le droit à la parole et à l’écoute. Cela devient plus compliqué avec le très jeune enfant qui sait moins exprimer son ressenti par des mots, n’a pas la capacité de réfléchir dessus et communique à sa façon.

Or ne devons-nous pas prendre en considération ce qui n’est pas formulé ou du moins mal formulé (car l’enfant par son comportement communique avec nous à sa façon comme les parents tentent de communiquer en tapant)et chercher à comprendre derrière les gestes et ne devons-nous pas intensifier nos efforts avec les plus grands pour ne pas simplement écouter puis ne pas tenir compte de ce qui a été dit dans nos décisions (parce qu’on est les chefs merde ! Et qu’on va leur montrer et que ça fait du bien d’être enfin le chef absolu de quelqu’un !).

Il me semble qu’en comprenant mieux notre enfant, en nous mettant davantage à sa place, nous comprendrons aussi que de nombreuses punitions sont injustes car elles ne peuvent être mesurées par le petit enfant et que d’autres encore plus nombreuses n’ont absolument pas lieu d’être, voire que les punitions n’ont pas un grand intérêt dans l’apprentissage.

Un certain mépris de l’enfant dans son stade d’enfant (il est tout joli mais faudrait pas trop qu’il nous casse les pieds, ce truc qui n’arrête pas de bouger) associé à un manque d’empathie sont les deux mamelles de la fessée, des cris, des dures sanctions.

Comment aider alors l’enfant à se calmer, à maintenir le respect (naturel chez l’enfant au demeurant) et à voir les limites ? Qu’est-ce qu’on fait patron ?

Ben La Mère Joie, elle est pas toi, elle connaît pas ton enfant, elle vit pas chez toi.

C’est pourquoi dans mon prochain billet sur les alternatives à la fessée, je me contenterai de dégager quelques pistes pour prévenir les conflits avec notre enfant, apprendre à les gérer et ce sera surtout l’occasion d’échanger dans les commentaires sur nos difficultés à toutes  pour trouver ensemble des idées à tester.

PS : Je te mets le lien de l’excellent article de “C’est la gêne” où Le Juif se remémore avec beaucoup d’humour et de sensibilité ses rêves d’enfant concernant la fessée.

POUR ALLER PLUS LOIN :

- “Dossier sur la fessée : présentation”

- la proposition de loi contre la fessée”

- “Les alternatives à la fessée”

- “Dossier sur la fessée : conclusions”

61 Commentaires laisser un →
  1. 23 novembre 2009 10:11

    La fessée est définitivement le symptôme d’un échec éducatif, on est d’accord. Mais plus qu’une fessée, je m’interroge aussi sur les maltraitances psychologiques qui sont monnaie courante et parfois d’une violence inouïe, et qui peuvent avoir l’effet d’une gifle toute aussi destructrice.

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 10:42

      Complètement, je pense l’aborder dans ma dernière partie.

  2. 23 novembre 2009 10:30

    Mazette tu es inspirée par le sujet ! Juste une petite réflexion sur la fessée “craquage du parent poussé à bout par petit(s) monstre(s) hurlant(s)”. D’abord je comprends et je compatis (étant régulièrement poussée à bout par petit monstre hurlant…), avec ce contexte de vieux réflexe ancré, d’acceptation par la société. Mais quid du type qui file une mandale à sa femme parce qu’elle l’a poussé à bout ? Elle l’a cherché ? Pour le coup il y a consensus social pour dire qu’aussi imbuvable et horrible que soit un adulte, on n’a pas le droit de taper dessus, même si c’est “juste une baffe”, qu’on a perdu le contrôle etc. Double problème donc : d’une part en quoi l’enfant a-t-il “mérité” cette différence de traitement, et d’autre part quel message lui fait-on passer ? Quand on est à bout on a le droit de taper ? Quelles conséquences sur l’évolution des violences conjugales ??

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 10:46

      Tout à fait ; c’est ce que j’ai essayé de souligner. Ce qui pose souci, je crois, c’est que les droits de l’enfant sont très récents et surtout que le mari n’a pas autorité sur sa femme contrairement aux parents sur l’enfant. D’où ma réflexion sur l’abus d’autorité parentale et sur le statut de l’enfant. ;-)
      PS : Oui, ça m’inspire comme tout ce qui traite à l’apprentissage. ;-)

  3. 23 novembre 2009 10:52

    Un peu long à lire mais très intéressant!
    Je suis d’accord avec tout ce que tu dis mais maintenant j’attends de lire les alternatives à la fessée ;)

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 10:58

      Ah, j’avais prévenu que c’était très long ! Je ne pouvais pas faire autrement sinon je serais restée dans les banalités habituelles. :-D
      Je suis contente que cela t’ait intéressée et on se retrouve pour les alternatives dès que j’ai terminé de rédiger ; ce qui explique mon absence sur vos blogs actuellement.

  4. 23 novembre 2009 10:56

    Tellement de choses intéressantes dans cet article ! Il m’a soulevé beaucoup de pensées, comme par exemple tout ce qu’on porte inconsciemment en nous. Tout ce qui nous a été transmis quand nous étions enfants reste quand on est devenu adulte. Ca ne se voit pas forcément du premier coup d’oeil, mais de temps en temps ça “ressort”. On peut s’étonner de réagir de telle ou telle façon face à un évènement, se demander “mais d’où me vient cette réaction”, mais ce n’est que ce que notre inconscient a enregistré, et qui de temps en temps “transpire”. Pas étonnant donc que l’on reproduise l’éducation reçue par nos parents… et plus que l’éducation “consciente”, tous les non-dits, les peurs secrètes, les tabous. Un enfant est un être ultra-sensible. Il comprend bien plus qu’on ne le croit, et il est surtout une véritable éponge. Difficile en tant qu’adulte de se débarrasser des peurs encombrantes que nos parents nous ont laissées comme héritage… (c’est pour ça, mieux vaut avoir fait un peu le ménage avant de s’engager dans la voie parentale… même si le ménage en question n’est pas facile, ni jamais tout à fait terminé ! (donc si on attend que le ménage soit fini, on a jamais de gosse… mais bon que le ménage ait été un minimum fait, au moins. Ou déjà qu’on ait conscience qu’il y a du ménage à faire, c’est déjà pas mal !))
    Enfin voilà, c’était une des nombreuses réflexions que ton article a soulevées… Si j’en retrouve d’autres je reviendrai (I’ll be back!!)

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 11:02

      Merci Coq, ça me fait plaisir.
      En même temps, un enfant peut être aussi le révélateur et t’amener à faire ce ménage. C’est pas grave si on foire des choses parce qu’on n’était pas au clair avec soi-même.
      Avoir conscience qu’on a du ménage à faire, c’est déjà plus de 50 % de l’aspirateur de passé.

  5. 23 novembre 2009 11:09

    Oui, c’est sûr, c’est pas grave de faire des erreurs, personne n’est parfait ! Mais déjà en avoir conscience c’est énorme ! J’aimerais avoir une sérénité suffisante pour pouvoir regarder mon enfant grandir avec bienveillance…

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 11:14

      Je pensais plus dans le sens où c’est pas grave si on n’a pas fait le ménage ou qu’on n’a pas conscience qu’il y en a à faire avant l’arrivée de l’enfant. L’enfant peut être un flash, il peut par sa venue amener la remise en questions. Et pis, le ménage, tu le fais plus ou moins toute ta vie. :-D
      Je suis certaine que tu seras une maman bienveillante. ;-)

    • 23 novembre 2009 11:30

      Oui mais si c’est l’enfant qui est un flash, ne risque-t-il pas de payer pas mal de pots cassés ? Ce n’est pas à lui de “réparer” nos manques…

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 12:37

      Hi hi, je dois pas être super claire. :-D
      J’entends flash comme “un choc” permettant de prendre conscience de son passé etc. et permettant justement d’éviter la réparation.
      Dis-moi si c’est pas limpide. ;-)

    • 23 novembre 2009 11:32

      (et oui c’est clair que le ménage tu le fais plus ou moins toute ta vie, c’est ce que je disais quand j’ai précisé qu’il n’était jamais fini ! C’est pour ça que ça ne doit pas non plus nous empêcher pour autant d’avoir des enfants, mais je m’interroge tout de même sur les dommages que ça peut avoir sur eux…)

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 12:38

      Oui oui, j’avais bien compris. ;-)

  6. 23 novembre 2009 11:35

    J’avais une institutrice sadique dans les années 70… et les coups de règle en fer sur les doigts j’en ai eu quelques uns et jamais je n’ai considéré que c’était justifié, jamais!

    Je suis de ton avis, tu le sais déjà et je me pose toutes les questions que tu poses à la fin… il y a un truc aussi que je fais depuis le début, c’est considérer ce qui est vraiment grave (quand la santé de l’enfant est en danger) de ce qui ne l’est pas (faire tomber quelque chose, ne pas finir son repas, ne pas aimer manger de tout et des centaines d’autres choses…) et finalement je me rends compte que peu de choses que fait un enfant sont vraiment graves et peuvent se corriger autrement (apprendre à faire attention en traversant la route…).
    Quand aux crises “normales” de roulage par terre et de cris, ça ne mérite aucune punition, il faut juste que ça passe… surtout quand l’enfant à 2 ou 3 ans!
    Par contre, ce que je ne sais pas faire, c’est de ne pas crier quand je commence à m’énerver après avoir répété 10 fois la même chose… autant l’utilisation des mains ne me vient pas à l’esprit, autant ma voix se fait forte et je déteste ça! si tu as une idée pour l’éviter, je prends!!
    Un sacré travail, tu peux présenter ta thèse! ;-)

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 12:44

      Heureusement, tous les enfants ne trouvaient pas les coups de règle justifiés sinon on n’aurait jamais avancé…
      “Quand aux crises “normales” de roulage par terre et de cris, ça ne mérite aucune punition, il faut juste que ça passe… surtout quand l’enfant à 2 ou 3 ans!” => J’en parlerai dans mon prochain article. Entièrement d’accord bien sûr.
      Pour éviter de crier, je crois, et tu vas voir Madame de La Palisse, qu’il ne faut pas en arriver là, c’est-à-dire ne pas arriver au point de devoir répéter 10 fois la même chose et de saturer. Est-ce que tu as analysé si c’était dans des circonstances récurrentes et comment tu pourrais contrecarrer l’escalade ?
      Merci pour la reconnaissance du travail. ;-)
      PS : Moi aussi je travaille sur le “management des cris” (quand je suis très fatiguée).

    • 23 novembre 2009 14:33

      Oui la situation récurrente est bien sûr l’heure du coucher alors que c’est bien géré en amont et les situations où l’enfant ne veut pas s’arrêter de faire quelque chose, ne comprend pas (ou ne veut pas!) que c’est fini, qu’on doit passer à autre chose!
      mais en fait, il suffit que je fasse intervenir le papa qui lui n’a pas besoin de crier, juste de prendre une grosse voix pour que la situation se débloque… c’est trop injuste ;-)
      Enfin, tout ça n’est pas non plus si terrible, heureusement je n’ai pas de plus gros soucis avec ma fille :-) … pour l’instant!

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 16:10

      L’intervention du tiers : efficace ! Je vais en parler également. Décidément, vous annoncez mon article ! :-D
      Ca montre aussi les limites de notre autorité naturelle (on est deux à l’élever donc il est parfois nécessaire que les deux interviennent) et ça rassure l’enfant d’avoir deux mêmes sons de cloche.

    • 23 novembre 2009 17:05

      Hi hi! je doute fort d’avoir une autorité naturelle, ce n’est pas ce qui me caractérise!!
      l’autorité et moi ça fait deux… mais je ne suis pas non plus laxiste!

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 17:13

      Visiblement tu te débrouilles bien donc l’autorité est là. ;)

  7. 23 novembre 2009 12:45

    Bonjour à toi Mère Joie et tes copains lecteurs,

    Alors voilà, quand il s’agit d’écrire des conneries plus grosse que moi dans les coms c’est facile, un doigt dans le nez un doigt dans l’fion, les autres sur le clavier et yalla!!( cette introduction d’une classe inégalée c’est pour ton légionnaire!!!)
    En revanche dés qu’il faut être sérieuse c’est une autre limonade!!Pourtant je sais faire, figure toi qu’il y a même des gens qui me paient pour ça!!!
    Un des psy que je croise régulièrement dans mon café tout pourrave de ma campagne profonde pourrait dire que le sujet me dérange et que du coup je botte en touche ( sans les mains, hein!!)
    Disons que j’ai eu un modèle parental complètement déviant, et que devenue, à mon tour maman il a fallu que j’appréhende l’éducation de mes enfants sans d’autres repères que ceux que je voulais précisément éviter.
    Je me suis donc mis une pression de malade, je voulais que mes enfants ” poussent droit”, je m’inscrivais totalement dans le rôle de tuteur tellement j’avais peur de “rater” leur éducation!!
    Et cette peur m’a parfois dépassée, j’ai donné des fessées à mes enfants parce que je n’arrivais pas à gérer mes émotions.
    Le problême n’était pas ce qu’ils avaient fait mais bien ce que je n’arrivais pas à gérer raisonnablement.
    Une fois ce constat posé et bien…j’ai bossé très dur pour mieux me comprendre et aussi accepter de faire confiance à mes enfants dans leurs capacités à devenir des gens bons ( ça y est ça me reprend!!je sors deux minutes!!)
    Aujourd’hui j’ai quatre mouflets, il y a une éternité que je n’ai pas donné de fessées, je leur parle beaucoup, je leur exprime mes désaccords, ce que j’attends d’eux, je leur laisse le droit fondamental de faire de même à mon égard, oui c’est fatiguant, énergitivore, mais cela s’inscrit dans l’amour inconditionnel que je leur porte et que je leur dois!!
    Merci Mère Joie de nous offrir ce moment de partage et de communication, peut être que revenir à ces fondamentaux ferait aller notre société un peu mieux!
    PS: J’ai bien conscience que j’ai pas vraiment fait avancer le débat, mais c’est bien de pouvoir parler de soi et de son expérience, parfois…

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 13:13

      Alorom, je te remercie pour ta confiance et d’avoir osé raconter ton expérience (parce que ce n’est peut-être pas très facile).
      Ton commentaire est très intéressant ; ça renforce mon impression que beaucoup de parents donnant la fessée veulent aussi bien faire. Et comme tu l’écris très bien : comment trouver de nouveaux repères éducatifs que l’on ait connu les châtiments corporels ou un modèle parental déviant ?
      Merci encore parce qu’au travers de ton témoignage, oui il “se dit” des choses fortes.

  8. 23 novembre 2009 13:32

    argh mais quel article ! ça a du te prendre un temps fou ! bravo ! tu peux sortir ta thèse après ça )…bon vu mon état de fatigue aujourd’hui je ne suis pas sûre de pouvoir commenter de manière pertinente…je sais juste que je ne suis pas superwoman et que quand je suis crevée, j’ai bien moins de patience avec les crises du chérubin (même si elles sont normales)…quand je veux le mettre à l’écart dans sa chambre, il revient systématiquement, impossible de lui faire comprendre qu’il peut revenir une fois qu’il aura évacué sa colère..je ne vais quand même pas l’enfermer (j’ai pas de cave en plus))…bref j’attends ta troisième partie et tes solutions )

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 13:48

      Merci Choco !

      Je ne sais pas si mon futur article correspondra exactement à tes attentes mais on pourra en discuter de manière plus pratique dans les commentaires. ;-)

  9. 23 novembre 2009 13:43

    que dire ce dossier est complet, tu nous fait reflechir avec des examples, tu nous mets à la place de l’enfant. j’ai bien aimé la fessé par le patron parce qu’on est toujours en retard…ça fera reflechir!

    Je rejoins scarlett pour la maltraitance psyhcologique, mais bon ça aussi tu t’en doutais! ;-)

    J’ai aussi aimé ta phrase au sujet que l’enfant ne nous appartient pas on en est responsable! je dirai plus je dirai: que l’enfant ne nous doit rien et que nous on lui doit tout!
    Dans le ‘nous on lui doit tout’ je ne parle pas d’en faire un enfant pourri gaté, mais on leur doit l’amour et le bonheur.

    Pour les enfants qui prennent des baffes pour un oui ou pour un non, j’en connais plus d’un ou les baffes sont monnaie courante. L’adulte frustré se defoule sur le petit a la moindre petite betise que l’enfant fait..comme tu l’as dit: parce qu’il a faillit salir son panthalon..

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 13:47

      “Je rejoins scarlett pour la maltraitance psyhcologique, mais bon ça aussi tu t’en doutais! ;-) ” => Je vous rejoins également sur ce sujet mais je ne voulais pas trop digresser. ;-)
      “J’ai aussi aimé ta phrase au sujet que l’enfant ne nous appartient pas on en est responsable! je dirai plus je dirai: que l’enfant ne nous doit rien et que nous on lui doit tout!” => J’en parlerai dans mon prochain article. ;-)
      “Pour les enfants qui prennent des baffes pour un oui ou pour un non, j’en connais plus d’un ou les baffes sont monnaie courante.” => Bien plus qu’on ne veut le croire et que les chiffres des sondages. :-(
      Merci Cassio d’avoir lu avec attention.

  10. 23 novembre 2009 13:45

    desolée si mon commentaire n’est pas très pertinent! mais je suis très fatiguée aujourd’hui!!! bises

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 13:49

      Mais si il l’est !

  11. 23 novembre 2009 14:16

    Je ne suis pas pour la fessée, et je n’ai pas le souvenir d’en avoir eu, mais je pense qu’une gifle est au moins aussi vexante, voire plus…
    J’ai lu cet article avec plaisir et intérêt, ça a du te prendre un temps fou ! Bravo.;)

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 16:07

      Oui, c’était une boutade pour la gifle. ;-)
      Je suis contente que tu y aies trouvé de l’intérêt Kahlan. Merci.

  12. 23 novembre 2009 15:25

    Les fessées, je n’y pense simplement jamais. Ca ne me semble tout bêtement pas naturel de lever la main comme réflexe à une quelconque bêtise ou autre. Je ne crie pas non plus spontanément (ça me semble dingue de crier sur un petit bidouche. Je détesterais moi qu’on me crie dessus ou qu’on me gifle).

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 16:11

      Si tu as un peu de temps, Marlène, j’aimerais bien que tu viennes participer à mon article sur les alternatives à la fessée.

  13. 23 novembre 2009 17:03

    Comme je l’ai déjà écrit chez Aude, ce qui m’ennuie dans le fait de légiférer sur la fessée (et a priori, cela ne se fera pas) est de constater que de plus en plus, il y a ingérence de l’état dans notre sphère privée.
    Aujourd’hui on nous encourage à manger 5 légumes et fruits par jour, demain nous l’imposera t’on ?
    Sans compter que cette loi est totalement inapplicable que les enfants maltraités sont déjà légion et finalement si peu protégés et défendus.

    Mais au delà de l’application de la loi et de cette ingérence, la fessée en effet est un aveu d’échec autant qu’une violence inutile. Pour autant je fais toujours la distinction entre la tape sur les fesses, parfois salutaire, autant pour le parent que pour l’enfant et la fessée, punition qui va de pair avec martinet ou pantalons baissés.
    Je ne crois pas qu’on gagnera à culpabiliser les parents qui ont parfois la main leste si c’est rare et non douloureux (hormis la blessure d’amour propre, on est d’accord)

    Je fais partie de ces enfants qui ont été battus, coups de ceintures exutoires qui permettaient à mon père d’exprimer sa frustation autant que sa violence, c’est dire si lever la main sur mon enfant me fait horreur, mais justement, pour avoir connu cela, ainsi que coups de règles sur les doigts en classe, je sais combien la différence est grande entre le pied au fesses qui part tout seul, et le châtiment corporel pensé, programmé et violent.

    Et en ce sens, là aussi, je m’oppose à une loi qui donnerait à croire aux parents que les erreurs sont toutes inexcusables, car des erreurs nous en faisons tous et elles font aussi partie de notre éducation.
    C’est un métier qui ne s’apprend malheureusement pas.

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 17:16

      “je sais combien la différence est grande entre le pied au fesses qui part tout seul, et le châtiment corporel pensé, programmé et violent.” => C’est ce que j’ai souhaité soulever dès le départ.
      Concernant la loi, je ne suis qu’aux prémisses de ma réflexion. J’ai besoin de temps.
      Merci pour ton intervention, Dom. ;-)

    • 23 novembre 2009 22:41

      Désolée si mon commentaire n’est pas clair, enfin moi quand je me relis c’est pas clair, mais oui, il ne s’agissait pour moi que d’apporter ma petite pierre à ton édifice

    • La Mère Joie lien permanent
      24 novembre 2009 09:21

      Tu n’as pas à être désolé, Dom. J’avais compris le sens de ton commentaire et je confirmais la phrase. Et j’ai été très contente que tu interviennes.
      Je crois plutôt que c’est moi qui ai eu un peu de mal à m’exprimer à l’écrit hier. ;-)

  14. 23 novembre 2009 17:11

    bz!bz! en passant…et ta bien raison…ni claque ni fessé!je crois bien qu’il y a un blog et une asso près de chez moi…bz!

  15. madamezazaofmars lien permanent
    23 novembre 2009 17:45

    Tres interessant et tres complet. j’ avoue ne m’ etre intéressée qu’ aux chiffres car je suis un peu atterrée que 82 % des francais soient pour la fessée.

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 17:50

      Ca m’amuse, je reviens de chez toi. ;-)
      Ben tu serais encore plus atterrée de lire la teneur des commentaires un peu partout sur la toile et qui pourtant sont tous milieux sociaux confondus…

  16. 23 novembre 2009 21:29

    c’est con mais ce sujet me passionne, je lis ces lignes avec avidité, ton point de vue très clair et très argumenté m’impressionne vraiment. Respect à toi la Mère pour ces lignes qui ont du te prendre beaucoup de temps mais qui sont remarquables. Je me permettrais de relire tout ça au calme afin de te faire un commentaire constructif

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 22:00

      C’est pas con du tout ! Le sujet me passionne également sinon je n’aurais pas pris un max de temps en un minimum de temps (il fallait coller à l’actualité) en sachant ne pas viser un grand nombre de personnes. Je remercie d’ailleurs les miens qui ont compris que c’était important pour moi de travailler dessus.
      Je te sais gré (je châtie mon langage mais ça va pas durer, ohé, bordel de couilles de boucs !) du respect pour tout ce que j’ai pu mettre de moi dans cet article et je suis ravie, toi que j’apprécie énormément, de constater que cela t’intéresse. J’ai hâte de te lire davantage !

    • 23 novembre 2009 23:12

      ouais allez on arrête le langage châtié. Il claque la chatte ton article :D

    • La Mère Joie lien permanent
      24 novembre 2009 09:22

      N’oublions pas que c’est avec des commentaires qui claquent la chatte que l’on gagne du parfum qui pue du cul ! :-D

    • 24 novembre 2009 18:23

      héhé c’est vrai, elles sont belles les mamans blogueuses tiens!

    • La Mère Joie lien permanent
      24 novembre 2009 19:58

      Belles et bandantes !

  17. 23 novembre 2009 22:13

    Arf… vous êtes toutes des mères tellement parfaites !

    Que dire de plus que ce que j’ai déjà dit ?

    A part qu’il existe des tas d’autres châtiments physiques et psychologiques qui, à mon avis, sont bien plus traumatisants pour les enfants, qu’une fessée. D’autant plus qu’ainsi que tu l’a souligné, la fessée fait partie de notre “patrimoine” et que même les enfants n’en sont pas choqués.

    Et que si cette loi s’apparente à une interdiction de maltraitance physique QUELLE QU’ELLE SOIT, alors faire la différence entre une petite fessée, une grosse fessée, une claque, une tape, c’est d’emblée ne pas accepter l’esprit de la loi.

    • La Mère Joie lien permanent
      23 novembre 2009 22:18

      Arghhhhhhhhhhhhh, me fais pas l’affront de me sortir le coup de la mère parfaite ! :-D
      Ta dernière phrase résume ma pensée. J’ai différencié au niveau des répercussions mais la loi, elle, n’a pas à les différencier. Mais je n’ai pas encore abordé cette partie-là.

  18. gazelle26 lien permanent
    25 novembre 2009 10:21

    J’ai lu la moitié et chapeau, c’est vraiment intéressant (je m’imprime le reste pour ce soir :p) Je me sens un peu honteuse d’avoir été virulente dans un de tes précédents billets parce qu’au final je suis assez d’accord sur pas mal de points et surtout, certaines de tes réflexions m’ont fait prendre conscience de pas mal de choses, j’ai même reçu une bonne claque dans la tronche face à certaines de tes déclarations notamment :
    “Approuverais-tu de te prendre une claque par ton mari (la fessée peut-être ?) parce que pour lui les limites ont été dépassées et qu’il n’a pas pu se retenir ? Dérangeant ? Pas dérangeant ? A-t-on le droit de taper dans l’émotion ? Pourquoi aurait-on plus le droit avec un enfant qu’avec un adulte ? Pourquoi parvient-on à se contrôler avec quelqu’un qu’on voudrait frapper et pas avec l’enfant que l’on aime ? Parce que c’est interdit par la loi ? Parce que l’enfant va difficilement pouvoir la rendre et va la fermer ? Parce qu’il est notre “possession” ?

    C’est tellement vrai…Je me suis demandé pourquoi je n’accepterai sous aucun prétexte une claque ou une quelconque autre forme de violence de la part de mon homme et donc pourquoi moi je me permettrai d’en infliger une à la chair de ma chair ? Parfois je sais que j’ai envie de “tuer” mon homme ;p) et inversement pour lui !! mais on sait se contenir, on sait qu’on ne doit pas passer cette limite alors pourquoi le ferait-on avec notre enfant ? P***** ça fait réfléchir !! En tout cas, rien qu’avec ça, cette petite phrase va beaucoup m’aider quand je serai à bout, j’essayerai de ne pas l’oublier merci Mère joie !!
    Je ne dis pas qu’un jour, avec une situation donnée moi ou l’homme ne craqueront pas et ne donneront pas une petite tape sur les fesses de notre Loulou parce qu’après tout, quand je disais que j’étais pour la fessée, je parlais bien évidemment d’une fessée non pas cul nu sur les genoux, mais d’une petite tape sur les fesses debout et habillé et dans des cas extrême (comme pour moi, ma mère a dû m’en donner 2 ou 3 dans toute mon enfance), je ne dis pas que c’est bien, mais je me laisse le droit de ne pas être parfaite et de peut-etre un jour craquer et donner cette petite tape. En tout cas on fera tout pour éviter cela évidemment, en essayant d’éduquer par la parole, le respect, un peu de fermeté aussi mais beaucoup de dialogue ou alors des petites punitions adaptées et non humiliantes comme par exemple priver d’un jeu ou de quelque chose que l’enfant aime bien, moi ça marchait pas mal, ma mère me privait de TV ou de magazine, ce n’était pas humiliant mais ça me saoulait bien ;p) en fait, on verra petit à petit, je ne veut pas trop me prendre la tête maintenant car le sujet de l’éducation (peur de tout foirer) me trotte déjà pas mal en tête alors bon, nous verrons au fil du temps :p)
    La seule chose dont je suis certaine est de ne jamais donner de gifle, ça c’est clair que je suis contre, d’ailleurs je trouve ça bien plus dur, bien plus violent et bien plus humiliant que la fessée !
    Et puis il y aussi le débat de la violence psychologique qui est rarement prise en compte et qui est bien souvent beaucoup plus destructive qu’une simple fessée…
    Allez j’arrête là mon roman, j’attends la suite !

    • La Mère Joie lien permanent
      25 novembre 2009 10:44

      “je ne dis pas que c’est bien, mais je me laisse le droit de ne pas être parfaite” => J’adore cette préposition et je vais me permettre de rebondir dessus.
      Viser la perfection me semble assez “dangereux” dans le sens où il sera plus difficile ensuite de se remettre en cause, d’écouter son enfant et de ne pas lui demander à son tour d’être parfait. “Comment, j’ai tout fait pour toi et tu n’es pas entièrement content ?”. On ne peut pas être des parents parfaits. On fait de son mieux ou pour le mieux pour ses enfants, on ne fait pas le mieux pour ses enfants.

      Ne te sens pas honteuse, j’avais bien compris le sens de ton intervention. ;-) En glandant pas mal sur les forums, enceinte (j’avais que ça à foutre vu que j’étais alitée et très angoissée à certains moments de ma grossesse), j’ai observé que chez les mamans qui visent la perfection et se focalisent sur des détails tangibles et rassurants, il y a parfois (souvent ? Je ne peux pas quantifier) un passif avec la maternité (chez elles ou par rapport à leur propre mère) et de la culpabilité inconsciente (exemple : dans le cas de l’avortement. Attention, je ne dis pas que toutes les mamans qui ont avorté se sentent coupables et tentent de “réparer” !).
      Quand tu seras certaine que la fessée a le même symbolisme que la gifle (je ne dis pas qu’elle a le même impact. Je n’en sais rien.), tu auras la force de te contenir. Et si ça part, ben tu l’as très bien dit, tu n’es pas parfaite !
      Je n’ai pas souhaité aborder pour le moment la violence verbale ou psychologique pour ne pas digresser. Mais je suis bien entendu entièrement d’accord.
      Merci Gazelle pour ton commentaire !

  19. 25 novembre 2009 17:18

    Il m’est arrivé, à bout de nerf, de donner une tape sur la tête à mes grands. Je m’en veux toujours après, et j’essaye toujours de parler et expliquer. Mon mari trouve que je parle trop, que j’explique trop, que “c’est comme ça et pas autrement”… J’avoue que mes deux grands me bouffent littéralement mon énergie, toujours sur moi, toujours à crier, à se chercher des poux dans la tête (8 et 11 ans), et quand je rentre du boulot, j’ai en plus la petite de 20 mois, j’avoue que je ne supporte pas le bruit et je crie souvent (trop souvent).
    Et c’est quand le calme est revenu (quand ils sont tous au lit !) que je me pose des questions, mais dès qu’ils sont là, je redeviens une pelote de nerfs… dur dur.
    Par contre, comme toi, je suis résolument contre frapper en tant que moyen éducatif (et même j’aimerai ne plus du tout craquer, même si ça a du m’arriver une fois en un an…)
    Mais y’a du boulot pour que la fessée ne soit plus utilisée, quand mes collègues en ont parlé, c’était pour se moquer de cette loi en se vantant d’avoir plusieurs fois donné des torgnoles à leurs enfants et qu’ils n’en allaient pas plus mal pour autant… dire qu’ils sont profs… j’ai essayé de leur demander s’ils taperaient les élèves, mais je n’ai pas eu de succès…

    • La Mère Joie lien permanent
      25 novembre 2009 21:06

      Malheureusement les profs ne sont pas suffisamment formés en pédagogie (et sur leur public mais c’est un autre débat sur lequel je pourrais passer des heures…).
      Travail, enfants, bébé, peu de soutien éducatif de ton conjoint dans ton sens, ça fait beaucoup !
      Comme l’écrivait Chocoladdict : le sas de décompression.
      Quel est celui qui serait facile pour toi à mettre en place ? Je lance une idée en l’air : peut-être prendre 10 minutes – 1/4 d’heure pour toi au calme avant de rentrer ?
      Il y doit y avoir un petit moyen, là, quelque part, et auquel tu n’as peut-être pas pensé, Eddie. ;-)

  20. 26 novembre 2009 12:44

    Tout acte de violence est réprimandable (c’est français, ça?).
    En revanche, je suis un peu comme Dom, j’en ai marre qu’on nous dise ce que l’on doit faire ou pas pour être socialement correct.
    J’ai vécu 5 ans aux USA avec l’angoisse que mon enfant fasse une crise au supermarché sans pouvoir le calmer de peur qu’on appelle les flics si jamais je haussais le ton (que dire de la fessée?). Non, je n’exagère pas, j’ai vu et j’ai connu des gens qui se sont retrouvés au poste pour une tape sur les fesses.
    La fessée, la gifle, ne sont pas une fin en soi, mais interdire, interdire quoi? Qui est à même de juger de l’ampleur de l’acte? S’agit-il d’une tape donnée sous une impulsion ou d’un acte répétitif?
    Je ne défends pas ces gestes, mais je m’interroge sur le remède imposé: Interdire.
    Merci pour ton article, long, il est vrai, mais qui appelle à toutes sortes de réflexions.

    • La Mère Joie lien permanent
      26 novembre 2009 16:49

      Je vais revenir sur l’interdiction.
      Dans la proposition de loi en France, il n’est pas question de sanctions comme aux Etats-Unis ou en Allemagne. ;-)

  21. makeupgirl lien permanent
    18 janvier 2010 18:18

    bonjour, alors je viens avoir quelques conseils car justement j’ai peur de mes reactions avec ma fille, j’ai du ma

  22. makeupgirl lien permanent
    18 janvier 2010 18:30

    Bonjour, j’ai bcp de mal avec ma fille en ce moment et j’ai tendance a avoir la main qui se leve facilement, je regrette enormement apres mais sur le coup j’ai bcp de mal a me controler, alors c’est bien gentil de vouloir interdire la fesséé mais il faudrait peut etre aider les parents a trouver une autre alternative ! D’ailleurs si vous avez des astuces ou des bouquins qui pourraient m’aider je suis tout ouie !ma fille n’a que 2 ans et demi et mon deuxieme 9 mois alors je me dit qu’il est encore tant ! merci pour vos conseils !

    • La Mère Joie lien permanent
      18 janvier 2010 20:22

      Bonsoir makeupgirl,

      Merci pour ton commentaire.
      Je sais à quel point un enfant de cet âge peut être difficile… J’en parle ici avec dérision et réalisme à la fois : http://lamerejoie.com/2010/01/08/coleres-enfant-deux-ans/
      Et les nerfs sont encore plus grandement mis à l’épreuve avec un deuxième bébé !
      En bas de cet article, tu as plusieurs liens dont un qui propose des alternatives. Ce sont des pistes car tout comme toi je dois apprendre à gérer le Grognard, très différent de sa soeur. Il n’y a pas de recette miracle.
      Tiens bon surtout, je suis sûre que tu es une maman aimante essayant de faire au mieux. ;-)

  23. nicolas lien permanent
    10 novembre 2010 13:11

    Merci, merci, merci.
    par quoi commencer… (frot) (frot) (frot) ou (pense) (pense)(pense) comme dirait mon petit lutin.
    Eh bien voilà la mère joie, j’ai lu ce long dossier ô combien éclairant et “gifflant” pour le père “perdu” que je suis en ce moment.
    La fessée, je pense que j’en use et j’en abuse(il m’est trés difficile de le dire…)sur mon fils (3ans et 8 mois). Je perds parfois le fil, je lui crie (hurle) dessus, et il m’arrive de lui mettre la fessée (bon, ce n’est pas tous les jours ni chaque semaine ! mais c’est vrai que depuis qu’il a deux ans environ, j’ai parfois mis des fessées à mon fils lorque ce dernier piquait des crises de colère (sûrement comme moi d’ailleurs !) et qu’il ne nous écoutait pas ou même nous répondait à moi et sa maman. Parler de fréquence est difficile, mais elle n’est pas exceptionnelle, même s’il a pu se passer de longues pèriodes sans fessées. Je pensais m’être résolu il y a quelques mois à ne plus lui mettre de fessée (car cela me mine aprés l’avoir fait, et je culpabilise énormément !), mais malheureusement ce matin la fessée est réapparue et avec elle le constat que je suis peut-être un père violent avec mon fils ! Ma femme me l’a d’ailleurs dit.
    Alors voilà je pense que cette fessée est la fessée de trop, pour moi et mon fils, et qu’il me faut la proscrire définitivement (ce matin beaucoup d’interrogations me traversent, et je suis perdu et en besoin d’aide). “Ne plus mettre de fessée à mon fils” Trés facile à dire et de fait si compliqué à appliquer en ce qui me concerne, puisque je ne pensais pas lui remettre de fessée !
    Comment puis je expliquer ce recours à la fessée, moi qui, éducateur prone si souvent dans mon quotidien le recours à la non-violence, à l’écoute et au dialogue !?!
    Ai je fait des dégats par cette pratique ? Faut il que j’aille voir un spécialiste avec mon fils ?
    J’ai dû recevoir trois fessées dans ma vie et je ne peux donc pas expliquer ces pertes de contrôle éducative par un quelconque passé ou vécu.
    I’m lost…

Rétroliens

  1. Dois-je signaler mes voisins ? | Expression Libre
  2. La métamorphose du cloporte « Le Q.G. de la Mère Joie – Blog d'une maman (encore !) enceinte
  3. Reflexions autour de l’ éducation non punitive – Introduction «

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Gravatar
Logo WordPress.com

Please log in to WordPress.com to post a comment to your blog.

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 1 550 followers