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Le sommeil du Grognard

28 août 2009

Mademoiselle Commandante nous ayant habitués à faire ses nuits à à peine trois semaines, nous étions loin de nous douter qu’un second lardon pourrait nous démontrer qu’enfant rime avec cernes parce qu’effectivement, ça rime pas.

Or le Grognard est un expert en chamboulements, un brailleur étoile de casse-burnettes. C’est même pas un gosse, c’est un truc.

J’aurai dû avoir le Grognard avec quelques années de moins pour mieux gérer la fatigue mais la vie pointa au gré de ses humeurs…

A la maternité, le Grognard expira son premier souffle en beuglant et en confondant le soleil avec la lune (On dit qu’ils avaient rendez-vous… Enculé de Trenet !). Je pensai, naïve, que ceci devait rapidement rentrer dans l’ordre ainsi qu’un espacement des fréquences de tétées. Non seulement le Grognard ne diminua pas le nombre de gougouttes mais il l’accentua. Les pics de croissance selon la Leche League ! Ben tiens ! Et les pics de croissance, c’est normal qu’ils étaient perpétuels et qu’ils ne redescendaient jamais avec le Grognard alors que j’avais jamais eu de souci avec Mademoiselle Commandante ?!

«  Il est cyclé comment le Grognard ? »

«  Elle est à quelle heure la prochaine tétée ? »

«  T’as bientôt fini de le nourrir qu’on puisse sortir ? Mais t’es sûre que ton lait est bon ?

- Un bébé élevé sous la mère, c’est à la demande !!! Et oui, mon lait est suffisamment nourrissant ! Et oui, moi aussi j’aimerais bien qu’il me lâche les grappes, merde ! »

J’en passe ; le concept de « à la demande » étant encore très mal interprété : à la demande du parent, non à la demande de l’enfant…

Et le Grognard dormait toujours très peu en journée, avec des réveils nocturnes incessants…

A six mois, n’en pouvant plus, et malgré nos convictions, nous avons essayé les « bons » conseils  de l’entourage : lui filer un biberon d’eau pour le berner, l’asphyxier avec une sucette, le laisser pleurer etc. Sans résultat. Et avec le coeur à l’envers…

Le Grognard en grandissant fit des siestes un peu plus conséquentes. Cependant, à 2h00 puis à 4h00, il réclamait son potage laitier ; cela même après avoir été sevré à huit mois et demi par un refus express du petit bleu d’avaler encore une once de liquide lacté maternel. Voui, le Grognard dit : “Stop ! Ton lait est pourri, il sent la biquette ! File-moi du Nestlé que je fasse marcher le commerce !”.

Jusqu’à ses dix-huit mois, il eût un rythme dit “normal” de nourrisson, c’est-à-dire un coucher à 20h30, un lever à 5h30 et des extras alimentaires donc.

« Mettez des céréales dans son biberon du soir, c’est radical ! », insista la pédiatre. Ma pédiatre était une comique.

A dix-huit mois, l’âge de raison des bébés épouvantables, le Grognard s’assagit en acceptant de dompter son estomac. Mais il s’émancipa aussi en s’endormant de plus en plus tard (21h00, 22h00, 22h30, 23h00, 23h30)…

Depuis les grandes vacances, les siestes de l’après-midi se sont carrément évanouies dans la nature. Le Grognard, qui ne veut plus pioncer dans son lit à barreaux, a des nuits agitées et est de plus en plus dur à endormir. Bref, c’est pas gagné, gagné…

La Mère Joie : Qu’est-ce qu’on a fait de mal ?

Voisine infirmière psy : Demande-toi plutôt ce qu’il a réussi.

La Mère Joie : T’as raison, au lieu de culpabiliser, valorisons le lardon !

Sur ces bonnes paroles, je pense que je vais laisser le billet sur les problèmes d’alimentation pour une prochaine…

20 Commentaires laisser un →
  1. 28 août 2009 09:20

    passe le dans un lit de grand, en valorisant la bête…
    ma pauvre, cela doit être crevant !
    Les deux miens ont des défauts mais les deux dorment à poings fermés la nuit depuis leur 2 mois et demi.
    et ce 12h de suite

    ok je sors

  2. 28 août 2009 09:21

    J’ai une copine qui a le même souci de sommeil avec sa fille de 20 mois. Ben elle l’a emmené chez une sorte de marabout qui a dit aux parents (véridique): “Vous lui avez créé une angoisse en vous engueulant au retour de la maternité” (ce qui était vrai), puis il a dit à la gosse que ses parents s’aimaient et l’aimait aussi et depuis… elle dort (enfin, presque). Résultat: ma copine emmène la semaine prochaine son fils de 4 mois… La v’là ta solution (héhé)! Ma gosse à moi “fait ses nuits” depuis ses six mois, c’est à dire quand j’ai été suffisamment fatiguée pour parvenir à l’entendre brailler pendant plus de 90 minutes sans craquer. Deux jours à ce régime et c’était réglé. Pourtant elle était aussi “sous la mère” et tétait à la demande en journée…

  3. 28 août 2009 09:35

    le sommeil n’a jamais été simple même s’il a fait ses nuits relativement tôt…il parait que c’était ma faute selon le pédopsy mais c’est bien connu tout est de la faute des mères…aujourd’hui le rituel du soir est très très long mais sinon c’est un enfant qui fait des grosses mat et des bonnes siestes…tu as essayé l’ostéo? cela a marché pour certaines mamans que je connais…peut-être que c’est un petit dormeur tout simplement…

  4. 28 août 2009 09:40

    Arrêtons de culpabiliser les mères!!! On devrait monter un front de libération des mères qui se culpabilisent!!! On a pas la main sur tout!!! Par contre, félicitons-nous de tout ce que nos enfants réussissent!!!

  5. 28 août 2009 09:53

    Je ne dirai rien sur le sommeil de Lisa, dès que j’en parle elle me fait une nuit pourrie !

  6. 28 août 2009 10:00

    Étant moi même médecin à mes heures perdues, je te prescrit donc une semaine de repos, sans grumeau ni chef des grumeaux et on verra après si ton lait était si pourri que ça :)
    Déjà, après le coup du chinois, le coq ne va décidément pas être mon ami :)

  7. La Mère Joie permalien
    28 août 2009 10:16

    @ e-zabel : Non, non, reste ! ;-) Ca y est on l’a passé dans un grand lit mais c’est vrai qu’on n’a pas pensé à le valoriser. Idée à retenir. Pour le moment, il dort avec sa frangine (vu que la 3ème chambre n’est pas prête) donc ça aide pas trop…

    @ Ficelle : Avec une fille de 10 ans (à l’époque) scolarisée, c’était difficile de le laisser hurler plusieurs nuits de suite… Et sinon je te rejoins, l’allaitement n’est pas responsable du sommeil des gosses (ma fille dormait très bien et était allaitée), quoi que le Grognard avait un problème de reflux dû au lait maternel très liquide ; ce qui n’a pas dû aider. Si j’ai parlé de l’allaitement, c’est parce que j’ai le sentiment que son sommeil est lié à son approche de l’alimentation (assez perturbée également). Après les problèmes d’alimentation sont eux-mêmes liés à autre chose…

    @ Choco : Nous avons consulté un osthéo mais pour ses soucis de reflux. Sa pratique était bonne mais pas son diagnostic. Ca laisse un peu perplexe. Cela dit chaque osthéo ne se vaut pas. ;-) Quant au pédopsy, ça peut être très utile mais il me semble que c’est un recours à utiliser avec précaution, dans le sens où j’ai vu pas mal de gens dans ma profession qui en avaient consultés enfants dans une démarche non-volontaire et qui faisaient un blocage sur les psys par la suite alors qu’ils en avaient vraiment besoin.

    @ Val : J’adore toujours ta façon de voir les choses. Tu le sais, ça ?! ;-)

    @ Leoetlisa : Bon, ne dis rien alors ! :-D

    @ Docteur Faustine : Coq est une fille, super sympa. ;-) Ouais, une semaine sans personne, youpla !!! :-D

  8. 28 août 2009 10:57

    Je ne veux pas ramener ma fraise en disant que ma fille a fait ses nuits toute seule, et ce dès le retour à la maison de la maternité. J’insiste bien sur le ”toute seule” car j’estime que je n’y suis pas pour grand chose donc point de conseils à donner… Si, un seul: chaque enfant est différent et c’est très difficile – à mon avis – de suivre les conseils des uns et des autres. Il y a certes toujours des idées intéressantes à prendre mais sans garantie de résultat.
    C’était ma contribution du jour :)

  9. 28 août 2009 11:40

    Ce grognard me rappelle étrangement un certain TiBiscuit …
    TiChou, le fils de ma soeur est pareil aussi…
    Je compatis donc.

  10. 28 août 2009 11:53

    Gloups et pas glop!! Rien de pire que le manque de sommeil!!!
    Tu m’en veux si je te dis que les miens nous laissent faire la grasse mat’ jusqu’à….10 heures!!
    Dis, tu m’en veux???

  11. 28 août 2009 12:18

    Je me tais, mes gros yeux suffisant à contrer toute vélléïté de faire chier la nuit, sauf motif valable, le maman-doudou n’en étant pas un passé un temps plus ou moins variable selon chaque enfant (suis pas un monstre non plus).
    L’apprentissage du sommeil est un apprentissage comme les autres au même titre que la marche, la propreté, la nourriture… j’ai toujours énormément parlé, expliqué (tu es seul dans ton lit mais je ne suis pas loin, il fait noir et tu as besoin de dormir pour grandir, mais moi aussi j’ai besoin de dormir pour me reposer pour être à toi demain etc) mais je suppose que tu ne m’as pas attendue pour ça… Reste que la mirabelle (pour toi ou lui, selon ton humeur ;-) ))
    Reste juste la veilleuse et lui apprendre que s’il ne dort pas, les autres oui alors on ne hurle pas, on peut lire dans son lit si on ne se sent plus fatigué, et laisser son bib d’eau dans son lit, une lampe de poche pour les angoisses…

  12. La Mère Joie permalien
    28 août 2009 14:25

    @ Oum : Un enfant unique, dans un environnement unique à un instant T. ;-)
    Mademoiselle Commandante a aussi fait ses nuit très tôt et “seule”.

    @ MissBrownie : Je compatis pareillement. ;-)

    @ Sophie L : Ah non, je ne t’en veux pas ! J’ai pu lire des parents aigris parce que leur enfant était plus ou moins que les autres. Et je trouve ça EFFRAYANT ! :-D

    @ Roxane : Je pense qu’avec le Grognard on est plus cool, plus dans le maternage, on a moins de principes rigides comme beaucoup de parents avec leur petit dernier (j’entends le petit dernier avec une grande différence d’âge avec le ou les précédents). C’est très positif sur certains aspects de l’éducation et moins sur d’autres. Mais je sais pas en y réfléchissant si c’est si problématique (du moins pour lui) parce qu’on lui laisse aussi prendre son temps. On verra les conséquences dans quelques années ! :-D

  13. 28 août 2009 21:24

    De façon générale, les gosses, ça fait chier.
    Une fois que tu as intégré ce concept, tout va bien.

    • La Mère Joie permalien
      28 août 2009 22:03

      :-D
      Manu, j’aime pas les chats mais toi je t’aime bien !

  14. 28 août 2009 22:19

    je n’ai jamais autant entendu de différences chez les enfants que dans les histoires de sommeil…
    la mienne dort bien depuis toujours, j’ai de la chance… bon pour l’alimentation c’est plus galère mais à choisir…
    et puis rien n’est jamais acquis, parfois c’est génial, parfois trois nuits de suite pourries… bref pas de règle dans ce domaine… peut être qu’il n’est pas prêt, peut être qu’il a l’impression de louper des trucs quand il dort…
    et peut être c’est aussi de son âge… je me souviens que vers ses deux ans, ma fille a commencé à rechigner pour le coucher et a montré des trucs jamais vu avant, puis c’est rentré dans l’ordre!

    • La Mère Joie permalien
      28 août 2009 22:28

      J’ai pas choisi, les deux (sommeil et alimentation) sont galères ! :-D
      Et j’ose même pas penser à la propreté… :-D
      Je te rejoins : Peut-être qu’il n’est pas prêt. Ils avancent chacun à leur rythme, font des prouesses dans des domaines (parfois inaperçus car trop éloignés des “basiques” alors qu’hyper importants) et sont à la traîne dans d’autres. Pis des régressions, des sauts… Un enfant, c’est surprenant. J’entends, chaque enfant est surprenant. ;-)

  15. 29 août 2009 10:46

    Pareil ici ! La journée, il faut être très persuasif ou très inventif pour que Théo mange un peu, ça ne l’intéresse pas du tout, et du coup, il se réveille toutes les nuits vers 3/4 heures pour réclamer un bibi ! Nous n’avons pas encore trouvé la solution pour qu’il dorme d’une traite. Heureusement, depuis deux mois, il ne se réveille plus le matin à 5 h30/6h, il arrive à tenir jusqu’à 7 h30 voire même 8h certains week end !!

    • La Mère Joie permalien
      29 août 2009 13:02

      Le nôtre est à l’inverse un brin boulimique. C’est stressant également mais j’imagine moins que s’il ne mangeait pas…

  16. 007 permalien
    29 août 2009 20:50

    j’ai lu et je réflechis mais je crois que j’en suis rendu à ne plus trouver le positif… faudrait vraiment que j’aille voir un psy finalement

    • La Mère Joie permalien
      29 août 2009 21:30

      Ma voisine infirmière psy dit que les gens ont besoin de consulter quand ils sont mal. S’ils sont bien avec leurs névroses ou autres, c’est leur façon de fonctionner et on n’a pas à y toucher… Et c’est pas trop con comme approche…
      007, surtout ne culpabilise pas. Nous ne sommes pas des mères parfaites heureusement et nos lardons se construisent aussi sur nos failles.
      Bisous

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