Sauter au contenu

Compte-rendu du repas de quartier

26 août 2009

Le lendemain, nous avions le repas annuel du camp. J’étais déjà plus enthousiaste. Je suis très à l’aise avec les garnisons voisines, comme en famille sans les contraintes.

Présentation sommaire des habitants

Le camp est composé de dix baraquements :

* Deux familles hollandaises en villégiature (deux maisons).

* Tony Whisky, anglais résidant à l’année, ancien jazzman en Nouvelle-Zélande, veuf, gravement malade, apprenant le français avec Télématin (les progrès sont lents…), alcoolo notoire et dont nos échanges ne manquent pas de pertinence.

« How are you Tony ?

- I survive ! »

* Un couple d’anglais retraités, très peu au camp du fait du cancer du mari déclaré peu après l’achat de leur Q.G.. Le camp ne porterait-il pas la poisse tout de même ?

* Un gars du cru, sa femme réunionnaise et leurs deux lardons.

* Un Q.G. vide depuis le décès de sa propriétaire.

* Deux français émigrés de Tunisie, fils de la défunte : l’un en concubinage, l’autre « vieux garçon » (deux maisons).

* La doyenne Renée, son frère René (ça s’invente pas autant d’imagination dans les prénoms !) et l’époux de RenéE. Oh, pas du coin ! Ils sont nés à vingt kilomètres. Signe particulier : S’engueulent en patois.

* Nous, ex-parigots, provinciaux – comme on dit quelquefois avec dédain à la capitale – depuis douze ans.

Les participants au repas

On été notés absents :

* La défunte. Normal.

* Tony Whisky, très fatigué et se repliant de plus en plus sur lui-même et sur Télématin.

* Une des familles hollandaises ayant décidé à la dernière minute de prolonger son séjour en Italie. On voit pas pourquoi…

=> Petite peine pour moi.

Ont été notés présents :

* Tous les autres (2+2=4 donc 10-3=7)

* Des membres de la famille de nos deux français émigrés de Tunisie (Ils sont dix enfants.).

Les modalités

La sauterie eu lieu dans le jardin du « vieux garçon ».

Chaque baraquement était chargé de préparer ou d’amener un met. Mais qui a confié aux anglais la responsabilité du fromage ??? Bande d’inconscients !

L’apéro

Mademoiselle Commandante fit sa vie avec les trois gamins (les deux lardons du cru et la petite fille de la sœur du frère du fils de la défunte – facile à retenir !). Le Grognard chercha à se loger entre mes cannes puis voulut s’incruster dans la compagnie des petits bleus, au grand damne de la Fräulein.

Mon Légionnaire programma la musique, servit les boissons et alla chercher en voiture la doyenne qui ne peut plus du tout marcher, la porta jusqu’à une chaise, ce dont je fus très jalouse (depuis ma nuit de noces, j’attends d’être une belle aux bras portants et j’attendrai pas jusqu’à mes quatre-vingt trois ans !).

Et moi, je tchatchai beaucoup avec mes voisins de Hollande car j’ai de grandes affinités avec eux et les vois trop rarement. Notre professeur Tournesol du plat pays, fan de Tintin, prit un malin plaisir à faire des photos compromettantes et Beatrix me fit part d’un projet de livre sur la population du camp, son histoire et l’extraordinaire entente entre personnes hétéroclites culturellement, socialement et de générations diverses. J’applaudis et l’informai que j’étais partante pour assurer avec elle la mise en place et la traduction de l’ouvrage (Logique, j’ai que ça à foutre !).

Le dîner

Mademoiselle Commandante après une ou deux saucisses coura dans le champ avec ses comparses. Le Grognard rejeté squatta les genoux de son père.

Je m’assis entre mon Légionnaire et Chantal, la réunionnaise dans mes âges, infirmière en psychiatrie, très intéressante et réfléchie. Elle me notifia la différence entre un pervers et un psychopathe et je fus heureuse de ne faire partie a priori d’aucun des deux. Hors pathologies flippantes, nous parlâmes de nos lardons, de nos difficultés de mère, sans gêne, sans jugement, avec franchise, comme deux vieilles copines qui s’étaient quittées la veille.

A 22h30, Professeur Tournesol alluma une sorte de lampion volant néerlandais qui fila loin dans le ciel à l’allure d’une comète. Nous fûmes tous éblouis et remerciâmes la Hollande d’exporter chez nous autre chose que du gouda et un chanteur has-been adepte de l’Eurovision.

Epilogue

Personne ne s’est jamais fâché ici. On est bien trop isolés pour prendre le risque de penser ne pas avoir besoin de l’un d’entre nous un de ces jours.

Pourtant cette paix n’est pas préméditée, pas imposée implicitement. Cette ouverture, cette largeur d’esprit ambiante, ce respect pour chacune des garnisons est sincère et Beatrix a raison, on doit en être les témoins par un écrit.

PS : Chez Aude de Nectar du Net, retrouve d’autres histoires touchantes de voisinage !

19 Commentaires laisser un →
  1. 26 août 2009 09:40

    et qui a fait la vaisselle? les femmes ou les hommes?

  2. 26 août 2009 09:48

    Bon c’est sympas entre les morts vivants et les malades…Au moins tes voisins t’adressent la parole, chez nous pas un bonjours,je l’ai eu dure pendant un trimeste maintenant je suis résignée !!!Co…..ds à la c.n de voisins !

  3. 26 août 2009 10:49

    C’est cool autant de nationalités réunies, ça ouvre des horizons pour les enfants

  4. 26 août 2009 11:10

    Dis donc que de nationalités différentes réunies en un même lieu :)
    C’est chouette!

  5. 26 août 2009 11:23

    Moi je trouve ça sympa comme rassemblement… et dire que je ne connais même pas les prénoms de mes voisins de pallier !!!!

  6. 26 août 2009 11:56

    Et qu’est-ce qu’on but?

  7. 26 août 2009 12:20

    C’est sympa ces rencontres entre voisins ! Mais pas cool la malédiction qui règne sur le camp, t’es sûre qu’il est pas construit sur un ancien cimetierre indien ? (J’ai trop vu de films, je sais..)

  8. 26 août 2009 13:20

    Ah encore des histoires de voisins !

    I survive..j’aurais aimé rencontrer Tony, entre autres, décidément chaque individu qu’on croise a sa petite particularité qui touche.

  9. La Mère Joie permalien
    26 août 2009 19:14

    Salut les filles !

    J’étais en goguette toute la journée. Et je n’ai pas le temps de répondre individuellement…
    Voilà, je tenais à vous présenter mes voisins parce que si je me sens bien ici, c’est aussi et surtout grâce à eux.

    A demain !

  10. 26 août 2009 19:29

    C’est cool ce mélange de cultures! Tu nous invites quand?

  11. 26 août 2009 19:39

    J’aimerai bien connaitre Tony Whisky, le personnage m’a bien l’air loufoque, un British dans toute sa splendeur :)

  12. 26 août 2009 20:57

    Oh mon dieu, quel cauchemar, je déteste ce genre de trucs…

  13. 26 août 2009 22:42

    T’as de la chance, moi mes voisines elles sont pas très causantes. J’ai bien essayé de leur parler, mais à part la pluie et le beau temps elles ont pas l’air d’avoir envie d’approfondir…

  14. Marjoliemaman permalien
    26 août 2009 22:55

    Yo Mère Joie, bonjour à toi ! Et on parle quelle langue pour se comprendre , Esperanto ? Des bises.

  15. 26 août 2009 22:56

    comme tu dis, il vaut mieux ne pas se fâcher…
    ici, je ne parle pas à mes voisins de palier et ça ne me manque… mais pas du tout!

  16. La Mère Joie permalien
    27 août 2009 08:49

    @ Sophie : Ca dépend ce que tu amènes à boire…

    @ Faustine : Tony est complètement délirant. Mais honnetement, je crois que tout le monde est un peu délirant ici. Sauf moi. :-D

    @ Manu : Ah ???

    @ Coq : J’aurais pu aussi très mal tomber. Tous les camps n’ont pas cette ambiance.

    @ Marjoliemaman : Salut ! Je suis passée chez toi hier. Alors, de retour ? Dans le camp, on répond aux ordres et on pose pas de questions. Voilà !!!

    @ Carole : En ville, c’est différent comme tu l’as très bien compris. ;-)

  17. 27 août 2009 23:23

    Et ben non, c’est tout pareil chez nous, même ambiance mais version teutonne pour les occupants de maisons secondaires (dommage, j’aime bien Dave). Vive la province recomposée

    • La Mère Joie permalien
      27 août 2009 23:33

      Salut So/Vanina !

      Ca me fait plaisir de te relire. Bon allez, je vais pas te faire de léchouilles. ;-)
      C’est génial s’il y a d’autres camps comme ça !

Rétroliens

  1. Quand LMJ dégrafait son corsage « Le Q.G. de la Mère Joie – Blog d'une famille nombreuse

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s