Il était une fois le Q.G.
Deux mois, nous avions deux mois pour dénicher le Q.G. qui abriterait notre petite troupe, mon Légionnaire ayant connu le lieu de son affectation fin juin pour la rentrée 2003. Nous ne comptions pas acheter. Mais au vu des possibilités de location dans la région et au vu d’une opportunité dans une agence immobilière, nous nous décidâmes à sauter le pas pour devenir propriétaires. Aucun apport, quinze ans de crédit et des mauvaises surprises.
Le Q.G. ne nous a pas coûté cher et pour cause, il s’agissait d’une maison ancienne qui avait été termitée et qui, louée précédemment, avait hébergé des employés tarés de la SPA possédant dix-sept chats, un Saint-Bernard, trois Bergers Allemands et un renard ; toute cette ménagerie cohabitant enfermée la journée durant dans une centaine de m2 (quand les clebs n’hurlaient pas à la mort , cloîtrés dans la minuscule salle de bains). Le sol et les murs étaient imprégnés d’une forte odeur de pisse animale, les plafonds en parquet puaient l’humidité. Les dégâts liés à l’invasion de termites étaient impressionnants. Les huisseries, les poutres, les planchers étaient complètement bouffés et avaient par endroit l’épaisseur d’une feuille de papier. Un traitement avait été appliqué comme l’exige la loi mais celui-ci avait été mal réalisé, d’autant que la maison, très vieille, dissimulait des bois cachés qui n’avaient pu être atteints dans des murs de soixante centimètres de large. Nous nous aperçûmes qu’il restait des termites avant la signature chez le notaire et pûmes faire encore baisser le prix de la maison pour vice caché. Cependant, nous bataillâmes entre experts, CTBA, l’ex proprio et l’entreprise de détermitage. Nous mîmes quatre ans à nous débarrasser définitivement de ces saletés de bestioles. Mon Légionnaire dut décaisser l’ensemble des murs recouverts de ciment, changer les portes et les fenêtres, virer tous les petits morceaux de bois incrustés dans ces murs ainsi que les grosses poutres, faire sauter les parquets rongés, mettre à jour les lintaux masqués, laisser les pierres apparentes jusqu’à quatre-vingt centimètres du sol pour que le mur respire, poser du plâtre pour recouvrir le reste des murs en pierres abîmées. Puis, pour anéantir la puanteur persistante au niveau de quelques sols revêtus d’une moquette neuve posée pour cacher la misère, il coula une dalle de béton supplémentaire. Non, ô non, il n’y a rien de drôle dans tout cela… « Maison rénovée, habitable de suite », c’était pourtant ce qui était indiqué sur l’annonce de l’agence immobilière…
La maison était épouvantablement sombre avec ses petites fenêtres et ses plafonds très bas. Mon Légionnaire et moi eûmes l’idée d’augmenter le volume des pièces en posant directement des plaques de plâtre à même la toiture, en en profitant pour poncer les poutres de soutien, améliorer l’isolation et en insérant de grandes fenêtres de toit. Nous avons supprimé un placard inutile dans l’entrée et un grand débarras nous permettant une extension de la cantine avec un coin aménagé spécialement pour la cuisine. Nous avons refait la salle de bains entièrement. Nous avons mis l’électricté aux normes, acheté un inser, des convecteurs performants et un chauffe-eau. Nous avons abattu des cloisons, en avons construit d’autres ailleurs à la place sans savoir qu’un jour le Grognard viendrait et qu’il faudrait à nouveau démolir le boulot fait par les soins de mon Légionnaire pour envisager une troisième chambre. Et depuis notre retour de vacances, nous sommes dans les travaux jusqu’aux couilles de mon Légio qui, pas bricoleur pour un sou et ayant horreur de ça, a puisé l’énergie dans l’amour voué à sa famille pour bosser seul des milliers d’heures comme un sans-papier au noir. Et il n’en tire aucune fierté !






En gros tout abattre et reconstruire ça aurait pu être plus simple, non? je reste bloquée sur l’intitulé de l’agence immobilière, il y en a vraiment qui sont des saletés de connards. En tout cas félicitations à ton légionnaire (en même temps tant de travaux ça entretient la forme physique
Nous on avait un appartement avec 2 chambres et mon amoureux a jugé bon de casser un mur pour faire un grand séjour loft-stylee (faut pas chercher à comprendre, il est architecte) et une fois que les platres étaient sec, je suis tombée enceinte…. hihi il a fallu reconstruire une nouvelle chambre
Des fois je rêverais d’avoir épousé un archi comme je rêvais enceinte d’être mariée à un gynéco !
il doit quand même être un brin bricoleur ton légionnaire pour avoir fait tout ça même s’il n’aime pas ça….totalement inenvisageable pour nous deux, dotés chacun de deux mains gauches et n’ayant aucun penchant pour la moindre tâche de bricolage…bref je crois que nous continuerons de jeter de l’argent pour les fenêtres comme nous dit notre entourage en restant locataires..vous auriez pu participer à l’émission de télé-réalité où les candidats retapaient une maison )
Je te promets, pas du tout. Il avait jamais dû planter un clou de sa vie et il a horreur de ça. C’est vraiment un intellectuel, comme on dit (j’aime pas trop cette dichotomie intellectuel-manuel mais ça s’applique bien à mon Légionnaire) ! Puis, obligé : peu de moyens, des gosses à héberger correctement…
J’aimerais bien savoir de quoi je me plaind avec ma minuscule salle de bain et mon menuisier qui ne vient jamais. Merci de remettre les choses à leur place moi je peux effectivement vivre dans ma maison.
J’aurais dû écrire cet article début juillet. Mais attends celui de demain…
Ahem… Propriétaire d’un patio intérieur (ça ferait bien pour une annonce pour dire: graviers à béton à la place du couloir) depuis 7 ans, je suis bien placée pour compatir. Dont acte. Je compatis.
Et toi, est-ce que t’as un petit jardinet cossu d’intérieur ???
Quel courage ! J’aurai jamais réussi à “imaginer” le potentiel de cette maison …
Je pense qu’on a fait au pif et au fur et à mesure, on s’est aussi dit qu’on pourrait changer ça et ça puis ça…
Nous ferais-tu l’ aimône d’ une petite photo la Mère ?
Dis-donc, il m’ a l’ air quand même assez dégourdi ton légionnaire .
Sent-il au moins bon le sable chaud ?
C’est malin, je suis en train d’essayer de me rappeler s’il sent bel et bien le sable chaud et comment c’est le sable chaud exactement et est-ce que le chaud ça a une odeur particulière et est-ce que le sable froid ça sent moins…
Eh bé !
Ouais je trouve que ça à dire parce que ça a dû être lourdingue 4 ans de travaux avant d’habiter la maison !
6 ans en l’habitant !
C’est ça la plaie : habiter dans la maison que l’on rénove avec des gosses…
Oh pétard! J’ai bien failli ne pas aller jusqu’au bout de ma lecture… Et vous êtes restés mariés malgré ça?! C’est un amour défiant tous travaux que vous vous portez!!!
Je n’oublierai pas de m’en souvenir (merci Sophie !) quand il y aura de l’eau dans le gaz.
Que c’est beau cette nouvelle version de “mon beau légionnaire”!!
Que de boulot accompli, ça me laisse rêveuse…
En ce moment c’est plutôt Légionnaire sur les dents (et moi avec) !
Coucou!
(j’ai le sens des priorités
)
Je suis de retour! Par contre je prendrai le temps de rattraper mon retard demain, là faut que j’aille manger
Bises
J’ai vu ça que t’étais de retour !
Bon, t’as mangé quoi ?
Y avait qu’une seule maison à vendre dans ton bled ou quoi???? Moi aussi mon homme il est intello (l’a fait des études quoi) et il sait faire des trucs de ses mains… héhé, j’trouve ça trop sex moué!
Un homme sexe, où ça ???!!
Niet, y avait pas d’autres maisons dans nos moyens. C’est du reste pour cela qu’on ne voulait pas acheter. Mais aujourd’hui on ne regrette pas parce qu’on n’aurait plus les moyens de louer !
Même quand t’achètes une maison, hyper bien, à ton goût, exactement ce que tu voulais, sans travaux à faire, dès que tu emménages, t’as envie de personnaliser, et ç’a fait six ans de travaux et de rénovation au bout du compte, et encore tout n’est pas fait……..
Maman d’Emma est une maman. Donc réconfortante.
c’est par ce quevotre jolie petite famille le vaut bien… allez plus que 2 ans : ca va le faire