La fois où j’ai fait une blague de trop à Mademoiselle Commandante
Mademoiselle Commandante possède un hectolitre d’humour assorti à des réparties légendaires à la hauteur de sa susceptibilité.
J’ai jamais été trop pour faire gober aux lardons qu’il y a un gros bonhomme à la barbe blanche apportant le soir de Noël des trucs amusants deux secondes que c’est nous qui paie, des cloches volantes avec des lapins à l’heure pour Pâques et des petites souris vertes qui ne font pas de crottes dans la culotte mais, contre une dent de lait sans carie (S’il y a une carie, c’est macache : on fait pas de colliers avec des quenottes cariées, voyons !), dépose un présent que c’est nous qui paie aussi.
Cependant, c’est ça l’enfance : avoir des parents qui mentent pour la bonne cause, pour faire rêver dans les caboches et pour donner plein de désillusions parfois quand on s’aperçoit de la réalité (On n’aura jamais le corps de Barbie, Kent bat Barbie, Barbie a des poils dépassant de son maillot et a mal aux pieds dans des stilletos).
Alors, j’ai fait comme tout le monde. J’ai raconté des sornettes. Le dévoilement des supercheries s’est plutôt bien déroulé. Mademoiselle Commandante, à six ans, n’a pas cru qu’un minuscule mammifère gris à longue queue ait pu se faufiler sous sa porte pour lui amener un gros paquet. On n’a pas insisté, avec un grand soulagement. Elle a poursuivi ses investigations telle une Scully des affaires paranormales enfantines.
« Maintenant que je sais pour la petite souris, je veux tout savoir ! Le Père-Noël, est-ce qu’il existe vraiment ? Et les cloches ? »
Elle avait huit ans lorsque je décidai de la faire mourir de rire en mettant en scène ses peluches sur son lit et en faisant tenir à Nounours, son doudou chéri, un petit papier avec inscrit dessus « Je t’aime, Fräulein.».
Mademoiselle Commandante, en rentrant de l’école, trouva le mot doux et fut tout émue.
Je pensais qu’elle me faisait marcher à son tour (chez nous, c’est un art de vivre de laisser supposer qu’on n’a pas compris une facétie. Et ça peut aller très loin : J’ai pas compris que t’avais compris que j’avais compris que t’avais pas compris etc. Oui, on s’y perd un peu si on manque d’entraînement…). Je me mis à rire. Elle ne rigola pas du tout.
« Ben Fräulein, t’as vraiment pensé que Nounours t’avait écrit ? Je t’ai fait une farce pour t’amuser. Nounours, c’est un nounours (NDLR : C’est pour cela qu’elle l’avait prénommé Nounours. Ca se tenait…). »
Elle pleura, rouge de colère d’avoir été bernée, déçue et ne voulut plus m’adresser la parole durant deux jours.
Voilà. Voilà comment on se met à dos une fillette qui ne croit plus au Père-Noël et autres fadaises conventionnelles mais croit toujours que son doudou est un vrai copain. L’imagination de l’enfance n’est pas forcément celle que la société veut insuffler à tes bleus…






Une très jolie histoire et qui fait réfléchir sur la conduite à tenir (perso) pour la suite…
Coucou je decouvre ton blog! et j’adore!!
ah les mensonges, je me demande comment je vais m’y prendre cet hivers!
Tit doudou rentre en petite section cette année et il comprend maintenant ce que c’est le pere noel contrairement à l’année derniere ou il s’en foutait completement!! pas envie de lui raconter des mensonges… à voir!
Oui belle histoire ! Je ne fais pas croire non plus, je dis , je dis pas …a 3 ans ça roule comme ça, elle se fait ses films seule plutôt ! On fait parler ROLAPIN (son lapin doudou) l’une comme l’autre, pour l’instant pas de faux pas …mais avec l’âge ????
Ah oui, tu t’es pris les pieds dans le tapis, sur ce coup! Mais on peut pas tout le temps être parfaite, nous les femmes !
AH bah c’est clair qu’un truc comme ça TiBiscuit y croirait dur comme fer !
euh nounours c’est un vrai nounours mais mon doudou a moi il peut m’écrire des mots hein????
Mouais du coup vla ti’i pas que je me repose la question a propos du pere noel et de mon fils
Pov petite manon des sources elle a hérité de la grande deconnade de sa maman !!!
Tu sais que dans le doute, je traite mes peluches avec douceur? On sait jamais, des fois qu’en fait elles soient vivantes, j’ai pas envie qu’elles viennent me tuer avec une hache dans mon sommeil, alors je froisse pas leur susceptibilité…
ah ouais non mais, j’ai l’impression d’avoir ta fille à la maison!
tèh, un de ces quatre, je ferai un billet sur son doudou…
On verra jeudi si t’as toujours l’impression de l’avoir à la maison. J’espère pas pour toi.
J’attends l’article sur le doudou.