Combat de chlore
Ca peut porter chance d’être très mauvaise langue. Mademoiselle Commandante fut enchantée de sa soirée chez Troufionne English où douze enfants grignotèrent des saucisses crues grillées légèrement au barbecue et « dormirent » à la belle étoile dans le champ jouxtant la résidence des parents de Troufionne English (au bout du champ, hein !). On déplora uniquement la piqûre d’une guêpe vicieuse dans une des tentes.
Par prudence, mon Légionnaire décala la visite de Troufionne 2 au jeudi. Ceci laissa un après-midi à Mademoiselle Commandante pour se légumiser tranquillement, après-midi où je rêvai de l’iPhone montré par Daronne English le matin même. Tout ce que je savais auparavant de l’iphone (ou « Aïe Phone » selon Daronne English – j’émets d’ailleurs un doute en la capacité de Darone English à maîtriser la prononciation anglaise mieux que moi ; son vocable étant limité à « C’est soupeur ! », « C’est gééénial ! » – ou « Appareil cellulaire de messagerie électronique avec envoi de photos instantanées » pour les Canadiens) revenait à sa caractéristique smartphone, ce qui était aussi clair pour moi que la roche détentrice d’eau. Hélas, j’avais encore moins l’utilité d’un iphone que d’un téléphone portable ! J’ai déjà raconté que j’habite dans une grotte aménagée ?
Le lendemain, nous nous rendîmes, mon Légionnaire – toujours citer le conducteur en premier, Mademoiselle Commandante, Troufionne 2, le Grognard et moi à la pistache municipale composée d’un gigantesque grand bassin avec toboggan, d’un moyen avec toboggan, d’un petit avec toboggan et d’une aire de jeux pleine de toboggans. C’était le pays des toboggans…
Les grandes se sauvèrent et l’on n’entendit presque plus parler d’elles durant trois heures, surveillées par Monsieur Mouleburnes, le maître-nageur quinqua bodybuildé-fier-de-l’être mais ma foi sympathique et qui dispense sans mentir des cours d’échec à la Maison des Associations le mercredi soir. Mon Légionnaire et moi, en dignes parents, prîmes en charge le Grognard qui goûta pour la première fois aux joies de la piscine en société.

Tandis que les pré-ados aux tétons poussants faisaient des concours de tête sous l’eau, le Grognard tentait de garder la sienne hors du chlore en maintenant un équilibre malmené par les bousculades. La mère poule qui dormait profondément en moi se réveilla brutalement et lâcha franchement « Oh, le petit con !!! », cri du coeur de mère déchirée, lorsque mon Grognard, à peine le gros orteil plongé dans la glace aqueuse, fut éclaboussé violemment par un individu barbare de dix ans. Mon Légionnaire se marra et m’imposa de faire le petit chien pour me détendre. Le Grognard comprit que la pistache, c’était la jungle et, au lieu de faire le petit chien lui aussi, arrosa ses compagnons d’un jour avec un visage de sadique. Je l’encourageai par des applaudissements et lui aboyai de noyer la fillette chétive planquée derrière le toboggan. Le Grognard qui n’avait pas envie d’être inculpé d’homicide volontaire sur mineur de moins de trois ans par mineur de moins de deux ans préféra lier connaissance avec un petit garçon sur lequel il voulut faire rouler sa voiture en plastique. Le petit garçon en eut rapidement assez de sentir des roues parcourir sa peau bronzée et se sauva, laissant un Grognard dépité derrière lui. Quant à moi, je soufflais longuement (j’avais entre temps cessé ma respiration saccadée) devant un Grognard plutôt gentil avec autrui et pas timoré pour un sou.

Au moment de quitter les lieux, mon Légionnaire et moi optâmes pour la technique « Diviser pour mieux trouver » et partîmes à la recherche des deux troufionnes qui étaient en réalité à l’aire de jeux, à quelques pas du petit bassin. Nous pensâmes que tout ce joli petit monde allait être épuisé de s’être ébroué sans cesse dans du liquide. Que nenni ! Nous dûmes supporter un épisode d’Harry Potter le sorcier imberbe jusqu’à onze heures du soir et le Grognard, excité comme une puce hindoue ne ferma les yeux dans le lit conjugal qu’à minuit l’heure de l’orage. L’air de la mer allait-il les casser davantage…







Ressources inépuisables à l’intérieur de ces petits d’hommes!
lit conjugal?? ça va, vous gérez bien? où vous le remettez dans son lit après?
en lisant tout ça je me dis que oui vous avez bien besoin de vacances!
On le recouche dès qu’il est endormi tu penses ! Depuis l’arrêt de l’allaitement, il y a un an il ne venait plus. Il semblerait qu’il passe par une phase de régression…
Bon, faut que je me dégrouille, moi : je suis de mariage cet après-m’ et j’ai des valises à préparer.
J’adooore! Ne change rien…
Ca c’est un journée digne de :”la FAMILLE DOUCOEUR c’est la famille du bonheur…”
Je te les aurais noyés, moi, les éclabousseurs du pauvre grognard !
Pfff la pistache ça crève plus les parents que les gamins…
ha nous aussi on a eu droit au lit “conjugal” (on dit comment quand on vit dans le péché ?)
Hier soir, on a eu le malheur de faire chambre commune chez beaux parents, et évidemment quand on a voulu se coucher à 2h, ben yen a un qu’avait envie de féter ça… pfff nuit de merde
Bonjour La Mère,
Je profite d’ une petite connection en speed pour t’ informer que tu as remporté la brume rosée de l’ Occitane !
J’ aurais besoin de ton adresse postale .
Bonne soirée .
vive la pistache…moi je dis!!!
Ben en tout cas c’est une super pistache!! Moi pas encore emmené Bouli car on a la petite a la maison c’est deja pas mal!