On est à la fiesta (et on fait pas tourner les serviettes)
Résumé du billet précédent : La troupe du Q.G. se rend à l’anniversaire surprise de Belle-maman. En chemin, elle rencontre une station-service, l’hôtel du nabot minable homme du désert et une viennoiserie à faire gerber un SDF.
Beau-papa est comme qui dirait un brin stressé.
Il a expédié depuis deux jours Belle-maman chez un couple d’amis. Elle sait qu’une petite sauterie est en préparation mais elle ne se doute pas que tous ses enfants et petits-enfants l’accueilleront les bras ouverts avec un sac Lancel flambant neuf dont le partage imposé et dit équitable du prix me reste un peu en travers de la glotte.
Je suis en train de me changer. Le premier du nom, Beau-frère 1, fait son apparition dans la maison, suivi de Belle-sœur 1 (tout va bien), de ses deux terreurs et de mon neveu préféré.
Neveu préféré a dix-huit ans. Il est magnifique. Pourquoi c’est mon neveu ? Pourquoi j’ai pas dix-huit ans moi aussi ? Dalida, elle chantait des faux trucs ou pas ???
J’ai à peine trente secondes pour poser mon rouge à lèvres et me voilà fraîche comme un gardon à saluer la famille. Je fais un clin d’œil à Neveu préféré. Il percute pas, le bougre !
Le Grognard se souvient qu’il a une mère, une mère là pour le choyer, l’alimenter et sortir son épée devant des convives qu’il connaît à peine. Il me fait une prise de judo, « jmeblocsurtoiétlachpu » qu’elle s’appelle.
Beau-frère 2 surgit de nulle part, suivi lui aussi de Belle-sœur 2 (tout va toujours bien) et de ses trois lardons.
« Bonjour, bonjour tout le monde ! Comme il est mignon Neveu nouveau-né ! »
C’est que j’ai pris des cours de bienséance avec Nadine de Rothschild.
Belle-sœur 2 nous fait un sketch à Belle-sœur 1 et moi parce qu’elle savait pas qu’il fallait se saper un minimum et qu’on est des sorcières de ne pas l’avoir prévenue de mettre une robe (noire pour moi. Après réflexion, j’ai réservé la jaune pour le mariage).
Belle-sœur 2, elle pensait qu’à l’anniversaire surprise de sa belle-doche, avec une quarantaine de personnes, il fallait se présenter en tongs et paréo. On lui en veut pas, on l’aime bien quand même. Je lui note l’adresse personnelle de Nadine sur un bout de papier.
Belle-sœur 1 se plaint de ne pas avoir décoloré ses poils de bras. Je lui note l’adresse de l’esthéticienne personnelle de Nadine.
Puis les invités se radinent petit à petit.
On n’attend pas la venue de Belle-maman pour picoler et c’est chouette.
Beau-papa sert du rosé, je suis vachement déçue. La crise frappe les retraités. Ca craint du boudin.
A 13h00, Belle-maman se pointe. Mademoiselle Commandante a suffisamment le sens de l’abnégation pour ne pas hurler qu’elle a onze ans aujourd’hui.
« Joyeux anniversaire, on t’attendait pour le champagne !
Joyeux anniversaire Belle-maman, il faut que tu te magnes ! »
Des larmes roulent sur ses joues. Je me mets à pleurer aussi. Plus qu’elle. J’ai pas l’air fin…
Belle-maman ouvre tous ses cadeaux et nous passons à table. Le Grognard a pris de l’assurance, il me quitte pour rejoindre les enfants.
Je veux être avec « les vieux » (dixit Beau-papa) parce qu’ils sont à fond les ballons.
« D’accord Beau-papa, je retourne m’asseoir avec les jeunes pas drôles de 45 ans… »
J’ai pas faim. Je bois les paroles des uns et des autres, me nourris de lipides spiritueux et de saumon pour les Oméga 3. Je m’abreuve du regard de mon Légionnaire. Il a toujours thuit ans dans mon cœur. J’ai une huître dans la culotte.
On discute, on bouffe, on discute, on bouffe et des fois pour changer, on bouffe, on discute.
Je gère mon « in vino veritas », je dis pas de conneries. Du moins, je ne m’en souviens plus.
Neveu préféré est bien blindé. Il va être au top pour l’oral du bac français lundi… Je retiens qu’on étudie toujours Baudelaire en première. Ca me donne le spleen.
On rediscute, on rebouffe, on rediscute, on rebouffe et des fois pour changer, on rebouffe, on rediscute.
Quelque part dans la nuit, je vais me coucher. Je saute sur mon Légionnaire. J’ai envie qu’il me fasse le coup de la Formule 1, pas de la panne. C’est pas l’hôtel mais j’ai maintenant la dégaine et l’haleine d’une fille de mauvaise vie. Nadine est plus coquine qu’il n’y paraît. Du reste, elle m’a même pas avertie qu’on distinguait bien la forme de mes fesses à travers ma robe…









ça devient hot par ici… C’est les températures extérieures ? Belle journée !
Ce week-end, c’était les vieux de 50-60 ans qui étaient à fond les ballons au dîner de famille chez mes parents !
Purée! Ca ne volait pas plus haut que la ceinture leurs conversations !
@ Anonymette : N’oublie pas que tu es au cul-G…
@ MissBrownie : C’est souvent le cas à partir de la cinquantaine. Le démon de midi, je suppose.
Hé bé, je vois qu »on a eu le même programme toi et moi ce ouik: on boit, on cause, on boit, on cause, aïe la tête, et tiens la crème solaire sur la table elle fait moins d’effet que sur la peau.
(mais les jeunes y savent pas se marrer. Vautrés sur les poufs ils étaient)
Mais ouais, tu remarqueras dans les fêtes, les jeunes ils tirent toujours la tronche, les mamans elles parlent pendant des heures de leurs gosses et de leurs soucis et les vieux, libérés de certaines contraintes ne pensent qu’à s’éclater.
Eh bah ca va que la fin de journée était plus intéressante que le début sinon ça a du être long.
Je me souviens plus trop de la fin donc j’imagine que c’était très bien ! ;O)
Picoler en famille c’est souvent rigolo, j’ai adoré voir mon papa se déchainer sur « le jerk » dimanche dernier. Vive les pompes à bières dans les fêtes de famille !!!
Voilà, c’est dit ! ;O)
Bon ben du coup tu t’es bien tenue! pas trop difficile pour une mère joie comme toi?