Une fringue pour faire la bringue

L’heure est grave.
Je pars vendredi soir en week-end à six cents bornes du Q.G.. Six cents bornes pour deux jours, on est des rebelles, mon Légionnaire et moi.
C’est-à-dire que nous n’avions pas trop le choix. On est les rebelles que l’on peut.
Cette année, c’est sommet chez belle-maman pour ses soixante-dix ans (real happy birthday aujourd’hui). Une fête surprise dont elle ne sera pas au courant à travers ce journal puisque belle-maman en est encore à chercher comment on supprime les derniers appels sur son portable. Belle-maman, je ne suis pas persuadée qu’elle connaisse l’internet. Je pense qu’elle le confond avec une chaîne de grande distribution discount parallèle à celle des Mousquetaires, comme elle croit qu’un satyre la poursuit non stop sur Bouygues Telecom avec une abréviation de « Sans Mon Slip ». Mon beauf’ dit qu’elle répond jamais à ses SMS…
Enfin, je dis ça, je dis rien. On sait ni quel degré de technologie j’aurai atteint dans 35 ans, ni si mon composite dentaire aura tenu jusque là (Monsieur Fluor m’a prévenue que c’est hyper fragile).
L’heure est grave. De nombreux invités éparpillés aux quatre coins de la France et faisant comme nous un déplacement à te casser une jeune dépucelée, dont mes gentilles belles-sœurs que j’aime tant car elles sont belles, intelligentes, spirituelles etc. – mes belles-sœurs en revanche savent très bien se servir de l’outil informatique – seront là.
L’heure est grave. Qu’est-ce que je vais me mettre sur le dos ?
L’heure est grave. Je n’arrive pas à me décider entre mon débardeur Biba assorti d’un porte-jarretelles et de mules à talons, celles avec un petit pompon en vison dessus, (sobre, casual et chic), ma robe jaune (très Dolce vita chez les guêpes) ou l’une de mes deux robes noires favorites (à faire sauter les boutons des jeans 501) parmi ma quantité de robes noires lustrées, râpées, bonnes à bazarder.
C’est idiot de se prendre la tête pour des fringues, sachant que ma plus grande joie, c’est de savoir mes règles terminées à temps. Sinon j’enlèverais ma Lunacup dans des chiottes sans verrou avec une tripotée de lardons jouant avec les portes puis passerais devant quelques convives, mon engin saignant à la main en indiquant « pardon, excusez-moi, je dois rincer ma coupe naine de kir cerise », la nettoierais dans la salle de bains en en foutant partout dans le lavabo crème, épongerais avec les serviettes propres et ferais croire à une hémorragie du nez par toute cette émotion liée à l’âge de belle-maman.
C’est peut-être idiot mais ça ne me dit pas que choisir, sachant que je suis de mariage en juillet. Je ne veux pas porter deux fois le même habit alors que les occasions sont si rares pour moi de me mettre sur mon 31 (même au réveillon du nouvel an, je portais des sandales Birkenstock avec de grosses chaussettes Jacquard jusqu’à mi-mollet et un gilet de berger).
L’heure et les affaires sont graves.
Primo, je dois trouver la sape la plus adaptée à chaque situation (la robe noire ne fait-elle pas trop « Chère belle-doche, voici ma tenue pour ton enterrement. C’est quand que tu meures et tu me laisses quoi en héritage ? » ?).
Secundo, je dois penser Grognard, mimines décorées de chocolat indélébile, pieds terreux contre moi, vomi de mon petit-neveu de six mois…
Tertio car on dit jamais deux sans trois. Laquelle me mettra le plus en valeur ? Une coquette contrariée sommeille en moi, voire une chipie prête à faire pester ses gentilles belles-sœurs pour la forme.
Penser en plus à :
- Me raser les jambes et les aisselles et pourquoi pas le maillot,
- Ne pas éclater ce gros bouton rouge sur mon front,
- Prendre un peu de maquillage « Je suis au turbin, je fais le tapin » et mon liniment-fait-maison-hydratant-pour-pas-un-rond,
- Des chaussures adéquates. Non, pas réfléchir aux chaussures sous peine de stresser : Quelles shoes pour quelle robe ?
- Réviser les blagues Carambar.
Conclusion : l’heure est TRES TRES grave, les amis.
Et dire que j’ai hâte de voir sa bouille émerveillée, à belle-maman, le jour de l’anniversaire de sa propre petite-fille, ma fille…













Moi je vote pour ta robe jaune que tu es ravissante dedans.
Et t’as pensé au sac ?
Ben oui le sac que tu vas mettre avec la robe !
T’es pas encore sortie de l’auberge moi j’te le dis…
L’année dernière j’ai vu une fille en Crocs à un mariage! Ne fais pas ça surtout, c’est hideux!
@ Roxane YDHTPOTRL : Hi hi, que de mémoire ! ;O)
@Mamzelle : J’y avais carrément pas pensé. Faut dire je ne porte jamais de sacs. Bon, là, j’ai que l’embarras du non choix… C’est obligé un sac ?
@Miss : J’ai dû rechercher pour savoir ce qu’était les Crocs ! Je connaissais de vue mais pas de nom.
En effet, l’originalité a des limites…
La robe jaune, of course. Avec une clope, le top de la classe qii dit « j’ai 35 piges mais j’ai encore du jus ».
Et l’épilation aussi, sinon, ça fait « j’ai 35 piges et deux mômes qui ne me laissent le temps de rien ».
T’as de la chance de pas avoir tes ragnagnas ce week-end… moi je vais les avoir pile pour mes représentations de théâtre… (ou comment jouer un rôle de pompier viril avec du sang qui vous coule entre les pattes…)
Sinon pour les vêtements je pourrais difficilement vu que 1) je sais pas comment m’habiller moi-même, et 2) je sais pas quels vêtements tu as.
Mais la bonne nouvelle c’est que c’est les soldes mercredi…
@ Anonymette : Donc si je loupe l’épilation, ça fait aussi je suis une mère parfaite entièrement consacrée à ma famille… ;O)
@ Coq : Au pire, on y va nues. Ca fera toujours un effet boeuf ! (Mais planque ta ficelle de Tampax surtout !)
Amis de la poésie, bonjour !
ben ne met surtout celle qui est en photo, ou alors épile toi le maillot car on dirait bien qu’elle est très transparente! hihihi
Oh ben au contraire, succès garanti ! ;O))
Bah que te dire… que c’est plus facile pour moi parce que chuis invitée nulle part ? (je ne me demande plus pourquoi… avec la fratrie Dalton, on a été catalogués depuis belle lurette).
Mais en tout cas, je te souhaite du courage !
Mais fais-toi confiance surtout… je SAIS que tu sauras faire le bon choix au moment M !
C’est assez rare que nous soyons invités, nous sommes des sauvages.
La famille Sauvage et la famille Dalton, même combat ! ;O)