Pétage de plomb
Mardi soir, alors que nous sommes à table en train de dîner tranquillement sur le terrain, Mademoiselle Commandante se met en quête de nous faire mourir de rire et commence par nous raconter ses meilleures blagues.
Mademoiselle Commandante, c’est Jean-Michel Pas de chute.
« Et tu l’as dénichée où celle-là ?
- Dans mon magazine. Pourquoi ?
- Parce que c’est nul, voilà pourquoi ! »
Je pouffe, mère indigne trouvant dans la répartie de mon Légionnaire une occasion de me venger des remarques perfides quotidiennes de la Fräulein.
Mon légionnaire instructeur perd toute notion pédagogique devant l’amas de conneries de sa petite bleue. Faut dire que ça commençait à bien faire…
Personnellement, j’ai surtout peu de patience quand elle tente de résumer des évènements. J’ai le sentiment de causer avec Marcel Proust et j’ai jamais pu blairer les Marcel.
Mademoiselle Commandante tente de se rattraper en se transformant cette fois en Mamzelle Prout.
« Maman, t’as déjà fait des boules de perles de pets. Moi, je fais des colliers. Et toi, tu fais quoi ? Des bracelets ? Des bagues ? Ou des colliers comme moi ? »
Je pouffe, ado attardée avec des boutons sur le menton et un appareil dentaire sur les dents.
« C’est quoi la durée de ton pet ? »
Je ne sais que répondre.
« Un homme il pète combien de fois par jour ? »
Aucune idée.
« T’as déjà fait des pets qui puent ? »
Ne jamais rien avouer.
Mon Légionnaire courtois rétorque : «Un pet sans odeur, c’est comme un noël sans sapin.».
« Et les animaux, ils pètent ? »
Pour sûr, plus que moi.
« Il fait quoi Nicolas Sarkozy s’il pète en réunion et que ça s’entend ? »
Je sais pas moi, il dénonce Carla à sa place…
Le Grognard solidaire ponctue soudainement les questions existentielles de sa frangine par une bombe explosive.
« Est-ce que tu sais faire des pets avec ton bras ? »
Mademoiselle Commandante m’enseigne alors avec précision le grand art du pet technique roulé sous les aisselles et qu’il faut laisser un peu d’air si tu veux être victorieux.
Mais je ne réussis pas. Les ersatz, c’est pas pour moi !
Je mets cette frénésie scato sur le compte du stress inhérent à notre visite du lendemain chez le dentiste, me ressaisis et calme le jeu afin de pouvoir terminer le repas sans tirer au cœur à chaque bouchée.
Et je médite longuement : « Monsieur Fluor, il fait des colliers, des bracelets ou des bagues avec ses perles ? ».






